Togo

La capitale togolaise en proie aux émeutes

par AFP , le 26 avril 2005, publié sur ufctogo.com

 

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Photo copyright AP Photo/Ben Curtis

Visages barbouillés de kaolin et de charbon noir, des jeunes opposants togolais préparent des cocktails molotov, alors que les coups de sifflets des guetteurs retentissent à l’arrivée des forces de l’ordre.
Les rues de Lomé se sont enflammées mardi, après l’annonce de la victoire de Faure Gnassingbé à l’élection présidentielle de dimanche.

"Ca c’est les bombes traditionnelles, on met des clous, des hameçons dedans, après on allume et on balance", explique un manifestant, en brandissant une bouteille remplie d’essence.

Des centaines de jeunes ont bloqué les rues dans différents quartiers de la capitale togolaise.

"Ils nous ont volé la victoire. On ne va jamais accepter ça, on va se battre jusqu’au bout, maintenant c’est eux ou nous", avertit un manifestant, tout en agitant sa machette sous le nez d’un journaliste de l’AFP.

"Tout cela c’est de la faute de Chirac, vous les Français-là, vous allez partir ou on va tous vous tuer", menace-t-il.

Calmé par ses camarades, il reprend sa place devant la barricade de bric et de broc installée au milieu de la rue de France, dans le quartier de Doulassamé. A côté de lui, des manifestants descellent des pavés qu’ils entassent comme réserve de projectiles.

Tout à coup, de fortes détonations retentissent. Une grenade lacrymogène explose à deux pas de la barricade. L’air devient rapidement irrespirable, et irrite violemment les yeux. Les manifestants tentent de reprendre leur souffle un peu plus loin.

Quelques policiers, à bord d’un pick-up bleu et blanc, avancent dans la rue encombrée, que d’autres agents à pied dégagent au fur et à mesure. D’une rue latérale débouche un autre petit groupe de policiers armés de matraques et d’un fusil lance-grenades. Un des policiers effectue un tir tendu de grenade lacrymogène sans sommation.

Dans une rue parallèle à ce quartier, à Amitiévé, les manifestants édifient de nouvelles barricades sur la voie principale. "Ils tirent à balle réelle. Il y a aussi des grenades, ils nous tuent ici. Deux personnes ont été blessées près de ce petit marché", affirme Léon, un opposant.

Une nouvelle fois, l’arrivée d’une jeep de l’armée, phares allumés, fait fuir les militants de l’opposition comme une volée de moineaux. A bord, sont installés huit militaires, fusils armés, prêts à tirer. Un commandant tente d’arracher sa caméra à un journaliste, menaçant de l’arrêter avant de renoncer après que l’un de ses hommes lui eut confirmé l’identité du journaliste.

Un peu plus loin, un véhicule tout-terrain, sans plaque, fonce dans la rue, et passe devant les forces de l’ordre sans être inquiété : à bord quatre hommes, casquettes et T-shirts blancs, pistolets automatiques neufs au poing.

Au centre médical Catalunya de la Croix rouge togolaise, une ambulance s’apprête à évacuer un homme en état de choc qui affirme avoir été tabassé par des militaires. Un responsable de la Croix rouge assure n’avoir soigné qu’un seul blessé pour le moment.

Sur le boulevard Dekon, non loin du quartier populaire de Bé, fief de l’opposition, les gendarmes et les policiers ont repris le contrôle de la situation mais continuent à patrouiller dans les "vons", ces petites ruelles de terre où les manifestants ont aussi dressé des barricades.

A l’angle d’une rue, un peu plus loin, quatre policiers bastonnent violemment à coup de gourdins un homme hurlant couché à l’arrière d’un pick-up.

A l’arrivée de journalistes, les policiers reprennent la route. La famille de l’homme explique que les forces de l’ordre sont venues le chercher chez lui, dans sa chambre. Les femmes hurlent et pleurent. "Ils peuvent revenir nous chercher aussi", disent-elles entre deux sanglots.

 

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