Diaspora

Le MO5 exige une enquête sur les dossiers des privatisations

par MO5 , le 23 septembre 2004, publié sur ufctogo.com

Nous lançons un appel pressant pour exiger l’ouverture sans délai d’une enquête sur les dossiers des privatisations des entreprises publiques, la gestion du budget de l’OUA, les dollars de feu MOBUTU, le scandale BABANI FOUTANGA SISSOKO-UTB, la provenance des millions de dollars échangés dans les agences de la BCEAO de Lomé et de Kara.

 

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Appel important du MO5 au peuple togolais

Mes Chers Compatriotes,

Le Togo notre pays continue sa descente aux enfers, malgré les efforts de la communauté internationale dont le dernier en date s’est traduit par la remise d’une feuille de route simple en 22 points, par l’Union Européenne au Gouvernement togolais, comme une thérapie douce à la crise.

Mais le Général fidèle à sa stratégie de fuite en avant joue dans la diversion et le dilatoire pour conserver une haute main mise sur les ressources du pays, et sur le destin de la nation.

En effet depuis plus de six mois qu’a réellement fait le gouvernement pour réunir les conditions idoines à la reprise de la coopération dont la rupture fut sempiternellement et abusivement attribuée à l’opposition ?

Est-ce que Eyadema au fonds de lui-même est disposé à respecter les engagements souscrits par son gouvernement sous la pression internationale pour ouvrir le Togo à la démocratie et mettre ainsi fin au règne de l’arbitraire et de la dictature ? Difficile de répondre par l’affirmatif. Tout indique qu’il ne le fera pas de bon gré, car il est né autocrate il mourra tel, la cruauté, la gabegie et le népotisme en prime.

Quel intérêt Eyadema a d’œuvrer à la normalisation de la vie politique et institutionnelle au Togo ? Il perdra toute son autorité dans un débat démocratique, où la force de l’argument l’emporte sur l’argument de la force élément fondateur de son pouvoir et l’instrument de sa pérennisation.

Depuis le 14 Avril 2004, quel est le bilan des réalisations des 22 ENGAGEMENTS souscrits devant la COMMISSION DE L’UNION EUROPEENNE ? Un nouveau code de la presse qui dépénalise les délits de diffamation, la libération à la carte de certains prisonniers politiques, et quelque ravalement de façade de la CNDH, et de la HAAC. Mais tout cela est un bluff car dans le même temps la violence, l’arbitraire et le déni de droit continuent de prospérer dans le pays de façon insidieuse.

Le dialogue national qui devrait être un cadre où doivent être débattus les éléments qui nourrissent la crise togolaise met du temps à se mettre en place. Eyadema cherche à le noyauter en imposant une surreprésentation de ses ouailles au mépris de la géographie des forces politiques dans notre pays.

Il n’hésite pas à favoriser la transhumance politique de certains opposants pressés de revenir au pouvoir , afin de mettre en place une démocratie en trompe l’ œil et de poursuivre avec ses complices la mise en coupe réglée du pays.

Ces derniers jours nous avons été consternés de découvrir l’horreur des pratiques criminelles en matière de gaspillage et de pillage des deniers publics qui sont la principale source de crucifixion du peuple togolais. Comment est il possible de consacrer plus de QUINZE MILLIARDS DE FRANCS aux travaux d’aménagement d’un Hôtel existant fut il l’Hôtel 2 Février ?

Comment peut on accepter que pour une simple location de voiture Eyadema puisse ordonner qu’on « dépense » une somme de UN MILLIARD DE FRANCS CFA ? Que dire des tentes métalliques qui ont coûté TROIS MILLIARDS CINQ CENTS MILLIONS DE FRANCS CFA ? Accepter une facture de VINGT CINQ MILLIARDS DE FRANCS CFA pour un seul sommet à la gloire du Général c’est se faire complice d’un acte sabotage économique aggravé qui condamne à la mort bon nombre de nos compatriotes privés du minimum vital.

Pendant que Eyadema, ses enfants et ses fidèles comptent des MILLIARDS acquis sur le dos des contribuables, le pays est laissé à l’abandon et livré aux loups de toute race. Le sort des étudiants, des diplômés sans emplois, les fonctionnaires qui se convertissent la nuit en conducteurs de taxi moto, les retraités privés de pension malgré leurs loyaux services à la nation et leurs années de cotisations régulières, les paysans les éternels oubliés du régime, la liste des victimes de cette incurie est longue.

