Crise politique togolaise

La solution pour une sortie de la crise togolaise

par Patrick Lawson , le 21 juin 2005, publié sur ufctogo.com

Le Togo vit une crise politique grave caractérisée par la confiscation du pouvoir et le refus d’alternance politique depuis plusieurs décennies.
Malgré la disponibilité des partis de l’opposition démocratique pour une issue politique et pacifique, aucune solution n’a pu y mettre un terme.

 

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A la mort du Général Gnassingbé Eyadema -paix à son âme-, beaucoup d’observateurs ont souhaité que les forces politiques engagent un dialogue débouchant sur un accord politique susceptible d’organiser une transition vers le changement tant souhaité par l’ensemble de la Société togolaise et la Communauté internationale. C’est sans compter avec les rebelles à la démocratie et à l’alternance.

L’élection présidentielle, dont les résultats ont été tronqués par des institutions plus promptes à servir le pouvoir RPT que la République, a contribué à exacerber les passions et à compromettre la coexistence entre les citoyens de notre pays.

Ainsi, au lieu de faire pression sur ceux qui ont violé la souveraineté du peuple, une frange de la Communauté internationale a préféré donner des injonctions à l’opposition, lui demandant, de participer à la gestion des affaires du pays, en se joignant au régime RPT dans un gouvernement dit d’Union nationale, sans discussions préalables et sans autre forme de procès.
C’est oublier que l’UFC a pour obligation constante, de ne pas cautionner une politique qu’elle juge contraire aux intérêts de la grande majorité de nos populations.

Cependant, consciente qu’elle a un rôle historique à jouer dans la mutation qualitative à venir au Togo et se sachant au service du peuple, l’UFC a toujours manifesté sa disponibilité à étudier toute proposition susceptible de sortir notre pays de cette crise.

C’est dans ces conditions qu’elle a accepté le principe de la formation d’un gouvernement de Transition à base d’Unité nationale. Ce gouvernement servirait de creuset d’assainissement de l’environnement politique et de base à la Réconciliation nationale, susceptible de créer les conditions d’une alternance politique rassurante pour chacun des protagonistes (UFC et ses alliés et le RPT et ses alliés) de la crise togolaise et ce, aux conditions suivantes :
- que la communauté internationale soit partie prenante, en apportant à tout accord politique et contrat de gouvernement qui seraient conclus entre les deux forces politiques (Coalition avec l’UFC - Pouvoir avec le RPT), sa garantie et sa vigilance.
- que l’opposition démocratique prenne les dispositions nécessaires pour obtenir l’adhésion populaire à sa stratégie d’entrée dans un gouvernement de Transition, en soumettant le principe à sa base et aux instances de ses composantes, respectives.
- que des mesures préalables d’apaisement soient prises par les autorités de fait, en libérant ceux qui ont été injustement emprisonnés à la suite des enlèvements , des rafles, etc., et que les familles éplorées, les blessés et les réfugiés sachent dès maintenant, qu’ils seront soutenus dans leurs épreuves.
- qu’enfin, l’accord politique porte sur les missions de ce gouvernement, de sa composition, sa durée ainsi que ses pouvoirs par rapport aux autres institutions.

Pareil accord ne peut et ne doit être le fait d’une course contre la montre, une réponse à des injonctions, sans prendre le temps de se donner les moyens de son aboutissement et de son acceptation globale par nos populations.
Pareil accord est censé marquer le début de la fin de l’impasse politique provoquée par l’élection du 24 avril et la cécité politique d’une frange de la Communauté internationale.

Pour avoir refusé de se donner ces moyens lucides, simples mais fondamentaux, la nomination d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement qui n’incarnent pas l’opposition démocratique - c’est-à-dire, l’autre protagoniste face au pouvoir RPT - constituent juste un non événement.

La crise togolaise demeure dans toute sa plénitude et ne peut être jugulée par ceux-là mêmes qui se substituent aujourd’hui aux forces démocratiques. Nous ne sommes pas partie prenante au gouvernement. Ce gouvernement ne nous engage donc pas et par conséquent n’a pas notre caution.

Cependant, notre objectif demeure la recherche des voies et moyens pour sortir notre pays le Togo, de cette impasse politique, en nous investissant pour créer les conditions d’un vrai dialogue politique et d’une Transition globale vers la démocratie et l’alternance.

Fait à Lomé, 21 juin 2005

Patrick LAWSON

3ème Vice-Président de l’UFC

 

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