Presse

La vie politique togolaise vue par le Combat du Peuple N° 378 du 09 au 14/12/02

par Le combat du Peuple , le 9 décembre 2002, publié sur ufctogo.com

Nous vous proposons les bonnes pages de cet hebdomadaire de l’opposition qui fait le point sur les relations entre l’Union européenne et le Togo, et qui analyse la composition du nouveau gouvernement, notamment la signification du départ de l’un des plus zélés courtisans du dictateur d’Eyadéma, à savoir Koffi Panou.

 

Le vin est tiré, il faut le boire : L’Union Européenne dit niet

Le régime Eyadèma a récolté ce qu’il a semé. La crise Togolaise dure depuis plus d’une décennie.
Les partenaires en développement ont rompu la coopération avec notre pays depuis 1993 au lendemain de la fusillade du Jardin Fréau le 25 janvier de cette année.

Les exigences posées par les bailleurs de fonds pour la reprise de la coopération avec notre pays, singulièrement, l’Union Européenne, sont très simples. Des élections libres et transparentes avec la participation de tous les protagonistes de la crise politique.

Paradoxalement, tout en souhaitant ardemment la reprise de la coopération, le pouvoir Togolais refuse de respecter les exigences de l’Union Européenne. Au contraire, les autorités togolaises privilégient la fuite en avant et la logique de l’inertie, du mensonge et du vernis.

Mais tous les articles utilisés jusqu’à présent n’ont pas réussi à abuser la communauté internationale. Et le résultat est toujours la même. Pas question de reprendre la coopération dans ces conditions avec le Togo. Certes, certains caciques du régime, pour faire diversion et surtout pour tromper, le Président Eyadema, laissent croire que le Togo peut sortir seul de la crise, même sans aide extérieur. Et pour justifier une telle ineptie, on se fonde sur un rapport du PNUD qui classe le Togo meilleur par rapport aux pays de la sous-région.

Nous devons cesser de nous leurrer. Aujourd’hui, le monde est devenu un village planétaire dans lequel il faut relativiser la notion de souveraineté et surtout de l’économie en vase clos. L’ex-URSS, en dépit de ses énormes richesses souterraines en avait fait les frais et a fini par se disloquer.

Aucune économie ne peut s’autosuffire à elle seule dans le contexte de la mondialisation financière actuelle. Il y a trop d’imbrications et d’interdépendances. Et le plus important c’est la bonne gouvernance. Sur ce chapitre, nous sommes loin du compte.
L’économie Togolaise est en plein marasme, quoi qu’on dise. Avant de classer un pays, il y a des paramètres très rigoureux dont il faut tenir compte. Il n’existe même pas au Togo de statistiques fiables sur lesquelles on peut se fonder pour parler de chiffres comparables.

Nous publions pour nos lecteurs en encadré le document rendu public sur la démarche de l’Union Européenne auprès du Togo. Ce document est incontestablement l’illustration de l’échec de koffi Panou en sa qualité de Chef de la diplomatie togolaise. Dieu merci, Eyadema l’a remercié.

Meeting populaire de la CFD au stade d’Ablogamé

Reportage : K. AMOU

Dahuku Péré appelle à la mobilisation pour arracher notre liberté confisquée : « Aucun Togolais ne doit désespérer »

L’opposition démocratique regroupée au sein de la Coalition de Forces Démocratiques (CFD) a organisé le samedi 07 décembre 2002, son tout premier meeting populaire, comme dans les années 90 - 92, au quartier Ablogamé à Lomé.Les leaders des partis politiques ou leurs représentants étaient tous présents à ce rendez-vous. On notait la présence de : Prof. Aimé Gogué, ADDI - Me Apévon, CAR - Prof. Gnininvi, CDPA - AJAVON Zeus, CPP, KOLANI, PDR - WOLOU, PSR - Péré, Rénovateurs - AYIKA, UDS Togo - Bob Akitani, UFC.

