Anophèle

La lutte contre le paludisme continue de se heurter à l’insuffisance du financement des traitements

par Le Monde (France) , le 25 avril 2003, publié sur ufctogo.com

Le paludisme "tue un enfant africain toutes les trente secondes", les enfants d’Afrique représentant l’essentiel du million de personnes mourant chaque année de cette maladie dans le monde, a souligné l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi 25 avril, journée africaine contre le paludisme.

 

L’OMS, dont le siège est à Genève, indique également que le paludisme est la principale cause de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans sur ce continent. Sur au moins 300 millions de cas graves de paludisme par an dans le monde, il y a un million de décès, dont environ 90 % pour la seule Afrique, déplore l’organisation.

"Le paludisme provoque plus de problèmes de santé et de décès en Afrique qu’aucune autre maladie, et touche particulièrement les enfants et les femmes enceintes", a, de son côté, déclaré la ministre du développement international britannique, Clare Short, vendredi, à Londres, à l’ouverture d’une conférence des Nations unies également à l’occasion de la journée africaine contre le paludisme. "Le pire est que beaucoup de cela peut être évité, et nous pourrions faire infiniment mieux", a-t-elle ajouté, appelant à une action plus "énergique" dans la lutte contre le paludisme.

Considéré comme une maladie de la pauvreté, le paludisme, maladie parasitaire transmise par un moustique femelle, l’anophèle, est dans le même temps cause de pauvreté, la croissance économique annuelle étant plus faible dans les pays très touchés que dans ceux qui sont épargnés. "D’après des estimations, le paludisme coûte à l’Afrique plus de 12 milliards de dollars (10,8 milliards d’euros) par an en PIB (produit intérieur brut) perdu, alors qu’il pourrait être endigué avec une partie de cette somme", selon l’OMS, qui, avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), a rédigé, pour la première fois depuis une décennie, un rapport complet sur le paludisme en Afrique.

MANQUE DE FINANCEMENT

Mais l’un des plus grands défis auxquels l’Afrique est confrontée dans la lutte contre cette maladie est la résistance de l’anophèle aux médicaments antipaludéens, notamment au moins onéreux et au plus utilisé d’entre eux, la chloroquine. "Les objectifs du G8 (les huit pays les plus industrialisés) et des chefs d’Etat africains visant à réduire de moitié la mortalité due au paludisme d’ici à l’an 2010 demeureront un rêve irréalisable, à moins que les donateurs ne décident clairement de financer un traitement efficace", selon l’organisation humanitaire Médecins sans frontières.

L’OMS rappelle, de son côté, qu’il existe des moyens efficaces et peu onéreux de soigner, prévenir et contrôler cette maladie, comme des moustiquaires imprégnées d’insecticide, dont l’usage est encouragé dans le cadre du partenariat mondial dans la lutte contre le paludisme, lancé en 1998. Mais actuellement, moins de 3 % des enfants dans cette région utilisent ces moustiquaires, selon le docteur Jane Crawlay, consultante de l’OMS sur le paludisme. Près de vingt pays africains ont d’ailleurs réduit ou supprimé les taxes et droits de douane sur ces moustiquaires afin de les rendre plus abordables. Une moustiquaire, qui peut durer trois ans, coûte entre 4 et 6 dollars, alors que dans de nombreux pays africains, les habitants n’ont qu’un dollar par jour pour vivre, a relevé Alan Court, responsable de l’Unicef, à Londres.

A l’heure actuelle, environ 20 % de la population mondiale, pour la plupart dans les pays les plus pauvres, est exposée au risque de paludisme.

Le Monde avec AFP

 

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