Togo

La répression au Togo aurait fait plus de 800 morts

par Le Monde (France) , le 16 mai 2005, publié sur ufctogo.com

 

Au moment où se précise le calendrier de la négociation politique qui pourrait aboutir à la constitution d’un gouvernement d’union nationale au Togo, un nouveau bilan des victimes de la répression liée à l’élection présidentielle qui a porté au pouvoir Faure Gnassingbé, nettement plus alarmant que le précédent, a été rendu public, vendredi 13 mai. La Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) évalue désormais à 811 morts et à 4508 blessés le nombre de victimes pendant les trois mois ayant suivi la mort du général Eyadéma, le 5 février. Parmi ces personnes, 790 auraient été tuées et 4345 blessées depuis le début de la campagne électorale elle-même.

Ces chiffres devaient être rendus publics, vendredi, à Lomé, au cours d’une conférence de presse qui, selon les dirigeants de la Ligue, n’a pu se tenir en raison de l’irruption d’"une cinquantaine de miliciens du parti de Faure Gnassingbé" dans ses locaux. Ils sont contenus dans un rapport qui dénonce "du jamais vu dans l’histoire du Togo" et demande "l’intervention urgente d’une force d’interposition et la mise sur pied d’une commission d’enquête sur les crimes abominables perpétrés par les putschistes contre le peuple togolais" .

Les dirigeants de la LTDH, qui avaient d’abord évoqué une soixantaine de morts, font état d’extrêmes difficultés de communication pour justifier cette aggravation soudaine du bilan qu’ils dressent sur la base de "visites dans les familles et dans les morgues".

Dans la soirée de vendredi, tandis que ce bilan était diffusé, les protagonistes de l’élection présidentielle togolaise ont reçu une invitation pour une réunion organisée, jeudi 19 mai, à Abuja, au Nigeria, sous l’égide de l’Union africaine (UA,) dont le président actuel est le chef de l’Etat nigérian, Olusegun Obansanjo.

Outre le président Faure Gnassingbé et l’opposant historique en exil Gilchrist Olympio, ce sommet devrait réunir tous les chefs de l’opposition. Les dirigeants africains, à l’instar de l’Union européenne et de l’ONU, exercent une forte pression pour aboutir à la formation d’un gouvernement d’"union nationale".

L’opposition a exprimé son refus d’une telle formule tant que ne serait pas apuré le contentieux sur l’élection présidentielle, qu’elle estime avoir remportée. Mais son ton s’est fait plus conciliant, ces derniers jours, l’idée étant de négocier une entrée dans un gouvernement "de transition" en échange d’une limitation de la durée du mandat de Faure Gnassingbé.

Philippe Bernard

 

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