Françafrique

La part de l’ombre

par Afrique-Asie , le 1er juin 2005, publié sur ufctogo.com

Le Togo, bien davantage que ne l’avait été la Côte-d’Ivoire d’Houphouët-Boigny, était-il devenu, sous le règne de Gnassingbé Eyadéma, le dernier domicile connu de la diplomatie françafricaine de l’ombre ?

 

Le Togo, bien davantage que ne l’avait été la Côte-d’Ivoire d’Houphouët-Boigny, était-il devenu, sous le règne de Gnassingbé Eyadéma, le dernier domicile connu de la diplomatie françafricaine de l’ombre ? Celle des coups tordus, des mystères bien entretenus, des mensonges méthodiquement orchestrés et des secrets bien gardés sur des intérêts particuliers qui tiennent lieu de “politique franco-africaine”... La mort du dictateur Eyadéma a, sans nul doute, fait basculer un ordre établi depuis le deal néocolonial qui a cours depuis 1958, réduit à un cercle d’initiés français et africains. On saisit mieux aujourd’hui les contours de cette obscure galaxie entretenue, au mépris des règles proclamées et des peuples africains et français, par ses acteurs et lieutenants, dont les actes et projets se sont invariablement révélés contraires à la simple morale qu’ils sont si prompts à prôner par ailleurs. Dans une Afrique sous l’empire de cet ordre, nulle place pour une démocratie qui s’apparente à un “luxe” superfétatoire, ainsi que l’a signifié sans ambages Jacques Chirac, en 1990, à l’heure de la montée des espoirs démocratiques sur le continent... Le général Eyadéma était l’un des gardiens de ce cercle aussi singulier qu’opaque, une galaxie jalousement gardée, masquée par les discours officiels, mais dont les contreforts ne sauraient indéfiniment résister aux assauts du temps et d’une histoire qui évolue et impose fatalement des règles et exigences nouvelles.
Quelles que soient les péripéties prochaines de la tragédie togolaise, elle indique, à l’instar du drame qui se déroule en Côte-d’Ivoire, et de ceux qui se préparent demain sous d’autres cieux de la Françafrique, la fin d’une époque. Aussi les acteurs de cette galaxie sont-ils confrontés à un choix : soit poursuivre obstinément la défense d’un ordre désormais assiégé par les opinions publiques et le cours des événements, soit accepter de négocier avec l’inexorable mouvement de l’histoire qui sonne le glas d’un système périmé. Un système qui, pour survivre, se défait de son masque désormais superflu, pour n’avoir recours qu’à la violence aveugle et à une diplomatie de la honte comme unique religion. Au nom d’une imprenable raison d’Etat à laquelle l’opinion - française et africaine - ne croit plus et refuse dorénavant de souscrire.

Francis Lalupo

 

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