Après la prière de circonstance et l’exécution de l’hymne national « Terre de nos Aïeux » MM Bob Akitani, le Prof. Gnininvi, Dahuku Péré et Apévon se sont succédés pour expliquer à l’assistance les raisons de ce meeting.Bob Akitani a présenté la CFD, les membres qui la composent et les objectifs de la coalition. Quant au Professeur Gnininvi, il a parlé de la mobilisation du peuple pour la victoire des élections présidentielles de 2003.

Le troisième intervenant qui est M. Dahuku Péré, Président en exercice de la CFD, a tenu en haleine la foule pendant près d’une heure d’horloge. M. Péré s’est exprimé en français et la traduction en Ewé a été faite par Me Apévon.

Pour M. Péré, le meeting de la CFD, s’explique par le fait que, les organisateurs croient en la démocratie. Cela signifie a-t-il ajouté que dans tout pays démocratique, c’est le peuple qui a le pouvoir et qui donne à certains citoyens, à travers les urnes, l’autorisation de l’exercer en son nom. Que ce soit les conseillers municipaux, les maires, les députés ou le Président de la République, c’est le peuple qui le choisit démocratiquement à travers les urnes. Et le peuple a le droit de leur retirer ce pouvoir lorsqu’il estime que la façon dont ces dirigeants l’exercent ne convient pas. Le droit de sanction appartient au peuple vis-à-vis des dirigeants. M. Péré a surtout insisté sur la notion de la démocratie, seul moyen d’accéder au pouvoir.

« A la CFD, nous ne croyons pas en un autre moyen, pour accéder au pouvoir ; le seul moyen, c’est la démocratie, c’est les urnes. Nous croyons en la démocratie et nous pratiquons la démocratie pour parvenir à notre objectif. Nous pensons que pour pouvoir exercer le pouvoir dans ce pays, nous devons avoir l’autorisation du peuple. Et comme nous voulons l’exercer au plus tard en 2003, nous avons besoin du peuple et nous voulons qu’il nous donne cette autorisation ».

Il a expliqué que, pour accéder démocratiquement au pouvoir, le candidat doit suffisamment convaincre son électorat pendant la campagne, se préparer pour le jour du scrutin et enfin, se préparer pour la gestion des résultats. Bref, il a parlé de la gestion de tous ces moments surtout en face d’une dictature vieille comme celle que nous avons chez nous.

M. Dahuku Péré, parlant au nom de la CFD, fonde son espoir sur le peuple, rien que le peuple pour la victoire prochaine.
Il a comparé le peuple togolais, c’est-à-dire l’électorat de la CFD à une jeune et charmante fille à qui on fait des avances et qu’on doit forcément caresser dans le sens du poil partout ou elle est, que ce soit en ville, dans les campagnes, ou mêmes dans les épines.« Il faut faire comprendre au peuple que ce qu’on veut c’est son bonheur, c’est sa richesse, son bien-être, c’est sa liberté. Et si nous le faisons avec conviction, la CFD va arracher toute la population togolaise des mains de ceux qui comptent sur la division pour asseoir le pouvoir. Seule la confiance en Dieu fait disparaître les misères, les pauvretés, les malheurs mais aussi et surtout les tyrannies et les dictateurs.

Avant toutes ces explications M. Péré a dit qu’il a un peu changé de vision depuis qu’il est membre de la CFD au sujet de l’adage selon lequel « la vie est un combat. Il faut combattre pour vaincre et vaincre pour vivre ». Pour lui, « la vie est combat démocratique. Il faut combattre démocratiquement, vaincre démocratiquement et vivre démocratiquement »

Contrairement aux années 1990 - 1992, le stade d’Ablogamé n’a plus fait son plein. Une foule nombreuse s’est pourtant déplacée évaluée à 6 000. Sur ce point précis, le Président de la CFD a dit que « ce n’est que le début de la marche vers la victoire ».
Après le meeting, M. Péré a tenu un point de presse au domicile de Martin Aduayom de la CDPA. Il a entretenu davantage les journalistes sur la coalition et ses objectifs, la confiscation du passeport de son fils par le pouvoir RPT et l’épineux problème de candidature unique pendant les présidentielles de 2003.Sur ce chapitre précisément, voici son point de vue : « Le problème se présente de façon très simple. Nous sommes maintenant une coalition c’est-à-dire que, nous avons décidé d’avancer ensemble vers des objectifs communs. Mais le premier objectif sur lequel nous nous sommes mis parfaitement d’accord, c’est la fin de la dictature du parti-Etat. Nous sommes d’accord et nous voulons travailler ensemble pour y parvenir.

