27 avril

Le « Père de l’Indépendance » passé sous silence.

par Liberté Hebdo , le 27 avril 2006, publié sur ufctogo.com

Quelle lâcheté d’Etat ! Les photos du « Père de l’Indépendance » « cachées » sur les lieux du défilé. Ah, que de bruts dirigent aujourd’hui le pays ! Aucun hommage particulier n’a été rendu au « Père de l’Indépendance », fût-il sur les médias d’Etat au cours des nombreuses émissions initiées autour de ce concept de l’Indépendance.

 

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On l’aura assez dit, rien n’obligeait Faure Gnassingbé et ses copains à « célébrer avec faste » la fête de l’Indépendance du Togo. Nombre de Togolais ont été d’ailleurs surpris par le zèle du pouvoir à organiser un défilé militaire pour commémorer l’événement. Ils n’en demandaient pas autant car étant habitués à passer, pendant près de 40 ans sous le régime Gnassingbé, les 27 avril comme un non événement, au pire des cas comme un supplice à l’instar de l’année dernière où les militaires tiraient « amicalement » sur des Togolais à Lomé, Anèho, Atakpamé... Le gouvernement avait donc l’obligation de se donner les moyens de festoyer pour arracher aux sceptiques des appréciations malgré eux.

Tout étranger qui s’aventurerait par hasard un 13 janvier sur le boulevard qui abrite désormais les défilés, même quand il ne sait pas l’événement qui est fêté, se ferait une idée sur la personne qui est à l’honneur, à voir les graffitis, banderoles et photos qui orneraient l’endroit. Car en effet, les photos de différents formats foisonnent. Même des panneaux électriques sont souvent installés pour la circonstance, et on y voyait défiler Eyadema de son enfance jusqu’à l’instant « T ».

C’est déshonorant, non pas pour les vrais Togolais dignes de l’être, mais pour le bataclan au pouvoir que, malgré tout le boucan fait autour de cette fête depuis des jours, aucune photo en solo, ne serait-ce qu’un vieux cliché, un négatif de celui que la pseudo commission de réflexion et de réhabilitation des personnalités ayant marqué l’Histoire du Togo a décidé de « re-nommer » - puisque les Togolais conscients le savaient déjà- « Père de l’Indépendance ». Ce ne serait que justice de lui rendre les hommages mérités. Le « Père de l’Indépendance » n’est certes pas le « Père de la Nation », mais le « Père de la Nation » ne saurait être non plus le « Père de l’Indépendance ». Sylvanus Olympio, paix à son âme, a, lui au moins, eu le mérite de rentrer dans l’Histoire, la grande Histoire, en posant un acte positif, celui d’avoir lutté pour « arracher » au colon la souveraineté nationale et internationale. Et il a servi de modèle, non seulement aux peuples africains, mais aux peuples du monde entier qui étaient sous domination. Il a aussi le mérite d’avoir été le leader de vaillants citoyens qui ont sacrifié leur vie pour faire naître le Togo. Lui au moins, il n’a pas assassiné un concitoyen pour rentrer dans l’Histoire...

Ah, que de bruts dirigent aujourd’hui le pays ! Aucun hommage particulier n’a été rendu au « Père de l’Indépendance », fût-il sur les médias d’Etat au cours des nombreuses émissions initiées autour de ce concept de l’Indépendance. Les attributs de l’Indépendance à l’instar du Monument ont été rénovés. Les personnages de ses symboles et emblèmes pouvaient aussi être honorés, ce n’est que justice. Les décorations faites aux personnalités comme Alex Dosseh-Anyron, Paul Ahyi et autres ne sont que légitimes. Sylvanus Olympio aurait pu être décoré à titre posthume. Qu’ont fait les Agba Kondi, Boukpessi, Komi Klassou pour mériter des décorations ?

Même dans la dénomination des rues et avenues pour porter les noms des pionniers de l’Indépendance, c’est une rue qui porte le nom de Sylvanus Olympio. « L’Avenue Sylvanus Olympio est la nouvelle dénomination de la rue du Commerce et la rue des Lacs qui vont de l’Hôtel Palm Beach à la station Mobil Marina », a décidé le conseil des ministres du mercredi 26 avril. Quelle importance a le 13 janvier pour mériter d’être rattaché à tout un boulevard ? Eyadema lui est-il plus important pour que ce soient un boulevard, un camp, un aéroport... qui portent son nom ?

Par ces attitudes, le pouvoir participe à la « sodomisation » de l’Histoire. A César, ce qui est à César. A Faure, Kodjo et leurs ouvriers ont passé sous silence le « Père de l’Indépendance ». C’est de la lâcheté.

TINO Kossi

 

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