Dialogue ?

La censure n’a pas cessé !

par UFC , le 19 octobre 2004, publié sur ufctogo.com

Point de presse de l’UFC pour informer l’opinion de la censure par la Télévision Togolaise de son intervention lors de la réunion du 14 octobre 2004 au CASEF

 

Oui ! nous savions par avance que la bande et son chef qui nous gouvernent n’ont aucun sens de l’honneur, ni celui du respect de la parole donnée ou des engagements pris.

Et, au lendemain de l’ouverture des consultations avec l’Union européenne, le 14 avril dernier, nous avons manifesté notre volonté de vigilance. Nous l’exerçons avec rigueur et sans relâche. Personne au Togo ne se laisse abuser par un régime subitement devenu honorable et respectueux des principes démocratiques et de l’Etat de droit. Les intimidations se font plus insidieuses, les invectives, les mensonges sont toujours de mise dans les médias. La censure n’a pas cessé !

Dans le fond, qu’est-ce qui a véritablement changé au Togo ? Rien ! Eyadéma est toujours aussi vomi par le peuple togolais. Veut-il vraiment savoir ce qu’on pense de lui dans les chaumières les plus reculées, voire dans sa propre maison, qu’il se déguise et arpente incognito les rues de Lomé. Que les margoulins qui constituent sa cour se fondent dans la foule pour connaître le ressentiment du peuple, la colère qui sourd et qui les frappera inéluctablement !

Eyadéma et sa bande ont fait main basse sur le Togo : toutes les institutions sont aux mains de ces détrousseurs. La Cour constitutionnelle est aux ordres avec des magistrats félons ! La Haute Autorité de l’audiovisuel est toujours la chose du dictateur. Le Parlement est un repaire de voyous serviles qui savent de qui tenir ! Ainsi va la vie au Togo : rien n’y a changé ! Le dialogue que ce « gouvernement » (sic) s’était engagé à tenir avec l’opposition n’a toujours pas lieu.

Le gouvernement contourne la mise en œuvre des engagements. Il ne tient qu’un discours : la reprise de la coopération avec l’Union européenne. Mais après, sans consensus la crise demeure, la tension persistera et Eyadéma et sa bande resteront alors des assiégés jusqu’à ce que l’exaspération étant véritablement à son comble, le peuple lui-même se lève pour briser les chaînes de l’oppression qui dure depuis 40 ans !

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Lomé, le 19 octobre 2004

Point de presse de l’UFC
(Pour informer l’opinion de la censure par la Télévision Togolaise de son intervention lors de la réunion du 14 octobre 2004 au CASEF)

Les responsables de l’UFC qui ont pris part, le jeudi 14 octobre 2004, à la réunion convoquée par le Premier Ministre pour examiner « l’avant projet de Code Electoral », ont été surpris de constater lors de la diffusion télévisée du débat au journal de 20H00 le même jour, que l’intervention du Secrétaire Général de l’UFC Jean-Pierre Fabre, juste avant le départ des trois partis UFC, CAR et CDPA, a été amputée de toute sa substance. Seule, la première phrase, « je n’interviens pas sur l’article 11 » et la dernière phrase « et maintenant nous demandons à partir » ont été maintenues.

En effet, avant de quitter la réunion, l’UFC a tenu à répondre aux affirmations inexactes de MM Moussa Barqué et Dama Dramani, de la délégation du pouvoir, l’un justifiant les modifications unilatérales et pernicieuses du cadre électoral par l’incapacité de la CENI à commander des cartes électorales, l’autre accusant sans sourciller, l’UFC d’avoir transporté de force, pour dépouillement, des urnes sur le parvis de la Mairie de Lomé, lors de la présidentielle du 21 juin 1998.

Le Secrétaire Général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre a déclaré en substance ce qui suit.

« Après la dernière intervention de M. Aduayom, la mienne n’est peut-être pas nécessaire. Je n’ai pas la prétention de répondre à tout ce qui vient d’être dit, toutes les réponses se trouvent dans le texte de la déclaration que nous avons lue en début de réunion. Le contenu de ce texte donne toutes les explications de notre position. Ce n’est peut-être pas important d’intervenir, mais c’est nécessaire pour l’Histoire. Je voudrais rectifier deux inexactitudes qui ont été exprimées tout à l’heure. Lorsque face à des inexactitudes, on préfère garder le silence tellement celles-ci sont grossières, les auteurs de ces inexactitudes estiment, soit que l’on est incapable d’y répondre, soit que les inexactitudes peuvent être considérées comme véridiques. Je ne peux donc pas laisser dire certaines choses. Mon intervention va porter sur deux points.

