L’après élection

La difficile équation du consensus

par Le Pays (Burkina) , le 15 juillet 2003, publié sur ufctogo.com

Le Président togolais, Gnassingbé Eyadéma, réussira-t-il à former un gouvernement d’union nationale ? Suite à la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 1er juin dernier, il avait déjà annoncé les couleurs : "Il y aura de la place pour tout le monde", avait-il notamment déclaré.

 

Aujourd’hui, il revient à la charge avec insistance. Mais cet appel semble n’avoir pas été entendu par les opposants de poids dignes de foi. L’Union des forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio vient en effet de rejeter les propositions de l’homme fort du Togo. Pour le parti d’opposition le plus crédible de ce pays, il n’est pas question de "légitimer le pouvoir dictatorial" du président Eyadéma. S’inscrire dans cette logique serait "suicidaire" d’autant plus que l’opposition en sortirait complètement défigurée. Mais comble du ridicule, certains opposants sans scrupules iront goûter à la soupe aigre-douce du général-président. De ce fait, ils compromettront l’élan de la "fragile étincelle démocratique" que Eyadéma s’est attelé jusque-là à étouffer.

Le président togolais a en effet verrouillé le système à ses opposants politiques. Du moins à ceux qui inspirent la confiance aux yeux du peuple togolais. Les opposants de circonstance, eux, toujours aptes à retourner la veste, seront évidemment utilisés par Eyadéma pour justifier et "légitimer" son pouvoir aux yeux de la communauté internationale. Mais les faits sont têtus et le président togolais pourrait se "cramer les ailes".

Tenez ! en 1998, "l’enfant terrible de Pya" avait annoncé en grande pompe qu’il ne se représenterait plus à la magistrature suprême. Mais très vite, il a modifié la constitution afin de briguer un ènième mandat présidentiel. En fait, ces élections ne sont qu’une simple formalité et le régime togolais aurait dû faire l’économie des sommes engagées dans ces "kermesses" dont la trame est d’avance verrouillée. Eyadéma devrait se contenter de se maintenir au pouvoir au lieu de s’obliger à organiser des élections. Cela aurait au moins l’avantage d’éviter aux Togolais de rêver inutilement d’une alternance. Cela aurait aussi permis d’éviter des morts, notamment ceux qui tombent à chaque épisode de feuilleton électoral sous les balles de la soldatesque présidentielle. De toute évidence, de tels actes desservent le régime togolais. Pour préserver son amour propre, il convient donc que le pouvoir du général-président arrête ces plaisanteries de mauvais goût dont l’objectif est de présenter aux observateurs, des "apparences démocratiques".

Aujourd’hui, on se demande bien qui de Gnassingbé Eyadéma et de Bob Akitani a gagné les élections présidentielles du 1er juin dernier. Au lendemain du scrutin, le candidat de l’UFC, sentant le couperet d’Eyadéma lui planer sur la tête, avait vite fait de dénoncer la "machination" : "Comme en 1998, le régime en place veut vous voler votre victoire acquise au prix de mille sacrifices. Je voudrais vous assurer avec la plus grande fermeté que nous ne nous laisserons plus confisquer notre victoire par ceux qui vous ont réduit à la misère. Nous devons mettre un terme au règne du gangstérisme et de la raison du plus fort, dans notre pays", avait-il déclaré au peuple togolais.

Plus triste est l’attitude de certaines puissances occidentales vis-à-vis des Etats africains. Et à chaque fois, ce sont les populations qui en paient le plus lourd tribut.

C’est du reste pourquoi il importe que les pays africains prennent leurs responsabilités. Les organisations sous-régionales devraient, elles aussi, entrer en scène pour éviter que le pire n’arrive au Togo. Il importe d’étouffer très rapidement les germes de l’implosion afin qu’un scénario à l’ivoirienne ne se reproduise encore en Afrique. En cela, la nouvelle Union africaine est investie d’une mission capitale. Car, de toute évidence, aucun développement fiable et viable ne peut se construire dans un climat d’instabilité chronique.

 

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