Good morning Assinie

La Côte d’Ivoire sera un "Vietnam" pour la France, selon Mamadou Koulibaly

par Le Monde (France) , le 7 novembre 2004, publié sur ufctogo.com

La Côte d’Ivoire sera pour la France pire que le Vietnam et le gouvernement ivoirien est entré en "résistance" contre ce qui est perçu comme la mainmise française, a déclaré dimanche le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly.

 

Dans un entretien à la radio France Info, dimanche, Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, a déclaré que son pays était en résistance contre la France qui va connaître selon lui une situation pire qu’au Vietnam. Il a mis en garde contre des réactions "hyper-barabares" contre les ressortissants français, en cas d’actions militaires menées par les unités françaises déployées dans le pays.

"Nous sommes vraisemblablement partis pour une guerre longue, difficile, un bourbier pour les Français. Ce qui s’est passé (...) marque un point de rupture. Le Vietnam ne sera rien par rapport à ce que nous allons faire ici", a-t-il déclaré.

Evoquant les accrochages entre soldats français et unités ivoiriennes près de l’aéoroport d’Abidjan, il a mis en garde contre "ce type d’attitude (qui) peut entraîner n’importe quelles réactions hyper-barbares pour des Français qui n’ont rien à voir, qui ne font pas de politique, qui sont des hommes d’affaires prospères, qui vivent en Côte d’Ivoire depuis de très longues années". "Mais les jeunes qui voient leurs camarades mourir ne feront pas de tri", a assuré M. Koulibaly.

Interrogé sur les mesures que le gouvernement de Laurent Gbagbo compte prendre pour protéger les ressortissants français en Côte d’Ivoire, il a déclaré : "L’Etat de Côte d’Ivoire n’existe plus. C’est un prolongement de l’Etat français qu’il y a en Côte d’Ivoire".

Pour lui, "les autorités ivoiriennes se considèrent désormais comme des autorités rebelles au pouvoir français que Jacques Chirac essaye d’installer en Côte d’Ivoire et il y aura une résistance farouche. Les autorités ivoiriennes actuelles organiseront une résistance farouche", a-t-il répété. Il a également dénoncé la présence militaire française en Côte d’Ivoire : "Une base militare française en Côte d’Ivoire n’a pas de sens, sinon une volonté de domination de l’empire français", a-t-il estimé.

"Nous sommes une petite économie francophone, nous avons des liaisons historiques avec la France (...) pourquoi vouloir nécessairement recoloniser ce peuple qui déja adhère à la Francophonie. Nous voulons la liberté", a encore déclaré M. Coulibaly.

Le Monde avec AFP

Côte d’Ivoire : la France mis en accusation

Le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire Mamadou Coulibaly a accusé, aujourd’hui sur l’antenne de France-Inter, l’Etat français d’être de "connivence avec les rebelles", demandant que l’opération Licorne "libère le territoire et s’en aille".

"Depuis le début de cette crise, nous avons le sentiment et les preuves que c’est Jacques Chirac qui a armé les rebelles", a-t-il affirmé. "Aujourd’hui, ce que la population ivoirienne souhaite, ce que l’Etat ivoirien souhaite, (...) c’est que cette armée d’occupation libère le territoire et s’en aille".

"Nous sommes dans une situation d’occupation", a t-il poursuivi. "Nous sommes un Etat indépendant, du moins c’est ce que nous croyons, membre des Nations unies, c’est ce que nous croyons, mais nous sommes traités comme des incapables, toujours avec un tuteur, qui lui-même joue l’arbitre dans un conflit entre l’Etat ivoirien et les rebelles".

"Lorsque la crise ivoirienne a éclaté, l’Etat ivoirien a tout de suite fait appel aux autorités françaises pour que l’on applique le traité de coopération militaire et de défense", a-t-il rappelé. La ministre française de la Défense "a répondu que ce traité était caduc, et qu’il ne fallait pas compter sur la France pour cela".

Quant aux casques bleus de l’ONU déployés en Côte d’Ivoire, s’ils "peuvent avoir un mandat totalement indépendant de la France, pourquoi pas, on les accepte. Mais il se trouve que tous les mandats donnés à qui que ce soit par les Nations unies en Côte d’Ivoire procèdent de la tutelle française", a-t-il fait remarqué.

Au sujet des bombardements qui ont couté la vie à neuf soldats francais, il a expliqué qu’il s’agissait "d’un accident, comme ça arrive tout le temps, (...) surtout en temps de guerre" mais, a t-il ajouté, l’armée française a "occasionné une trentaine de morts" et "plus d’une centaine de blessés", qui "paient le prix du sang des neuf soldats français tués et des autres blessés".

Selon lui, "il ne s’agissait pas du tout de bombardements". "Nos militaires sont formels, les avions n’ont pas bombardé le camp militaire français. Il s’agit de projectiles rebelles lancés sur nos troupes, qui se trouvaient presque en face des installations de Licorne. Mal ajustés, ces projectiles ont frappé l’opération Licorne et ont fait des dégâts", a t-il assuré.

Il a aussi fait remarqué que les militaires français "tenaient" l’aéroport et les ponts, "empêchaient la population d’aller travailler" et "tuaient d’innocentes personnes civiles sur le pont et partout, simplement parce qu’elles allaient manifester". "Si les Français le font, c’est parce que désormais, la Côte d’Ivoire est devenu un territoire d’Outre-Mer dans l’esprit de Jacques Chirac".

tou-o.com - Visiter le site

 

© Copyright Le Monde (France) - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
vendredi
28 avril 2017
Lomé 30°C (à 23h)