Le premier point concerne l’accusation de M. Dramani, selon laquelle c’est l’UF qui, lors de la présidentielle de 1998, a transporté de force, les urnes à la mairie de Lomé et organisé le dépouillement sur le parvis. Cette affirmation est complètement fausse.

C’est le capitaine Ati, qui a décidé de force de faire transporter les urnes à la mairie de Lomé malgré mon opposition ferme, fondée sur l’article du Code électoral, que je lui ait cité, et qui prescrit le dépouillement dans le bureau de vote. En dépit de cela il a passé outre. Je vous précise que les urnes ont été transportées par des camions de transport de troupe conduits par des militaires. D’ailleurs, certains de ces véhicules, au lieu de se rendre à la mairie, ont pris la direction de la route de l’aéroport, et se sont arrêtés face à l’immeuble « Supertaco » où ces urnes ont été détruites. Je ne vois pas comment l’UFC peut contraindre des militaires à transporter des urnes. Madame Henriette Kuévi, (à l’époque membre de la commission administrative de la mairie de Lomé), a assisté à l’altercation entre le capitaine ATI et moi. Elle est toujours vivante. Et elle n’est pas membre de l’UFC.
Le deuxième point de mon intervention concerne l’affirmation de M. Barqué selon laquelle c’est l’incapacité de la CENI à commander la moindre carte d’électeur qui est à l’origine des modifications du Code Electoral. Il n’en est rien. En fait, les modifications introduites dans le Cadre Electoral procèdent de la volonté du gouvernement d’introduire des dispositions qui lui permettent de gagner à coup sûr et frauduleusement les élections. Car, quel lien y a-il entre l’incapacité de la CENI à commander des cartes d’électeurs et l’introduction du mode de scrutin à un tour, ainsi que des mesures discriminatoires aussi bien dans le Code électoral que dans la Constitution ? En fait, le gouvernement a opéré, et je pèse mes mots, un coup de force contre l’Accord-cadre de Lomé. Vous avez ligoté le processus électoral pour vous assurer la victoire aux élections.

Et maintenant conformément à l’avant dernier paragraphe de la première page de la déclaration que nous avons remise, en début de réunion, selon laquelle nous ne sommes pas venus pour participer au débat, nous demandons à partir. »

L’intervention a subi une amputation qui a fait disparaître l’essentiel, à savoir, les deux réponses pour lesquelles elle a été demandée. A la suite de ce préjudice grave qu’elle a subi, l’UFC tient à faire les observations suivantes.

1- C’est le pouvoir RPT qui a exigé lors de la réunion du 10 septembre 2004, l’enregistrement des débats au motif que l’opposition est malhonnête et qu’elle ment régulièrement en revenant sur ce qu’elle dit. Chacun se souvient que le pouvoir RPT a accusé l’opposition d’avoir refusé l’enregistrement des débats, sous-entendant qu’elle en a peur parce qu’elle ne peut plus tricher.

2- La première mise en pratique de la décision d’enregistrement des réunions a montré que le tricheur n’est pas du côté où on le désignait. Car, c’est bien le gouvernement qui vient de faire la preuve de sa malhonnêteté en procédant à une manipulation de l’enregistrement pour dénaturer l’intervention de l’UFC, ou mieux pour la vider complètement de son objet.

3- La manipulation de l’enregistrement de la réunion du 14 octobre 2004 pour abuser les populations, fait partie des pratiques et méthodes qui sont à l’origine de la crise togolaise. Elle vaut aveu des fraudes, forfaits et coups de force commis par le régime aussi bien en 1998, lors de la présidentielle, qu’en 2002 et 2003 contre la CENI et l’Accord-cadre de Lomé, faits sur lesquels l’intervention censurée du Secrétaire Général de l’UFC apporte éclairage et analyse.

- Si le pouvoir RPT n’a pas voulu que l’intervention du Secrétaire Général de l’UFC soit entendue, c’est parce qu’il veut éviter à tout prix que les populations togolaises ainsi que la communauté internationale se rappellent que le capitaine ATI, commandant de la force de sécurité des élections (FORS) en 1998, a transporté de force des urnes par camions militaires, violé en conséquence le Code Electoral qui prescrit le dépouillement dans le bureau de vote et fait détruire des urnes devant le Supermarché Supertaco. C’est aussi parce que le pouvoir RPT veut éviter à tout prix que les populations togolaises et la communauté internationale apprennent que la prétendue force de sécurité des élections a participé à la fraude électorale lors de la Présidentielle de 1998. Les précisions rappelées par le Secrétaire Général de l’UFC mettent à nu le rôle que le régime RPT fait jouer aux forces de sécurité dans l’organisation des fraudes électorales.

