Environnement

Le débat sur l’ivoire occupe encore le devant de la scène

par IPS Inter Press Service , le 6 octobre 2004, publié sur ufctogo.com

Certains écologistes en Afrique disent qu’ils s’opposeront à toute initiative visant à relancer l’exploitation commerciale des éléphants, à la 13ème Convention sur le commerce international de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) qui s’ouvre dans la capitale thaïlandaise, Bangkok, dans la première semaine d’octobre.

 

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Photo © zambiatourism.com

La proposition la plus controversée à cet égard a été faite par la Namibie, qui aimerait exporter 2.000 kilogrammes d’ivoire chaque année - en utilisant des stocks qui provenaient d’éléphants morts naturellement et de l’abattage.

Avec l’Afrique du Sud, la Namibie demande également que le commerce du cuir et des cheveux d’éléphant soit autorisé. Le commerce des produits dérivés de l’éléphant a été interdit en 1998 en réponse aux terribles dégâts que les braconniers faisaient parmi les troupeaux, dans la recherche de l’ivoire. Mais la Namibie, l’Afrique du Sud, et le Botswana ont reçu, pendant la réunion de la CITES à Santiago, au Chili, en 2002, l’autorisation de vendre 60 tonnes d’ivoire qu’ils avaient stockées. La majeure partie de cet ivoire avait été confisquée aux braconniers. Des propositions similaires du Zimbabwe et de la Zambie ont été rejetées par la CITES, parce qu’on craint que les deux pays n’aient pas la capacité de garder leurs troupeaux d’éléphants - et qu’on veut s’assurer que les ventes d’ivoire ne conduiraient pas à une nouvelle vague de braconnage.

Alors que la conférence de Bangkok est sur le point de démarrer, l’Afrique du Sud et le Botswana font également pression pour vendre un autre lot d’ivoire.

"Ceci enverra un mauvais signal aux consommateurs et aux vendeurs, encourageant ainsi le commerce de tous les produits dérivés de l’éléphant. Les propositions namibiennes et sud-africaines devraient être totalement rejetées", a déclaré aux journalistes Jason Bell-Leask, directeur pour l’Afrique australe du Fonds international pour le bien-être des animaux (IFAW), basé au Massachusetts, aux Etats-Unis, la semaine dernière. Il s’exprimait dans la capitale économique de l’Afrique du Sud, Johannesburg. Bell-Leask croit plutôt que le moratoire de 20 ans sur les ventes d’ivoire, proposé par le Kenya, fournira un filet de sécurité dont ont besoin les éléphants africains.

"Le moratoire déplacera également le centre d’intérêt du débat en le faisant sortir de l’axe commercial pour l’orienter vers une discussion dans laquelle les menaces réelles sur les éléphants, leurs habitats et sur la vie des populations, seront sérieusement prises en compte", a-t-il ajouté.

Selon un rapport 2002 de l’Union internationale de protection - basée en Suisse - la population des éléphants africains est tombée de 1,3 million en 1981 à environ 625.000 aujourd’hui.

Mais, tous les défenseurs de l’environnement ne partagent pas les craintes de Bell-Leask selon lesquelles un commerce planifié de l’ivoire conduirait inévitablement à une reprise du braconnage généralisé.

"Les trois pays - la Namibie, l’Afrique du Sud et le Botswana - ont bien géré leurs animaux. Le braconnage a été réduit (et) je crois qu’ils devraient être récompensés", a dit à IPS, Gerhard Verdoorn, un éminent écologiste sud-africain, dans un entretien téléphonique le mardi, 28 septembre.

"Je soutiendrai un abattage limité qui doit être strictement planifié.. Et cela doit être dirigé par les parcs nationaux", a-t-il ajouté.

Toutefois, il est indéniable que la menace que constituent les braconniers est réelle.

Ces derniers mois, l’IFAW a enregistré 18 cas majeurs de braconnage et de trafic d’ivoire sorti clandestinement d’Afrique. Parmi ceux-ci, figure la saisie en octobre 2003, par des douaniers de Hong Kong, de près de deux tonnes d’ivoire caché dans un container qui est arrivé de la Tanzanie. C’était la plus grande saisie d’ivoire à Hong Kong en dix ans.

En outre, 65 défenses d’éléphants venant d’Afrique ont été saisies par des douaniers à l’aéroport international de Bangkok en juillet 2003.

En juillet 2004, deux femmes d’affaires zambiennes ont été arrêtées pour possession illégale de 691 pièces d’ivoire destinées à l’Afrique du Sud.

Verdoorn croit que la protection réussie des éléphants vient d’une bonne gestion des parcs et d’une étroite coopération avec les communautés qui bordent les réserves où se trouvent les éléphants.

"En Afrique, vous devez être pragmatiques. Les animaux détruisent des cultures plantées au bord d’une réserve naturelle. Et que faites-vous dans une telle situation ? Lorsque vous êtes assis en Amérique parfois, vous ne vous rendez pas compte des problèmes que des Africains ordinaires rencontrent tous les jours", souligne-t-il.

Verdoorn soutient également l’abattage des éléphants pour contrôler la population des troupeaux dans des parcs nationaux - même si cette pratique a été suspendue en Afrique du Sud en 1994.

La politique gouvernementale sur l’abattage est actuellement en cours de révision, et des recommandations seront faites aux agents de la protection avant la fin de cette année sur la levée ou non du moratoire relatif à l’abattage.

Les efforts de IPS pour recueillir les commentaires du ministère sud-africain des Affaires environnementales et du Tourisme sur la controverse entourant les ventes d’ivoire ont été vains. Une conférence de presse sur cette question, que le ministère avait prévue pour le 23 septembre, a été également annulée au dernier moment.

Moyiga Nduru - Inter Press Service (Johannesburg)

 

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