Dialogue inter togolais

La facilitation récusée par tous

par Togoforum , le 1er février 2002, publié sur ufctogo.com

 

La facilitation au dialogue inter togolais fait l’objet d’un rejet unanime dans la classe politque togolaise dans son ensemble. Les raisons évoqués par la mouvance présidentielle et l’opposition sont aussi inconciables que celles qui sont à l’origine de la crise qui dure depuis 1991.

La récusation de la facilitation semble avoir atteint son paroxisme le 30 janvier 2002 à Lomé et à Paris. En effet, pendant que le ministre togolais des affaires étrangères, M. Koffi Panou livrait sa version de la vérité devant un parterre impressionnant de diplomates accrédités au Togo, le Comité Togolais de Résistance organisait à Paris, un seeting sous le balcon du facilitateur français Bernard Stasi en guise de protestation contre la condamnation par ce dernier de la position de son homologue allemand, M. Von Stupnagel.

M Koffi Panou, devant une audience attentive, a fait l’historique de la crise politique togolaise en mettant surtout l’accent sur les failles de l’opposition et en reprochant aux facilitateurs leur manque de fermeté vis-à-vis de celle-ci. Il semble qu’aux yeux du gouvernement togolais, la facilitation appartienne désormais à l’histoire et que les représentations diplomatiques et consulaires au Togo devraientt entrer en jeu et tenir le language suivant à l’opposition : « Ou bien vous rentrez dans le jeu politique au Togo et vous mettez fin à votre comportement actuel, ou bien vous serez exclu et il ne sera plus question alors de vous lamenter auprès de nous sur l’absence d’un réel dialogue au Togo » Citation des propos de M. Panu reprise par Togonews.

De son côté, M. Isidore Latzo, fustigeant la position du facilitateur francais sur les antenne de RFI, a dit que « M. Stupnagel ne faisait que dire la vérité. Ce que nous savions depuis longtemps. M Stasi aurait dû prendre ses responsabilités et aller dans le même sens. »

S’agissant de la facilitation proprement dite, M. Latzo a tenu à rappeler ce que representait aux yeux de son mouvement la médiation au Togo. Il a dit en substance : « Vous savez que le CTR dès le déart a émis les reserves des plus expresses sur la facilitation. Cette facilitation avait pour objetif d’appuyer le dictateur, jusq’en l’an 2003. Et Les faits nous donnent raisons aujourd’hui. »

Comme pour rappeler aux diplomates et autres réprésentants de divers organismes ce qu’ils perdaient avec le blocage actuel au Togo, le ministre togolais des affaires étrangères leur a lancé ce qui suit : « Vous seriez sans doute plus heureux si vous vous occupiez de projets de développement en faveur du Togo plutôt que de consacrer votre temps, que nous savons précieux, à observer les querelles entre frères togolais »

Au mincro de Karine Frank de RFI, l’Union des Force de Changement (UFC), par la voix de Godwin Tété, s’est interrogé sur l’existence même de ladite facilitation. Il s’est interrogé en ces termes : « D’abord nous vourions savoir si médiation il y a encore. Théoriqement, on nous dit qu’elle doit aller jusqu’au mois de mai. Mais de facto nous voudrions savoir avec quel contenu ? Qu’est-ce qu’on peut attendre encore de cette mediation là, si médiation il y a enore. »

Repondant aux reproches de partialité dont l’opposition dans sa majorité le rend coupable, le facilitateur français Bernard Stasi a fait la mise au point suivante, toujours sur RFI le 30 janvier 2002 : « Si le processus est bloqué, c’est parce qu’il n’ y a de bonne volonté, ni de part de la mouvance presidentielle, ni de la part de l’opposition. Nous sommes des boucs emissaries commodes, pour les uns comme pour les autres. Il s’agit de savoir ce que veulent les responsables politiques togolais. S’ils veulent que les facilitateurs s’en aillent, ils s’en iront. Vous savez, il y a des choses plus amusantes que d’aller tous les deux mois au Togo pour se faire traîner dans la boue. Si personne ne veut plus de nous, je dirais, eh bien, bonne chance. »

Monsieur Koffi Panu a dans sa conférence du 30 janvier 2002 fait un aveu édifiant qu’on entend très rarement au sein de la classe politique togolaise en général. Opposition et camp presidential considérés. Estimant que l’opposition togolaise refusait de se prêter au vrai jeu démocratique, M. Panu a fait remarqué : « L’opposition veut conquérir le pouvoir, la majorité souhaite le conserver ; rien de plus normal »

Ce qui est anormal est évidemment que la conquête et le maintien du pouvoir au Togo se fasse au détriment du peuple. En effet, le pouvoir pour le pouvoir semble être le programme de société des homes politiques togolais. Si tel n’était pas le cas, le Togo serait depuis longtemps en démocratie et sur la voie du progress et du développement.

Mathias AKOULANSA

 

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