Droits de l’homme

La presse canadienne fait assaut de critiques sur la Francophonie

par AFP , le 1er septembre 1999, publié sur ufctogo.com

 

La presse canadienne fait assaut de critiques cette semaine à l’égard de l’Organisation internationale de la Francophonie, qui tient à partir de vendredi son sommet à Moncton (Nouveau-Brunswick), estimant qu’elle rate une occasion d’améliorer son image en refusant d’adopter une attitude combative sur le sujet des droits de l’Homme.

Le Globe and Mail a lancé l’attaque lundi en soulignant que la Francophonie était "peu connue et encore moins respectée" et que son sommet était un événement "largement symbolique". Une situation que le journal national explique par le fait que le français est peu parlé dans certains pays membres et que "nombre de ses états-membres sont dirigés par des tyrans", bien qu’un des buts de l’organisation soit de défendre le développement de la démocratie.

Les droits de l’Homme dans la Francophonie font de fait depuis plusieurs jours les grands titres des journaux au Canada. "Un sommet détourné", titrait mardi un journal de la province, le Daily Gleaner de Fredericton. De même, pour le National Post, "le débat sur les droits de l’Homme infecte le sommet".

Sous le titre "ceux qui bafouent les droits de l’Homme sont assis à la table", le journal cite très largement les derniers rapports d’Amnesty international sur plusieurs pays qui siègent à Moncton, tels le Togo, le Burundi, le Burkina-Faso, le Cambodge, le Rwanda et le Congo. Un journal local, le Times and Transcript, publie une liste similaire, à laquelle il ajoute le Laos.

Amnesty, rappellent les journaux, a compté au total pas moins de 35 pays de la Francophonie coupables de violation des droits de l’Homme, tandis que Reporters sans frontière en comptabilisait 15 où la liberté de la presse n’est pas respectée.

Le journal montréalais The gazette soulignait mardi l’"hypocrisie" du Canada, partisan de la Cour de Justice internationale et "accueillant à bras ouverts" les représentants de pays où ont été commis des crimes contre l’Humanité. Certes, le Canada a promis de parler droits de l’Homme lors de discussions bilatérales, mais pour the Gazette "ce n’est pas grand chose, ce n’est pas public, ce n’est pas brutal, ce n’est pas embarrassant".

Les journaux francophones ne sont pas en reste : la Presse cite nombre de communautés de francophones d’Outre-mer résidant au Canada qui ont demandé à M. Boutros-Ghali, exemples à l’appui, d’aider au développement de la démocratie dans plusieurs pays membres, que ce soit le Vietnam, le Burundi ou la Tunisie. La Francophonie devra "blâmer et sanctionner ceux qui le méritent" estime le Soleil, pour qui "la francophonie nouvelle ne peut plus se draper dans son exception culturelle pour laisser intervenir à leur guise les dictateurs".

Nombre de journaux ont repris enfin mardi un texte de Warren Allmand, président d’une ONG canadienne de défense des droits de l’Homme à financement fédéral. Il suggère que la Francophonie de se démarquer des autres organisations internationales et de "trouver son créneau" en fournissant aux pays d\’Afrique francophone l’aide légale qui leur serait nécessaire pour adapter leur législation à la création envisagée d’une Cour de justice internationale.
AFP

 

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