Coup d’état

La Cedeao, les Etats-Unis et l’UE exigent le départ de Faure Gnassingbé

par Le Monde (France) , le 21 février 2005, publié sur ufctogo.com

La Cedeao, les Etats-Unis et l’UE exigent le départ de Faure Gnassingbé. Les manifestations se multiplient au Togo et à travers le monde.

 

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Le maintien au pouvoir du président investi, Faure Gnassingbé, malgré l’annonce de l’organisation d’une élection présidentielle au Togo, n’a satisfait ni la communauté internationale ni l’opposition, qui a massivement défilé, samedi 19 février à Lomé, contre le "coup d’Etat" à la tête du pays.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a imposé des sanctions au Togo, dont sa suspension de cette organisation, a annoncé samedi l’organisation. L’organisation a également décrété une interdiction de voyager pour les dirigeants togolais et les Etats membres ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs en poste à Lomé, selon un communiqué publié au siège de l’organisation à Abuja.

"Le président de la Cedeao, [le président nigérien] Mamadou Tandja a annoncé l’application de sanctions contre le Togo par l’organisation", annonce le communiqué. "Un comité composé du Bénin, du Ghana, du Mali, du Niger et du Nigeria travaillera avec le secrétaire exécutif (de la Cedeao) pour déterminer les modalités d’application des sanctions", poursuit le texte.

La Cedeao, composée de 15 pays membres, a été créée en 1975 pour promouvoir l’intégration économique et la stabilité de la région ouest-africaine. La Cedeao exigeait, après le décès du président Togolais Gnassingbé Eyadéma le 5 février, le respect de la Constitution togolaise qui prévoyait un intérim du président de l’Assemblée nationale et l’organisation d’une élection présidentielle dans les 60 jours. Mais dès ce décès, Faure Gnassingbé, un de ses fils, a été désigné par l’armée pour lui succéder et a été investi le 7 février, après que son accession au pouvoir eut été avalisée par les députés grâce à une modification express de la Constitution. Vendredi soir, M. Gnassingbé, en réponse aux pressions internationales, a annoncé son intention d’organiser un scrutin dans le délai prévu, mais a précisé qu’il entendait rester à la tête de l’Etat pendant l’intérim.

Président en exercice de l’Union africaine (UA) et principale puissance régionale, le président nigérian Olusegun Obasanjo avait dès samedi qualifié "d’inacceptable" cette décision, menaçant le Togo de sanctions. Remi Oyo, la porte-parole de M. Obasanjo, a affirmé qu’une délégation togolaise avait exposé samedi à M. Obasanjo la position de leur pays. "Ils sont de nouveau venus pour répéter au président (Obasanjo) ce qu’ils avaient décidé de faire au Togo, des décisions qui sont en contradiction avec ce que les autorités de la Cedeao leur ont demandé de faire. Le président Obasanjo leur a dit que c’était inacceptable", a affirmé Mme Oyo.

De son côté, dans une déclaration faite samedi par le président de la Commission de l’UA, le Malien Alpha Oumar Konaré, l’organisation panafricaine a estimé que la décision de M. Gnassingbé de rester au pouvoir "viole la constitution du Togo".

Les Etats-Unis se sont joints au concert de protestation en réclamant la démission immédiate de M. Gnassingbé. "Les Etats-Unis ne considèrent pas comme légitime la désignation de M. Gnassingbé comme président investi et l’appelle à démissionner immédiatement", a dit le porte-parole du département d’Etat Richard Boucher dans un communiqué. Il a ajouté que Washington soutenait la Cedeao.

25 000 MANIFESTANTS

Vendredi soir, M. Gnassingbé a annoncé son intention d’organiser un tel scrutin dans le délai prévu, mais a précisé qu’il entendait rester à la tête de l’Etat pendant l’intérim. Jeudi, il s’était rendu à Abuja pour rencontrer M. Obasanjo, l’un des plus fermes et des plus virulents critiques du "coup d’Etat" qui a suivi la mort du général Eyadéma. M. Obasanjo "tout en disant comprendre la situation" avait "fermement conseillé" à Faure Gnassingbé "de revenir dans le cadre de la Constitution", selon Mme Oyo.

Le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, a lui aussi stigmatisé la décision de Faure Gnassingbé "de se maintenir au pouvoir", demandant à nouveau "le retour à la légalité constitutionnelle".

Le président sud-africain, Thabo Mbeki, qui avait dénoncé "une mascarade anticonstitutionnelle", a pour sa part accueilli "favorablement" l’annonce de l’organisation d’une élection présidentielle.

L’opposition togolaise, profitant de la levée de l’interdiction des manifestations décidée vendredi par les autorités, a réclamé massivement le départ du président investi en faisant défiler dans Lomé plus de 25 000 personnes, lors de la plus importante manifestation organisée depuis le décès du président Eyadéma. Elle a annoncé qu’elle organiserait une nouvelle marche mercredi, puis tous les samedi, jusqu’au départ de M. Gnassingbé.

Aucun incident particulier n’a été signalé sur le parcours des manifestants dans la capitale où un important mais discret dispositif policier et militaire avait été déployé. Lors du rassemblement du 12 février, trois personnes avaient été tuées, selon un bilan officiel, quatre selon l’opposition. Plusieurs milliers de personnes, 12 000 selon la police, se sont aussi rassemblées samedi à la résidence présidentielle à Lomé pour apporter leur soutien à Faure Gnassingbé et présenter leurs condoléances pour le décès de son père.

LE MONDE Avec AFP

 

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