Présidentielle

Le Togo a un président et une révolte

par Libération (France) , le 26 avril 2005, publié sur ufctogo.com

L’élection de Faure Gnassingbé à la présidence du Togo, annoncée mardi, a provoqué des heurts et des pillages dans la capitale du pays, Lomé • L’opposition conteste la victoire du fils du chef de l’Etat décédé en février après 38 ans au pouvoir.

 

« Je suis le président provisoire de tous les Togolais. » Par ces mots, Faure Gnassingbé, déclaré mardi vainqueur de l’élection présidentielle de dimanche, a réaffirmé son « appel à la formation d’un gouvernement d’union nationale », malgré le refus de l’opposition.

L’annonce, plus tôt dans la journée, de la victoire du fils du président défunt Gnassingbé Eyademae, chef du parti au pouvoir (le Rassemblement du peuple togolais, RPT), avec 60, 22 % des suffrages, a provoqué des scènes de violences dans les rues de la capitale, Lomé.

Le scrutin de dimanche, à un tour, faisait suite au décès de son père, le général Gnassingbé Eyadama, le 5 février dernier. Selon la présidente de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Kissem Thangaï Walla, le candidat de la coalition de l’opposition, Emmanuel Akitani Bob, a recueilli 38,19% des voix et Harry Olympio 0,55%.

L’opposition a vivement réagi à cette élection qu’elle conteste depuis dimanche soir. Son chef historique, Gilchrist Olympio, qui n’a pu se présenter en raison de son exil en France, a déclaré mardi rejeter ce résultat : « Nous nous y attendions, il y a eu une fraude massive. Nous rejetons le résultat. » Tandis qu’un peu plus tard, des opposants togolais réunis au sein du Comité togolais de résistance (CTR, opposants en exil en France) appellaient « à une insurrection généralisée » et à la formation d’un gouvernement de salut public dirigé par le candidat de l’opposition radicale, Isidore Latzoo. « C’est un ordre de mobilisation générale que le CTR lance, nous demandons à nos militants de rejoindre leurs postes aussi bien à Lomé, qu’à l’intérieur », a déclaré par téléphone à l’AFP Isidore Latzoo, depuis la frontière ghanéo-togolaise. « Nous appelons aussi à un gouvernement de salut public, dirigé par Emmanuel Akitani Bob, le président démocratiquement élu par les Togolais », a-t-il ajouté.

A Lomé, des pneus ont été enflammés dans les rues et des barricades ont été dressées aux quatre coins de la ville de Lomé. Des tirs ont été entendus par les journalistes alors que la ville était quadrillée par les forces de sécurité togolaises dressées sur des véhicules tout terrain équipées de mitrailleuses. Les forces régulières ont lancé des gaz lacrymogènes sur les manifestants qui scandaient « on nous a volés notre victoire ».

Depuis quelques jours, l’opposition ne cesse d’accuser la communauté internationale d’avoir manipulé l’élection. La France a été particulièrment visée par ces accusations qui ont enflammé les émeutiers. Aujourd’hui encore, dans les rues de Lomé, la France a été conspuée par les manifestants.
En outre, les domiciles qui entourent le lycée français, dont celui du proviseur, ont été pillés. L’armée togolaise a évacué la plupart des habitants occidentaux de ce quartier. Des Libanais attaqués à la machette ont également trouvé refuge dans l’hôtel où était présent l’envoyé spécial de « Libération ».

Cette élection présidentielle s’est tenue quelques semaines après la mort de Gnassingbé Eyadema, le père de Faure Gnassingbé, qui avait dirigé le Togo d’une main de fer pendant 38 ans. Son fils avait été placé par l’armée à la tête du pays à la mort d’Eyadema pour assurer la transition jusqu’à l’élection de dimanche aujourd’hui contestée.

Par Libération.fr (avec Thomas Hofnung à Lomé)

 

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