Presse

Le doyen des journalistes de la presse privée incarcéré à Lomé

par Reporters Sans Frontières (RSF) , le 25 mai 2001, publié sur ufctogo.com

Commentaire de la rédaction ufctogo.com : quelques années plus tard, à sa sortie de prison, Lucien Messan deviendra la voix du pouvoir...

 

Dans une lettre adressée au général Sizing Walla, ministre de l’Intérieur, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre l’arrestation de Lucien Messan, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Le Combat du peuple. RSF a demandé au ministre de retirer sa plainte et de saisir les autorités compétentes afin que ce journaliste soit libéré immédiatement. "Le motif de son arrestation n’est qu’un prétexte pour faire taire l’une des voix les plus critiques au sein de la presse d’opposition", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation. "Les autorités togolaises doivent cesser de s’en prendre aux journalistes de la presse privée et notamment à ceux qui contestent la politique du président Gnassingbé Eyadéma", a ajouté le secrétaire général.

Selon les informations recueillies par RSF, Lucien Messan s’est présenté, le 23 mai 2001, à la gendarmerie, suite à une convocation. On lui a signifié qu’une plainte avait été déposée contre lui pour "faux et usage de faux" par le ministre de l’Intérieur, et le journaliste a été immédiatement transféré à la prison civile de Lomé. On lui reproche d’avoir apposé sa signature au bas d’un communiqué de l’Association togolaise des éditeurs de la presse privée (ATEPP). En fait, le directeur de publication du Combat du peuple est le fils de Lucien Messan, Messan S. Junior. C’est lui qui est habilité à signer les documents de l’ATEPP. Ce communiqué dénonçait les affirmations du Premier ministre togolais selon lesquelles "les directeurs de publication ont été unanimes pour affirmer qu’il n’y a jamais eu des centaines de morts au Togo". L’ATEPP accusait le gouvernement de "chercher à se servir de la presse privée".

En août 2000, Lucien Messan avait porté plainte contre le ministre de l’Intérieur pour "abus de pouvoir", suite aux saisies répétées d’exemplaires du Combat du peuple par la police.

Agé de 55 ans, il est le doyen de la presse privée togolaise. Il est connu pour être l’un des journalistes les plus virulents envers le régime de Gnassingbé Eyadéma. Il avait déjà été interpellé en septembre 1998 et accusé de "diffusion de fausses informations".

Reporters sans frontières (RSF), Paris, France, 25 mai 2001

 

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