Opinion

Le coup de poker d’Eyadéma

par Tony Tugbanor (Londres) , le 2 août 1999, publié sur ufctogo.com

 

La promesse du Général Eyadéma de ne plus briguer un nouveau mandat après ...2003 n’engage à mon sens que ceux qui y croient. Car au fond, il n’est pas si loin le temps, où le RPT (Rassemblement du Peuple togolais ) alors parti unique, organisait de gigantesques marches de soutien dans tout le pays pour supplier le général - Président de rester au pouvoir après que ce dernier eut déclaré une énième fois renoncer au fauteuil présidentiel.

L’esprit de sacrifice et le patriotisme ne sauraient justifier à eux seuls trente deux années de pouvoir sans partage, de dictature incontestée et de démocratie en trompe - l’œil. L’annonce rondement préparée et médiatisée de la retraite de Gnassingbé Eyadéma dans quatre ans ainsi que la dissolution de l’assemblée monocolore au mois de mars prochain ne sont que cautère sur jambe de bois tant sont occultés les véritables problèmes relatifs à l’avènement de l’alternance politique au Togo.

Peut-on raisonnablement imaginer que l’opposition togolaise se contente aujourd’hui d’applaudir les promesses du pouvoir en place, légitimant de facto les élections présidentielles du 21 juin 1998 qui demeure une insulte au principe du suffrage universel et à la volonté du peuple togolais ?
Quid du conseil constitutionnel dont les membres sont entièrement acquis au Général- Président ?
Quid de la réforme de nos institutions et du respect de notre constitution ?
Quid du rôle de l’armée au sein de la nation togolaise ?
Quid de la mainmise du RPT (parti au pouvoir) sur les médias nationaux ?

A ces questions pourtant essentielles, le camp présidentiel reste étrangement muet. On aurait presque honte de penser que les leaders politiques participant aux pourparlers inter- togolais de Lomé n’hésiteraient guère à sacrifier sur l’autel de leurs petites ambitions personnelles, les espoirs nés de tant d’années de vexations, d’humiliations et de sang versé.

Bien sûr, si d’aucun se prennent à rêver de quelques hypothétiques sièges de députés, à quelques petits strapontins dans d’obscurs cabinets ministériels , ou mieux à un éphémère fauteuil de Premier Ministre fût-il un godillot, il sera toujours facile de crier haro sur ces hommes de principes et d’honneur qui refusent de confondre compromis et compromission.

La fermeté du président de l’UFC (Union des Forces de Changement) dans les négociations avec le pouvoir togolais n’est pas de l’hégémonie vis à vis des autres partenaires de l’opposition démocratique. C’est tout simplement du réalisme.

Tony Tugbanor (Londres)

 

© Copyright Tony Tugbanor (Londres)

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