Ablodé

Le devoir de Résistance

par UFCTOGO.COM , le 16 novembre 2006, publié sur ufctogo.com

 

Les ennemis
Ils sont les ennemis de l’espoir...
De la vie qui pousse et s’épanouit.
Car leur front marqué du sceau de la mort...
Ils vont disparaître à jamais.
Ce beau pays deviendra un jardin fraternel !
Et dans ce beau pays la liberté
Ira de long en large ( Nazim Hikmet)

Dans la situation actuelle qui est celle de notre pays, des images, des mots, me viennent à l’esprit. Ils me procurent des certitudes qui désormais m’animent, et que je voudrais partager avec vous.
D’abord, je me souviens des mots très forts de cet éditorialiste qui évoquait au lendemain du scrutin présidentiel d’avril 2005, « la solitude des Togolais...ou un pays livré aux rats ». Les mots de Marie-Roger Biloa étaient les nôtres, Togolais, qui vivions douloureusement dans notre chair et tristement dans notre âme la confiscation sanglante du pouvoir par le clan Gnassingbé et l’armée.

Avec gaillardise, elle affirma que « ...Faure Gnassingbé n’a pas été élu par ses compatriotes et personne ne feindra sérieusement de croire l’inverse. Le spectacle de brutes en uniforme faisant irruption dans les bureaux de vote pour embarquer de force les urnes n’est qu’un épiphénomène pittoresque dans un scénario tout entier fondé sur la fraude. Dans le camp de ceux qui avaient « pris » le pouvoir après la mort naturelle du président sortant, il n’y a donc pas eu de sursaut patriotique, cette chose rarissime en Afrique, continent qui plus que d’autres a mal à ses dirigeants. Après le putsch décrié, la reculade négociée, puis la tentative de légitimer l’usurpation du pouvoir par des « élections » au pas de course, avec comme conséquence logique la révolte d’un peuple excédé. Tout cela était tristement prévisible.
L’inconnue, jusque-là, restait l’ampleur de la répression.
 »

Je me plaît à imaginer l’auteur de ces lignes, les écrivant sans artifice, avec émotion et raison tout à la fois...parce que ces mots, nous les avons repris à notre compte : « Allait-on sévir comme autrefois, lâchant des meutes de militaires contre les manifestants, tuant et terrorisant les fils et les filles du Togo, comme au siècle dernier, à l’époque où régnait le père de l’aspirant président, le « père de la nation » ? Après l’anachronisme du coup d’État dynastique, pouvait-on au moins éviter la violence et la répression brutale ? Ce fut la totale. Des centaines de morts dont beaucoup tués par balle, des milliers de familles en fuite, avec des enfants et des vieillards épuisés, des villages entiers désertés et l’afflux de citoyens cherchant refuge de l’autre côté de la frontière... Devant les caméras de télévision, malgré la féroce censure, les images de militaires s’acharnant sur des jeunes à terre restent un défi, une interpellation forte pour les premiers concernés : les Togolais. »
Oui, il nous faut prendre nos responsabilités. Un devoir de résistance s’impose à nous !

La stupeur vient des arrangements crapuleux sur le dos des Togolais : l’opposition demandait-elle un report des élections pour leur donner une chance d’être acceptées de tous, grâce à la révision des listes électorales ? Pas question ! Pour la Cedeao, toutes les conditions étaient d’ores et déjà réunies...
L’Union européenne trouvait le temps trop court pour envoyer des observateurs ? On faisait savoir du côté de Niamey que la Cedeao
avait tout prévu... Alors que la presse nationale, africaine et internationale rendait compte de graves anomalies et de violences
pendant le scrutin, l’émissaire de la Cedeao affirmait sans rire : « Tout s’est bien passé »... Une farce

Dans ce Sodome et Gomorrhe... personne d’autre ne volera au secours d’une terre sans grand enjeu et de ses habitants...la société togolaise d’aujourd’hui et de demain ne sera que le résultat de ce que ses propres enfants auront eu le courage d’en faire ».

En ce sens, nous avons une obligation de résister, de nous tenir face à ces ennemis de l’espoir qui, plein de ressentiment, nourrissent de sombres desseins contre le peuple. Oui, nous avons l’obligation, non plus de nous opposer à cette dictature, mais d’inventer de nouvelles formes de lutte et de résistance contre ces gens qui n’aiment pas le pays et n’ont aucun sens du beau ou du bien.
Résistance dit beaucoup plus que refus. A la négation de l’inacceptable, elle joint l’action pour les valeurs bafouées : le droit de vivre décemment, libre, respecté, en paix.
Résister, c’est aussi éveiller, faire savoir, s’indigner à bon escient. Mais cette indignation doit se transformer en efficace, et s’inscrire dans une dynamique de libération. Elle est urgente et peut prendre diverses formes. En saisissant les opportunités politiques et à travers une dynamique qui s’inscrit dans le long terme. A court terme, nous devons apporter notre soutien financier et moral aux partis qui incarnent cet esprit de résistance. Un seul parti est porteur de cette exigence du changement de régime et qui est celle de la quasi-unanimité des Togolais : l’Union des Forces de Changement(UFC), quoiqu’on en dise est porteuse de cet espoir...ce parti qui entend participer aux prochaines élections législatives, en dépit d’un environnement hostile mérite notre soutien. Même si le processus de mise en œuvre de l’Accord politique global est défavorable à l’UFC, paradoxalement, il peut le transformer en dynamique positive.

Pour cela, nous urgeons les cadres de ce parti de solliciter très rapidement les Togolais de les informer sur leur projet pour le Togo, de les prendre à témoin sur ce qui se passe en ce moment.
Résister dans ce contexte, c’est refuser cet inacceptable qui fait de Faure Gnassingbé le président du Togo.
Si, à court terme, les ennemis de l’espoir l’emportaient lors des prochaines législatives, le combat se poursuivra, la flamme de la résistance ne devra pas s’éteindre. Au contraire, elle sera vivace. Il nous faudra alors être conséquent et accepter certains sacrifices. C’est donc une nouvelle forme de résistance que les patriotes doivent envisager, sans hâte, ni précipitation ! En effet, « surtout pas de précipitation, les gars. Prenez tout votre temps, faites soigneusement les choses, ne vous souciez pas des délais, le temps ne compte pas pour nous. L’Afrique est dans les chaînes pour ainsi dire depuis l’éternité, nous la libérerons toujours assez tôt. Notre combat sera long, très long. Tout ce que vous voyez en ce moment...n’est qu’un prélude puéril. D’ici quelques années, quelques mois peut-être, et même après la prochaine destruction de Kola-kola au cours de laquelle pourtant seront immolés des milliers et des milliers des nôtres, y compris des femmes et des enfants, il se trouvera des gens pour sourire au souvenir de ces préliminaires brouillons ; ainsi fait-on en songeant aux jeux innocents de l’enfance...( Remember Ruben, Mongo Beti)

Fumey Combey

 

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