Le régime frappé d’autisme et de cécité continue de mener un train de vie sultanesque, suprême insulte à la pauvreté absolue qui est la réalité quotidienne des Togolais dont bon nombre survivent grâce aux Western Union de leurs enfants en exil.

Quant aux enfants du SULTAN du TOGO, flanqués d’une cohorte de gardes corps, ils circulent à vive allure dans les rues défoncées de Lomé comme pour échapper au regard inquisiteur des togolais, dans des spécimens de grosses cylindrées parmi une nuée de Zemidjans invités à céder la place à leur passage s’ils ne veulent pas être écrasés « comme des chiens ».

Ils sont dans toutes les affaires du pays, et accumulent les richesses avec une cupidité qui n’a d’égale que celle de leur père. A croire qu’il s’agit d’un comportement inscrit dans leur gêne au niveau du clan.

Dans les Banques Nationales les gros débiteurs insolvables sont les enfants du Chef de l’Etat, notamment le Colonel Gnassingbé à la SNI, KPATCHA, Président de la Zone Franche, à l’UTB. Ce dernier est à la porte d’entrée des investissements, ce qui lui donne des occasions de racketter les rares hommes d’affaires, qui prennent le risque de venir au Togo.

Importateur exclusif des engrais pour le Togo depuis des années, présidant depuis plus de sept ans le Conseil d’Administration de la SOTOCO, il est au cœur de tous les trafics avec les libanais et ami personnel de MAHOUIT l’homme d’affaires qui est à l’origine des ALGECO et des voitures de location qui ont coûté aux contribuables une somme de QUATRE MILLIARDS CINQ CENTS MILLIONS dans ce qu’il convient d’appeler désormais le scandale du 30è sommet de l’OUA. Son frère jumeau TOYI assure la vice-présidence des GRANDS MOULINS une autre société d’Etat privatisée où son père détient la majorité des actions.

Chez les Gnassingbé le sens des affaires louches semble atavique. Les filles ne sont pas du reste dans cette ruée vers le trésor. La prénommée Siméonne salariée à ECOBANK est dans tous les marchés administratifs publics, et appel d’offre ou pas elle enlève toujours une part du marché. Elle est également dans la distribution du poisson frais dans l’ensemble du pays et jouit des traitements préférentiels sur ses concurrents.

L’autre sœur G NEKELE qui est à la BOAD est spécialiste des cadeaux d’entreprise, et particulierment dans la fourniture du Champagne et des alcools pour les Sociétés d’Etat, qui ne lui refusent aucune commande. Elle possède à domicile une galerie de tableaux d’art qu’elle vend à des « ovaires » d’or à ses clients qu’elle déniche dans la haute administration togolaise.

Qui pourrait refuser d’honorer ses bons de commandes ? On le taxerait d’ennemie du régime et il perdra sa place dans l’écurie des prédateurs, et accusé de conspiration contre l’Etat.

D’autres notamment les demoiselles BOUZOUBE et BANDINGA, sans aucune formation connue dans le domaine, se sont improvisées commissionnaires en Douane et assurent la transit des marchandises sans se soumettre aux formalités d’usage. Une autre, pharmacienne de son état,dispose d’une centrale d’achat qui détient un quasi monopole sur la fourniture des produits pharmaceutiques aux officines publiques et privées sur l’ensemble du territoire au mépris de toutes règles de concurrence et de transparence.

Le jeune May à peine Vingt ans est aussi devenu homme d’affaires, et dispose à son âge d’un patrimoine immobilier impressionnant. Jeune étudiant, il a appris à racketter les Chefs d’entreprise à qui il envoie de petits messages pour exiger de l’argent. Quel Chef pourra refuser de déférer à cette injonction de payer la rançon à un fils à papa ? Quel pays !

Quant à Faure présenté comme le Einstein de la famille, à quarante ans sans être marié, il détourne comme son père les femmes d’autrui, et multiplie les aventures tout comme les enfants. Après la mort de Maurice ASSOR, l’éviction du sphinx Moussa Barry Barqué tombé en disgrâce et Alexis Looky, écarté, séquestré, torturé, accusé et poursuivi, c’est lui qui gère désormais l’immense fortune, produit des rackets et des pots de vin de son père.

En confiant à son propre fils le produit de quarante ans de détournement, le vieux dictateur est persuadé que le secret sera mieux gardé dans la cellule familiale, surtout si tous les témoins de ce système mafieux pouvaient disparaître avant que « le premier travailleur togolais » ne prenne son repos qu’il remet toujours au lendemain.

