Dignité

La lutte continue

par Séna ALIPUI , le 31 août 2004, publié sur ufctogo.com

 

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Photo © www.ac-toulouse.fr

Le Togo, notre pays semble être au point mort depuis plusieurs mois. Cette apparente léthargie est le résultat du coup de force électoral qu’a opéré monsieur Eyadema il y a un peu plus d’un an lors des élections présidentielles de Juin 2003.
Une fois son fauteuil présidentiel à l’abri, comme d’habitude, monsieur Eyadema promet la lune et muni d’une pelle commence à creuser la terre pour aller chercher la lune.
Notre général fait semblant de desserrer la ceinture : 22 engagements, liberté de presse, libération des prisonniers. C’est normal, nous ne sommes pas en année électorale la situation politique française ne pourrait lui être plus favorable même si une certaine lassitude à son égard commence à se faire sentir.

Le peuple, traumatisé par la brutalité du régime militaire attend patiemment que les conditions soient plus favorables à sa libération. La liberté, beaucoup de Togolais en rêvent.
La liberté de pouvoir se déplacer du nord au sud, de l’est à l’ouest en toute sécurité.
La liberté de pouvoir exprimer sa pensée sans se retrouver au cimetière ou en prison.
La liberté de pouvoir choisir son représentant à l’assemblée nationale.
La liberté de pouvoir choisir son président de la République.
La liberté de jouir de son salaire ou de sa pension lorsqu’on a travaillé.
La liberté de pouvoir être un humain à part entière et d’avoir ses droits élémentaires respectés.

Ces différentes libertés que nous énumérons ici et dont la liste est loin d’être exhaustive sont celles dont rêvent la plupart des Togolais en ce début de 21 ème siècle.
Les Togolais ne peuvent qu’en rêver actuellement parce qu’ils ne peuvent pas jouir de ces libertés en ce moment.
Une bonne part de ces libertés chèrement acquises par nos grands-parents et qui devaient bénéficier à tout ceux qui vivaient et à ceux qui étaient appelés à naître sur ce territoire ont été confisqués en une nuit par un homme, par un acte.

Le plus triste dans tout cela c’est que l’homme qui a confisqué la liberté de tout un peuple n’est même pas en mesure d’en jouir.
De jour comme nuit, il n’est pas libre. Valse de gardes du corps et de chef de sa sécurité rapprochée. Purges répétées dans les forces armées pourtant crées à son image.
Arrestations massives de civils et de militaires dont bon nombre le sont pour des complots aussi imaginaires que fabriqués par lui-même ou son entourage.
Confiscation de terrains autour de sa résidence privée, blocages d’avenues entières lors de son passage. Je vous fais grâce des confiscations de vies humaines.
L’homme s’arme comme si le pays préparait une guerre.
L’homme agit comme si toutes ces armes pouvaient le protéger contre un peuple en colère.

L’homme qui a confisqué notre liberté n’est plus libre. Il craint les siens et craint le peuple.

Nous souffrons et lui aussi souffre or c’est lui qui nous fait souffrir et par ricochet perpétue sa souffrance. Même quand nous lui disons que nous lui pardonnons tout, pourvu qu’il arrête il continue et excelle dans ce qu’on lui reprochait.

Quand le peuple a pris son courage à deux mains pour lui réclamer plus de libertés il a répondu par le langage qu’il maîtrise le mieux : la violence.
Le peuple à qui il s’est imposé comme chef pour le mener à la paix à la sécurité et au développement est devenu un peuple dont une partie est au cimetière, une partie en exil et le reste traumatisé par autant de brutalité, de violence aveugle.
Pour cette facture humaine salée, digne d’un pays ayant connu une petite guerre, la marchandise n’est pas au rendez-vous. Il n’y a ni paix, ni sécurité, ni développement, la démocratie n’étant pas dans son agenda.

Le Togo navigue entre le surendettement et une grave crise sociale. Toutes ces dettes n’ont même pas profité à ceux au nom de qui on a fait les emprunts.

Il n’y a pas de paix, car les frustrations qu’a causées ce régime touchent bon nombre de familles et la rancune devient tenace. Dans ce calme qui n’a rien à voir avec la paix, le peuple Togolais se meure.
Quant à la sécurité, il n’y a qu’à voir comment se protège le chef de l’état pour comprendre que pour les citoyens ordinaires, être en sécurité au Togo c’est un luxe.

Quant au développement, le problème est plus général mais on note un excès de zèle dans le mauvais sens au Togo.
L’argent est régulièrement gaspillé pour financer la mouvance présidentielle et les onéreux
Tours de prestidigitation qu’elle nous offre.

Trente cinq ans après le fameux appel du 30 Août 1969, on peut dire que le le régime RPT est son chef ont échoué parce qu’ils ont tourné le dos au peuple Togolais, ils ont tourné le dos à l’avenir du Togo.

Les politiciens épris de paix s’adonnent au Dialogue auquel ils ont été invités par la mouvance présidentielle qui a besoin de l’aide l’Union Européenne pour financer son train de vie.
En réalité il faut se demander que vaut le dialogue si la parole donnée a peu ou pas de valeur ?
Je considère la démarche de l’opposition comme étant une approche de bonne foi pour prouver qu’elle est déterminée à trouver une solution pacifique à la crise Togolaise.
La bonne foi de la mouvance a été testée à maintes reprises et est encore à l’épreuve, le peuple appréciera.

Pour ma part, le message que je voudrais faire passer aujourd’hui est que les Togolais ne doivent pas se décourager, notre cause est bonne, notre cause est juste et même si les circonstances nous sont particulièrement défavorables aujourd’hui, la lutte doit se poursuivre.
D’autres pays ont connu des situations plus difficiles et par leur constance dans la lutte et la justesse de leur cause ont obtenu gain de cause.

Les partis politiques et la société civile doivent tirer des leçons de leurs erreurs passées et prendre des initiatives dans le sens de la consolidation du leadership du palmier pour la poursuite de la lutte.
Nous devons mettre ce temps défavorable à profit pour faire un travail intérieur au niveau des différents partis politiques et de la société civile pour améliorer notre action, pour être dans une meilleure posture pour mettre fin à ce régime afin que ce que nous vivons, nos enfants n’aient pas à le vivre et que la terre de nos aïeux retrouve sa dignité.

La lutte continue.

Détia Kpoé Leyi, Eblia Kotokou mé bé nona.

Séna ALIPUI

 

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