Togo

La démission de Gnassingbé ne résout pas la crise

par Le Figaro (France) , le 28 février 2005, publié sur ufctogo.com

Le fils d’Eyadéma renonce provisoirement au pouvoir.

 

Le Togo est rentré dans le rang. Vendredi soir, dans un discours télévisé, le nouvel homme fort du pays, Faure Gnassingbé, a annoncé qu’il renonçait à la présidence. Une décision prise sous la contrainte des sanctions internationales qui s’étaient abattues sur le pays après le coup d’Etat qui avait porté « Faure » au pouvoir. Au lendemain de la mort de Gnassingbé Eyadéma, au terme de trente-huit ans d’une dictature sans partage, l’armée avait « élu » le fils du despote par le biais d’un tripatouillage constitutionnel entériné par un Parlement aux ordres.

L’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avaient banni le Togo de toutes leurs instances. Depuis Lomé tentait de revenir en grâce. Lundi dernier, les autorités togolaises avaient ainsi fait part de leur intention d’organiser « dans soixante jours » une élection présidentielle. Mais Olusegun Obasanjo, le puissant dirigeant nigérian et président en titre de l’UA, refusait cette demi-mesure et exigeait un « retour total à l’ordre constitutionnel ». En démissionnant, Faure Gnassingbé a choisi de mettre un terme à ce bras de fer sans issue. C’est Abass Bonfoh, un proche du pouvoir, qui assurera l’intérim jusqu’à l’élection, à laquelle Gnassingbé a d’ores et déjà annoncé sa candidature.

Dès samedi, l’UA et la Cedeao « saluaient cette décision » en levant les sanctions infligées au Togo. Les Etats-Unis et la France ont aussi bien accueilli le départ de Gnassingbé qui, selon Paris, démontre « le sens de l’intérêt national des responsables togolais ». Olusegun Obasanjo doit se rendre aujourd’hui à Lomé avec les présidents nigérien et ghanéen, Tandja Mamadou et John Kufuor.

La crise n’est pas terminée. Elle risque même de s’aggraver. Les observateurs sont sceptiques sur la possibilité de mettre en place un scrutin libre et surtout ouvert. La Constitution togolaise, tricotée sur mesure par le dictateur défunt, exige des candidats à la présidentielle qu’ils résident depuis au moins un an au Togo. Sous des allures anodines, l’artifice exclut de facto la plupart des prétendants sérieux, à commencer par l’opposant historique à la famille Eyadéma, Gilchrist Olympio. Le fils du premier président togolais vit en exil forcé en France depuis 1992. Il avait alors échappé de justesse à une tentative d’assassinat.

Samedi, la manifestation organisée dans les rues de la capitale par les partis d’opposition était hérissée de banderoles proclamant « pas d’élection présidentielle sans Olympio ». Or, pour l’heure, les autorités sont restées silencieuses sur cette délicate question. Les militaires ne sont sans doute pas décidés à céder à cette nouvelle exigence. Ils gardent en mémoire le scrutin de 1998. Gilchrist Olympio avait alors été sur le point de l’emporter, avant que le dépouillement ne soit brutalement interrompu et Eyadéma déclaré vainqueur.

Par Tanguy Berthemet

 

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