Cinéma

La Liste de Carla : rêve de justice

par UFCTOGO.COM , le 27 juillet 2007, publié sur ufctogo.com

Sorti le mercredi 9 mai, le documentaire du réalisateur suisse Marcel Schüpbach, « la liste de Carla », pose la question de la possibilité d’une justice sans frontières à travers la vie de Carla del Ponte, procureure du Tribunal Pénal International chargé de juger les criminels de guerre des Balkans en fuite.

Documentaire suisse de Marcel Schüpbach, 1 h 35. Pierre Grise Distribution.

 

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En 2005, Marcel Schüpbach a suivi cette personnalité hors du commun et à sa petite équipe dans les couloirs du tribunal de La Haye, au cours de ses déplacements dans les pays de l’ex-Yougoslavie et dans de nombreuses capitales européennes.... Le film se termine à New York, au moment où la procureure fait le bilan annuel de son action devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour la première fois, une caméra pénètre dans les coulisses du TPI et suit au jour le jour le travail du procureur et des membres de son équipe.
Récapitulant l’identité des personnes toujours recherchées, s’attardant sur l’affiche sur laquelle figurent leurs visages, « La Liste de Carla » raconte, dix ans après la fin de la guerre en Bosnie, cette ultime course-poursuite entre la justice internationale et les derniers fugitifs dont les anciens chefs bosno-serbes, Ratko Mladic et Radovan Karadzic et évoquent les multiples obstacles rencontrés. Dépendant pour les arrestations des polices nationales ou des forces militaires déployées dans les Balkans, la petite équipe ne cache pas ses doutes sur la volonté des États-Unis ou des Européens d’aboutir et Carla Del Ponte laisse entendre que les États-Unis ont sciemment laissé filer plusieurs fois Radovan Karadzic, comme liés par un accord ancien sur son départ du pouvoir à la fin de la guerre de Bosnie.
Le film conte en fait deux histoires, celle de Carla del Ponte, qui court la planète pour obtenir justice et celle des mères de Srebrenica, qui attendent depuis dix ans que justice soit faite. Nommée en 1999, cette magistrate suisse qui s’est fait connaître pour son caractère inflexible et son franc-parler est sans aucun doute la femme au monde la plus menacée et elle vit constamment depuis cette date sous haute protection policière. Le film campe l’atmosphère très particulière de cette vie sous tension entre chasse à l’homme et partie de poker, rythmée par un mélange de vérités et de mensonges, de tentatives de pression, de fausses nouvelles, des succès mais aussi d’espoirs déçus. Ainsi, la caméra de Marcel Schüpbach suit Carla Del Ponte en Serbie et en Croatie où elle tente de faire pression sur les autorités pour que leurs polices traquent les fuyards et l’on partage lors de réunions avec ses conseillers, leurs espoirs, leurs déceptions tout en admirant leur incroyable détermination car les résultats ne reposent que sur la volonté de fer de Carla del Ponte et de son équipe. « Je n’ai peur de rien. Je fais mon travail, sans relâche, et c’est tout. » , déclare-t-elle à un journaliste au cours du film.

Mais la force du film réside aussi dans ses zone d’ombre. En premier lieu, quand la procureure avoue la fascination qu’a exercé sur elle Slobodan Milosevic, l’ancien président yougoslave : "La manière dont il interrogeait certains témoins était fascinante. Il savait comment s’y prendre avec les gens. J’admirais cela. C’était le seul accusé qui se défendait seul. Il y a des accusés qui sont condamnés et dont on n’entend même pas la voix. Milosevic a toujours parlé. Il était président de la Yougoslavie et avait quelque chose de plus que les autres". En second, l’impunité dont jouissent encore l’ex-chef d’état-major bosno-serbe Ratko Mladic et l’ex-chef politique bosno-serbe Radovan Karadzic qui ne sont toujours pas tombés dans les griffes du TPI alors que celui-ci doit bientôt fermer, car l’ONU ne veut pas prolonger indéfiniment son activité.

A la question sur l’utilité de son combat , Carla del Ponte répond : " Personnellement, je pense que cela vaut la peine, mais pour un prochain conflit, pour démontrer que l’on peut juger les puissants. Si l’on abandonne sur ce sujet, on abandonne la planète à une sauvagerie sans limites."

Silly

 

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