Mission

La vie d’un missionnaire

par La Croix (France) , le 15 octobre 1998, publié sur ufctogo.com

André, catéchiste togolais, raconte sa mission aux catholiques français Comme vingt catéchistes étrangers, André Missoh parcourt la France pour évoquer sa tâche. Au Togo, l’activité des catéchistes est au coeur de la vie des paroisses. NEVERS de notre correspondante.

 

« Il faudrait que les Africains deviennent missionnaires en Europe. » Cette réflexion d’une catéchiste de la Nièvre exprime toute l’admiration suscitée par le témoignage de son homologue togolais André Missoh. Pendant une semaine, il a parcouru le diocèse à la rencontre de catéchistes, de communautés religieuses, de mouvements d’enfants et de jeunes.

Pour André, qui vient pour la première fois sur le Vieux Continent, ces rencontres sont l’occasion d’expliquer son rôle au service d’une Eglise tout juste centenaire. Baptisé à 12 ans, il a choisi le prénom chrétien qui s’ajoute à celui de sa naissance, Sokemawou. « En 1971, j’ai été envoyé dans un monastère avec deux autres hommes, raconte-t-il. L’un est devenu prêtre, l’autre religieux. Moi je suis resté catéchiste. » Ce qui, en Afrique, est presque un ministère. A Afagnan, un « village » de 5 000 habitants au sud-est du pays, André est chargé de la formation des catéchistes.

Sa paroisse, créée en 1964, accueillit une première église en 1973, mais celle-ci est déjà trop petite. Les catéchistes africains ont, il est vrai, un rayonnement sur l’ensemble de la communauté, touchant les enfants comme les adultes. « La première semaine du carême, on lance un appel dans les églises pour que les chrétiens amènent de nouveaux catéchumènes, et dans toutes les écoles pour appeler les enfants au catéchisme. »

Le catéchuménat dure trois ans à raison de trois heures de catéchisme par semaine. Chaque séance du catéchisme se déroule de la même façon. « On demande au catéchumène de relever dans sa vie de tous les jours des faits concernant l’amour et la charité, commente André. Le premier point, c’est donc la vie. Le deuxième, c’est la parole de Dieu qu’on écoute ensemble. Chacun pense alors à une résolution personnelle. Après avoir demandé l’aide de Dieu, dans la prière, on mémorise quelque chose de la parole de Dieu. C’est important, car le catéchisme est oral. 80 % de la population est illettrée. »

Venir au catéchisme, c’est changer d’habitudes. « Le plus difficile, souvent, est de renoncer à la polygamie qui est de tradition chez nous. Le pays compte une minorité de chrétiens, mais tout le monde a une religion. Les autres sont pour la plupart animistes. » Deux prêtres se partagent les 32 communautés du secteur, mais la nouveauté, à Afagnan, est que, depuis août dernier, ils sont togolais. Ces temps où les aïeux d’André virent arriver les premiers missionnaires européens ne sont pas si lointains. Alors, ces jours-ci, André s’étonne parfois qu’il y ait en France tant de chrétiens et si peu de vocations. Son témoignage résonne alors comme un appel à être missionnaire dans son propre pays.

Christine AYROULET

André Missoh

Invité avec 20 autres catéchistes pour un mois d’animation missionnaire, André Missoh doit se rendre dans les diocèses de Bourges, Blois et Sens-Auxerre, avant de retrouver pour quelques jours à Paris les autres catéchistes.

Une collecte pour aider la Mission dans le monde

Du 11 au 18 octobre, tous les catholiques sont appelés à se mobiliser pour la Mission dans le monde et participer à une solidarité concrète entre les Eglises. Les dons seront recueillis ce week-end dans toutes les paroisses.

André Missoh, participant de la semaine missionnaire, est chargé de la formation des catéchistes à Afagnan, un « village » de 5 000 habitants dans le sud-est du Togo.

CIRIC

La Croix

 

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