Maintenant il y a d’autres objectifs possibles notamment la possibilité de présenter un candidat unique aux présidentielles de 2003. Mais cette décision n’a pas encore été prise. Parce que, rien pour le moment, ne permet de dire que nous serons contraints de présenter un seul candidat. Mais si au fur et mesure les événements convainquent que c’est dans cette direction qu’il faut aller, je pense que la coalition aura le courage et la perspicacité de prendre la décision. Et en ce moment-là vous la connaîtrez ».Comme mot de fin, M. Péré a demandé à la population de ne pas perdre espoir. Dieu aime vraiment le pays. Aucun togolais ne doit désespérer. Depuis le début ce nos difficultés jusqu’à présent, Dieu ne fait que nous tendre la main vers une sortie honorable de notre crise. Chacun doit garder espoir et surtout bien savoir ce qu’il veut faire aux prochaines élections présidentielles de 2003.

En somme, nous avons entendu de très beaux discours de la part de chaque leader de parti politique comme par le passé. Il s’agit en effet des propos qui rassurent. Il suffit que nos leaders joignent l’acte à la parole surtout avec la naissance de la CFD. Car le peuple a soif de sa liberté vraie depuis longtemps confisqués.

Formation du nouveau gouvernement : course de vitesse ou course de fond ?

Rodrigue

Eyadèma et les maîtres chanteurs

Depuis le gouvernement de l’ancien Premier Ministre Edem Kodjo, nous n’avons plus publié de commentaires sur les gouvernements qui se sont succédés dans notre pays.
Le plus souvent, il faut le reconnaître, c’est les chefs de gouvernements qui changent alors que les gouvernements gardent, à peu de chose près, la même configuration surtout en ce qui concerne les postes de souveraineté.

Dans ces conditions, l’exercice ne s’imposait pas, car dès lors que le Chef de l’Etat, estimait que le pays allait bien et fort de cette conviction, maintenant les mêmes personnes aux mêmes postes ministériels ou procédait à de légères retouches, il est difficile pour le journaliste de faire correctement son travail surtout lorsque le pays se porte mal et que l’économie se dégrade à vue d’œil.
En réalité, la gestion du Togo a changé depuis 1990, même si c’est le même homme qui reste aux commandes.

Avant, la Conférence Nationale Souveraine, le Chef de l’Etat choisissait ses collaborateurs sur des critères de compétences propres à lui et surtout sur la base d’un dosage régional très bien pesé.

Mais lorsque la crise socio-politique avait atteint son paroxysme et que beaucoup des anciens collaborateurs du Chef de l’Etat avaient pris du recul et déserté Lomé II, quelques rares affidés étaient restés et entouraient le patron soi-disant pour le soutenir. Ceux-là qui continuaient à fréquenter le Président en ces temps difficiles, ont été par la suite classés parmi les fidèles des fidèles. Cette loyauté leur a valu, par la suite, beaucoup de privilèges. Et par la force des choses, ils sont devenus les vrais faucons du régime. Ils ont réussi à prendre le Chef de l’Etat en otage. Ils aimaient répéter à ceux qui veulent les entendre, quand ça chauffait on connaît ceux qui ont eu le courage de rester.

Parmi eux, figuraient l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo et surtout M. Koffi Panou. Le cas de Koffi Panou mérite d’être souligné, parce que celui-ci était devenu un véritable maître-chanteur. Son soutien au Chef de l’Etat était devenu pour lui un passeport pour tous les abus, parce qu’il bénéficiait de ce fait, de la confiance totale du Chef de l’Etat qu’il passait son temps à tromper.

