Egbétôs

La médecine traditionnelle vante ses mérites à la radio et à la télévison

par AFP , le 8 septembre 2004, publié sur ufctogo.com

La médecine traditionnelle vante ses mérites à la télévision et à la radio togolaises, attirant les patients dans des cabinets de fortune pour des résultats pas toujours évidents, mais avec l’avantage de ne pas coûter trop cher.

 

GIF - 3.4 ko
© http://pageperso.aol.fr/ droitchedevberge/

"Les Africains doivent se réveiller. Je lance un défi à ceux qui pensent aujourd’hui qu’on ne peut pas guérir le malade du sida. Mes médicaments détruisent le virus en l’espace de deux mois", affirme, péremptoire, sur une chaîne de télévision privée, Agbénéné, un des grands tradipraticiens de Lomé.

La pratique de cette médecine, pourtant soumise à un agrément du ministère de la Santé, n’est pas toujours appréciée par le corps médical.

Des centres de santé de la capitale ont ainsi enregistré des complications dûes à des traitements chez les tradipraticiens.

Wotoglo, surnommé "docteur des femmes", n’hésite pourtant pas à lancer sur une radio privée : "les femmes ne doivent plus perdre espoir, car je possède tous les médicaments pouvant leur permettre d’avoir des enfants quelles que soient les complications".

Chaque soir, des tradipraticiens, confortablement installés sur les plateaux de télévision, ou de radios privées louent les mérites de leurs "médecines".

Ces "Egbétôs" (tradipraticiens en langue mina), traitent aussi bien du diabète, du sida ou encore de la stérilité féminine.

"Je ne me suis pas improvisé tradipraticien, c’est un métier que j’ai appris. Tous les malades que je soigne sont toujours satisfaits", affirme Nusugan, assis sur une natte au milieu de quelques canaris sans vie farcis de feuilles de plantes destinées à fabriquer ses "produits magiques".

"Tous mes traitements se font à base de feuilles de plantes. Mais avant de traiter une patiente, j’exige toujours les résultats des analyses faites à l’hôpital. J’ai appris à les interprêter", explique le vieux bossu, vêtu d’un grand boubou et coiffé d’un bonnet traditionnel.

A Tabligbo (75 km nord de Lomé), Nusugan est connu pour traiter des fibromes, des kystes et la stérilité féminine.

Chaque jour, il reçoit des dizaines de patientes, venant des villages proches, parfois de Lomé.

"Je suis un peu soulagée depuis que je consulte ce tradipraticien", confie, très confiante, Edem après une séance.

Enseignante dans une école privée de Lomé, Edem, 32 ans, a deux fibromes l’empêchant d’avoir des enfants.

Chez la plupart de ces tradipraticiens, souvent modestement installés, les coûts des traitements sont à la portée des bourses les plus modestes. Les "Egbés" (tisanes en mina) proposés varient de 500 à 3.000 F.CFA (0,76 et 4,57 euros).

Pour les traitements longue durée, on passe à la "prime mensuelle" de 5.000 à 15.000 F.CFA (7,62 à 22,87 euros).

"Pour des personnes envoûtées, nous faisons parfois de petits sacrifices. Et là, n’importe quel tradipraticien ne peut intervenir", remarque Adjoua, qui admet que des "brebis galeuses" sont dans la profession.

"Ils ne maîtrisent aucune plante. Ce sont de vrais escrocs qui compliquent la situation des patients", déplore une tradipraticienne de Bè-Kpota, à la périphérie de Lomé.

Un gynécologue d’une clinique privée de Lomé, Jean-Eudes Gbékou, observe que les tradipraticiens "rendent vraiment le travail difficile".

"Le mois dernier, nous avons hospitalisé une femme traitée pendant quatre mois par un tradipraticien, alors qu’elle portait un fibrome de plus de 2 kg. Elle a saigné pendant plus d’un mois, après avoir avalé une multitude de produits", déplore ce gynécologue.

AFP

 

© Copyright AFP - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
jeudi
23 mars 2017
Lomé °C (à 0h)