Quand nous avions publié la fortune de Eyadema, il a fait multiplier les dénégations sur les medias nationaux et dans la presse internationale. Il a nié qu’il disposait de compte en Suisse. Il a fait mettre en prison par ses magistrats Claude AMEGANVI accusé d’être l’auteur de l’article qui a fait des révélations le mettant en cause.

Eyadema peut- il nous dire de quel compte a-t-il payé les 60% des actions de la BRASSERIE DU BENIN à la famille MAERZ ? Nous le mettons au défi d’affirmer que le règlement de l’achat de ses titres ne s’est pas opéré sur ses comptes personnels à partir de la SUISSE !

D’ores et déjà le Mouvement patriotique du 5 Octobre ( MO5) adresse un courrier au Directeur général de la Brasserie du Bénin afin que les dividendes de l’exercice 2004 soient versés au Trésor public ; le mouvement adresse également une requête au Trésor Public afin qu’il introduise un ordre de recette auprès de Monsieur Gnassingbe Eyadema pour qu’il reverse tous les dividendes indûment perçus depuis sa prise de participation dans cette société avec les deniers publics

Quand l’ancien Chef de Gouvernement KODJO Agbéyome avait dénoncé dans un document que Eyadema faisait des prélèvements sur les recettes des régies à la source, « le Timonier national » avait répondu que son ex Chouchou devenu rebelle était surmené et manipulé par l’opposition.

Nous avons en notre possession des documents qui attestent des fonds déposés au guichets de la BTCI et de l’UTB par les Directeurs des Douanes et des Impôts sur les comptes de l’Autorité (au Togo il y en a qu’une seule depuis le 13 janvier 1967). Là encore, nous mettons au défi Eyadema et ses officiers prédateurs de l’économie nationale d’apporter un démenti à nos propos. Qu’ils sachent que demain ils répondront devant la Nation toute entière.

Eyadema peut il nier les cartons de whyskies renfermant des billets de Banque que lui apportent les Directeurs des Société d’Etat à Lomé 2 ou à Pya à sa demande ?

Quel est le sens de ce slogan « SE SERVIR NON, SERVIR LE PEUPLE OUI » que Eyadema et ses thuriféraires ont durant la vie de ce régime assené dans la conscience du peuple togolais quand lui-même et ses collaborateurs livrent à la prédation de leur gloutonnerie les ressources du pays ? La réalité du contenu de ce slogan pour nos dirigeants c’était plutôt « SE SERVIR DU PEUPLE OUI ! »

Que dire de tous ces scandales qui éclaboussent tous les jours le pouvoir : prélèvement à la source dans les régies financières, concussion, pillage des banques, association avec des malfaiteurs, trafic de drogue, d’or et de diamant, blanchiment, fausse monnaie

Nous suivons très attentivement les enquêtes en cours pour débusquer ceux qui protègent les falsificateurs du franc CFA. Quand celle-ci aura donné ses résultats, une autre s’ouvrira sur l’origine des DOLLARS que nos dirigeants blanchissent régulièrement dans les Agences de la BCEAO à Lomé et Kara. Le Directeur National de la BCEAO devra faire connaître au peuple togolais et à la communauté internationale le volume des millions de DOLLARS que l’Autorité échange souvent par valise dans ses guichets.

C’est fort de cette gestion mafieuse et patrimoniale du pays et du refus d’ouvrir le pays à la démocratie que nous nous élevons et lançons un appel pressant aux leaders politiques, aux syndicats des différentes professions, aux étudiants, aux enseignants, aux magistrats, et à l’ensemble de la société civile pour qu’ils exigent l’ouverture sans délai d’une enquête sur les dossiers des privatisations des entreprises publiques,la gestion du budget de l’OUA, les dollars de feu MOBUTU, le scandale BABANI FOUTANGA SISSOKO-UTB, la provenance des millions de dollars échangés dans les agences de la BCEAO de Lomé et de Kara.

Dans cette attente, nous demandons à la population d’être prête et mobilisée pour faire face utilement à toute résistance du pouvoir à cette requête légitime.

Ensemble, nous vaincrons.
Fait à Bruxelles, le 23 septembre 2004.
Eloi Koussawo,
Coordinateur Général du MO5.

- Lire aussi :
La dictature togolaise reprend du service : un journaliste menacé de mort

 

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