Koffi Panou a fait des va et vient entre le Ministère de la Communication et le Ministère des Affaires Etrangères. Il faut remarquer que pendant ses passages à la tête de ces départements-clés le Togo a connu le déclin sur plusieurs plans.
Le dossier Amnesty est l’illustration la plus frappante de cet échec. L’Affaire Amnesty aurait pu ou dû être gérée de façon plus diplomatique et on n’en parlerait plus aujourd’hui.

L’autre talon d’Achille de Panou, c’est la suspension de la coopération financière avec notre pays. Au lieu de s’investir pour régler ce dossier avec intelligence et tact. Panou préfère entretenir le flou, crée la tension narguer pour pouvoir voyager à loisir et donner l’impression qu’il travail pour le Président. Le départ de Koffi Panou du gouvernement a été très favorablement accueilli dans l’opinion non pas parce que Panou a une quelconque importance, mais parce que tous les observateurs s’accordaient à dire qu’il n’était pas l’homme qu’il fallait à cette place et en plus il agaçait tout le monde. Panou ne comprenait rien à son propre département. A preuve, on raconte que quelque heure avant la passation de service avec son successeur, il a dû réunir précipitamment ses collaborateurs pour leur demander de le briefer sur les grands dossiers en instance. Si cette information est vraie, il faut dire que Panou n’a fait que nuire à l’Etat et au Chef de l’Etat lui-même par son ignorance, par son égocentrisme et surtout par sa méchanceté. Ne disait-il pas un jour, je ne veux pas finir comme LACLE, dans la misère ? Nous pensons qu’il a assez amassé de fortune pour se la couler douce. En définitive, Panou n’a pas servi le Président Eyadéma comme il le prétendait ; il n’a pas non plus servi l’Etat togolais comme cela se devait. Il s’était servi et c’était son seul objectif.

Quant au Général Walla qui vient de quitter le Ministre de l’Intérieur, nous n’avons pas grand-chose à dire de lui. Il ne faisait pas partie des maîtres-chanteurs mais il était un original en son genre.

Selon tous ceux qui l’ont approché et connu, il a été indéniablement un bon officier. L ‘homme a un bagage intellectuel solide. Mais, il est un piètre politique. Pendant son règne, il s’en est trop souvent pris à la Presse. Il a battu tous les records de saisies de journaux. Et cela a fait beaucoup de tort à l’image du pays. Personnellement, il m’a envoyé en prison alors que je n’ai commis aucun délit. Je le lui ai dit et je l’ai pardonné. Il lui reste à demander pardon à son Dieu. Le Général Walla a rendu la vie trop dure aux partis politiques et aux leaders de l’opposition. Il a exagéré dans plusieurs domaines et il a trop souvent fait preuve d’un zèle disproportionné. Son départ est peut-être un geste d’apaisement du Président. Mais il faut reconnaître qu’il a aussi fait beaucoup de tort au régime Eyadèma, surtout vis-a -vis de la communauté internationale qu’il a le mignon péché de mépriser.
En ce qui concerne le Général Ministre, il faut quand même reconnaître qu’il était entré au gouvernement depuis le gouvernement Edem Kodjo et qu’il a besoin de se reposer. C’est normal qu’un jour chacun quitte son poste pour permettre à d’autres de faire leur preuve.

Nous n’avons rien à dire au sujet des nouveaux ministres parce que, intrinsèquement, au vu de leur curriculum vitæ, ils sont tous des hommes et femmes de valeur et intellectuellement bien nantis.
Il reste que la politique est une affaire de doigté et de savoir faire. Il faut donc laisser le temps au temps.

En se débarrassant petit à petit des maîtres-chanteurs qui l’entouraient, peut-être le Chef de l’Etat se donne une certaine marge de manœuvre pour l’avenir. D’une façon générale, nous ne savons pas si le gouvernement Sama II a été formé pour une course de fond. L’avenir très proche nous le dira. Mais il faut rester vigilant.

Le Combat du Peuple N° 378 du 09 au 14/12/02

 

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