- Si le pouvoir RPT n’a pas voulu que l’intervention de l’UFC soit suivie, c’est parce qu’il veut éviter à tout prix que les populations n’aient la confirmation de ce qu’elles connaissent déjà, à savoir que les modifications successives du cadre électoral ne visent qu’à donner au régime les moyens de remporter frauduleusement les élections, sachant qu’il ne peut avoir la majorité des populations avec lui.

Le Secrétaire Général de l’UFC l’a montré dans son intervention, ce n’est pas à cause d’une prétendue incapacité de la CENI à commander des cartes d’électeurs que le régime RPT a modifié le cadre électoral. Il n’y a, en effet, aucun lien entre la prétendue incapacité de la CENI à commander des cartes d’électeurs et l’introduction du mode de scrutin à un tour ainsi que celle des mesures d’exclusion de nationalité et de résidence dans le cadre électoral. L’UFC na pas jugé nécessaire de multiplier les exemples.

Car, elle aurait pu ajouter qu’il n’y a aucun lien entre la prétendue incapacité de la CENI à commander des cartes d’électeur et la modification de la limitation du nombre de mandat présidentiel. Comme il n’y a aucun lien entre la prétendue incapacité de la CENI à commander des cartes d’électeur et la modification unilatérale du régime politique togolais qui passe d’un régime monocaméral à un régime bicaméral par l’adjonction à l’Assemblée nationale, d’un sénat dont le tiers des membres est nommé par le chef de l’Etat. Comme il n’ y a aucun lien entre la prétendue incapacité de la CENI à commander des cartes d’électeur et la modification du préambule de la Constitution. Etc..

L’UFC a conclu que le pouvoir RPT, par ses nombreuses modifications du cadre électoral, cinq en quatre ans, a perpétré, en réalité, un coup de force contre l’Accord-cadre de Lomé (ACL).

4- La manipulation de l’intervention de l’UFC lors de la réunion du 14 octobre 2004, confirme la justesse de notre dernière évaluation de la mise en œuvre des 22 engagements, notamment de l’engagement 1.4 relatif à l’accès équitable aux média d’Etat, évaluation selon laquelle ces media demeurent confisqués par l’Etat au seul profit du pouvoir RPT qui en use selon son bon vouloir. Notre dernière évaluation a fait l’objet d’une lettre en date du 1er octobre 2004 que nous avons adressée au Premier ministre

Cette évaluation a valu à l’UFC une volée de bois verts de la part du Premier Ministre qui nous a accusé de chercher à saboter les efforts du gouvernement et d’être déterminé à empêcher la normalisation des relations entre le Togo et l’Union Européenne. Malheureusement pour lui, les faits n’ont pas tardé à donner raison à l’UFC.

5- L’UFC a adressé le 15 octobre 2004, une lettre au Premier Ministre pour demander que l’intervention originelle du Secrétaire Général de l’UFC, soit diffusée fidèlement sur les média publics. Aucune réponse ne lui a été donnée et réparation ne lui a pas été accordée.

6- L’UFC a compris que l’objectif de ce montage est d’abuser, une fois encore, la communauté internationale en lui présentant l’enregistrement de la séance du 14 octobre 2004, comme un effort du gouvernement pour l’instauration d’un débat démocratique et l’ouverture équitable des média publics à l’opposition. Malheureusement, le régime n’a pas pu résister à la tentation de procéder à des coupes dans les interventions, afin de dénaturer les propos. L’UFC exige en conséquence que cet enregistrement falsifié soit retiré de la circulation au profit de l’enregistrement originel, particulièrement à l’extérieur du pays où le régime le distribue abondamment.

7- Cet acte qui manifeste la duplicité du régime, justifie, si besoin en est encore, le rejet par l’UFC, le CAR et la CDPA, des conditions actuelles de l’organisation du dialogue prescrit par l’engagement 1.1, et subsidiairement de l’avant-projet de Code Electoral scélérat que le gouvernement prétend avoir fait adopter. Comment croire à la sincérité d’un régime qui affirme prendre l’opinion à témoin de sa bonne foi, de son acceptation du débat démocratique et de sa volonté d’organiser des élections équitables, transparentes et démocratiques, alors qu’il empêche par des manœuvres grossières, ses adversaires de faire connaître publiquement leur opinion et leurs idées ?

L’UFC a tenu à informer l’opinion nationale et la communauté internationale de l’acte grave que viennent de poser les autorités togolaises et qui s’inscrit dans la logique de l’attitude générale de ce gouvernement à l’égard des 22 engagements qu’il a pris à Bruxelles le 14 avril 2004 : le bluff et la confusion.

L’UFC invite les populations togolaises et la communauté internationale à en tirer toutes les conséquences.

 

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