Politique

Le Togo baigne dans l’obscurité.

par Séna Alipui , le 27 avril 2007, publié sur ufctogo.com

 

Il y a 47 ans, le père de l’indépendance feu Sylvanus Olympio proclamait l’indépendance notre chère patrie le Togo.

La proclamation de l’indépendance politique était précédée de quelques préalables comme le règlement de la dette.
Aussitôt l’indépendance acquise, le pays se structurait pour pouvoir se développer lorsque cet élan fut brisé par un coup d’état sanglant.

Quarante sept ans après la proclamation de l’indépendance, nous avons le sentiment qu’au Togo, il fait nuit.

En effet, notre pays baigne dans l’obscurité, au sens propre du terme.

Sur le plan politique, en dépit de quelques avancées qu’il faut saluer, l’essentiel reste à faire notamment, les réformes constitutionnelles, une refondation de l’administration publique, des réformes au niveau de l’armée et une véritable séparation des pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire.
Le régime de parti unique a concentré trop de pouvoirs entre les mains de l’exécutif notamment le président de la République et afin de retrouver un certain équilibre et de permettre aux autres pouvoirs d’émerger et de jouer leurs rôles en toute indépendance.
Il faut réduire les prérogatives du Président de la République.
Les évènements douloureux de 2005 nous ont amené à conclusion que ceux là qui s’accrochent vaille que vaille au pouvoir le font parce qu’ils n’ont rien d’autre, ni légitimité, ni expérience professionnelle probante pouvant justifier qu’ils sont en mesure de gérer l’État, un passé parfois douteux et un avenir incertain.
En effet notre système tel qu’il est conçu actuellement permet à n’importe quel quidam d’occuper de hautes fonctions et de n’avoir de compte à rendre qu’à celui qui l’a nommé.
Dans des circonstances pareilles, il est normal que la moindre menace à ces positions et acquis non mérités et usurpés plongent ces individus dans un état de demi folie et les pousse à utiliser tous les moyens y compris l’assassinat pour se maintenir au pouvoir.
En dehors du pouvoir, ils n’ont rien et ne sont rien, au cœur du pouvoir et malheureusement, ils n’ont pas les aptitudes pour gérer l’État encore faut il qu’il ait la volonté d’apprendre.
L’incompétence au sommet dans un système pyramidal comme le notre ou il n’y a pas de règles pour monter et descendre a des conséquences désastreuses sur l’économie et la vie sociale.
Notre Président, au lieu de profiter de l’altitude pour regarder au loin et mener le pays vers des sentiers paisibles et prospères, regarde plutôt en bas et est préoccupé par mâter ceux qui comme lui essayent de se hisser au sommet de la pyramide.

L’obscurité sur le plan politique a des répercussions sur l’économie qui à son tour est plongée dans le noir.
D’un pays que Sylvanus Olympio a désendetté entre 1958 et 1960, nous avons près de 1100 milliards de dettes aujourd’hui. Ces emprunts n’ont pas profité à ceux au nom de qui on les a contractés. Ajustement structurel après ajustement structurel on ne s’en sort toujours pas.
Les sociétés d’état sont en grande difficultés, les privatisations dans bien des cas ne semblent pas résoudre le problème.

Le cœur du problème est que nous ne semblons pas encore être capables de formuler une politique économique à même de soutenir notre développement à moyen et long terme.
Le développement ne se décrète pas, ne se ramasse pas, ne s’octroie pas et ne se sous-traite pas. C’est une démarche interne qui doit nous permettre de définir quelle qualité de vie nous souhaitons et formuler une politique et une stratégie qui vont nous permettre d’y arriver en tenant compte de l’environnement dans lequel nous évoluons, de nos atouts et de nos faiblesses.

Les problèmes que nous connaissons maintenant ne sont rien à côté de ceux qui nous attendent si nous ne changeons pas de cap surtout lorsqu’on sait que notre population aura quasiment doublé à l’horizon 2025.

Quarante sept ans après notre indépendance, que l’on soit retourné aux lampes tempêtes et puits pour s’alimenter sont en soit non seulement un échec mais un signal d’alarme pour l’élite car à l’époque ils étaient en haillons mais aujourd’hui ils sont bardés de diplômes, en cravate et munis de lampes tempêtes alors que partout ailleurs le savoir a permis à l’élite d’éclairer le plus grand nombre et a permis d’amener la prospérité et une meilleure qualité de vie. Sommes-nous plus bêtes que les autres ?
Il n’est pas possible que l’on manque d’eau et d’électricité !

L’argument selon lequel c’est un problème sous régional n’est pas vraiment sérieux et est en réalité une véritable démission face au problème et montre les limites que s’impose l’élite quand vient de temps de faire ce que nos amis anglo-saxons appellent « Brain storming » en vue de rechercher des solutions. Nos dirigeants et nos populations doivent réfléchir en terme de solution et non en terme de comment justifier le problème.

Nous sommes d’avis que nous devons pouvoir avoir une ou plusieurs centrales nucléaires dans un pays Africain stable comme l’Afrique du Sud pour nous alimenter étant donné que nous refusons de profiter de l’énergie solaire et éolienne.
Un petit pays comme le notre a-t-il vraiment les moyens de perdre près 80 milliards à cause du manque d’énergie ? Qui viendra investir dans un pays ou coupe le courant à tout moment ? Quelle entreprise peut prospérer dans des conditions pareilles ?

Pour ne pas être trop long, je dirai que nous sommes et demeurons dans l’obscurité parce nous ne menons pas une véritable politique nationaliste.

Notre approche pour régler les problèmes qui assaillent nos populations est une approche académique certes mais dépourvue de tout bon sens.
Les histoires de délestages, d’aide au développement, d’ajustements structurels et autres ne nous mèneront pas bien loin. En gros, nous avons dépensé 1100 milliards pour nous retrouver pas loin de la case de départ soit les, la dépendance politique et économique, les lampes tempêtes et les puits pour l’eau.

Pour sortir de l’obscurité, nous devons actualiser la politique du Président Olympio et tout simplement et courageusement l’appliquer. Le monde a certes changé mais les fondations sur lesquelles il voulait bâtir le Togo restent solides, d’actualité et nous pouvons bâtir dessus. Ici nous nous parlons de mettre en place des infrastructures pour favoriser les échanges sous régionaux (Autoroutes, chemin de fer, port, aéroport), mettre en place des unités de transformation de nos matières premières. Réduire la taille de l’administration publique et de l’armée et restaurer l’autorité de l’État. Reprendre le contrôle de notre politique monétaire et budgétaire, instaurer un service civique afin de renforcer l’unité nationale etc.....

La nuit a été trop longue pour le Togo, plusieurs générations n’ont connu que l’obscurité et n’ont pour seul désir que d’avoir de la lumière. Nous devons donc nous mobiliser pour permettre aux forces nationalistes d’opérer le changement avec et pour les Togolais.
Les élections législatives à venir sont étape vers le jour, les élections présidentielles de 2010 devraient permettre à l’UFC d’arriver au pouvoir 50 après l’indépendance et d’engager les réformes nécessaires afin que la lumière se répande au Togo et que nous puissions devenir un pays libre et prospère.

Bonne fête.

Détia Kpoé Le yi !

Séna ALIPUI

 

© Copyright Séna Alipui

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
jeudi
29 juin 2017
Lomé 26°C (à 09h)