VIH

La Banque mondiale s’engage contre le sida entre Abidjan et Lagos

par AFP , le 14 novembre 2003, publié sur ufctogo.com

La Banque mondiale a donné jeudi son feu vert au financement d’un premier projet transfrontières de lutte contre le sida impliquant cinq pays dans le corridor de circulation reliant Abidjan à Lagos, emprunté chaque année par 3 millions de personnes.

 

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"Le virus HIV ne connaît pas de frontières, il exploite les frontières", en l’occurence celles entre la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin, le Togo et le Nigeria, a souligné Keith Hansen, directeur de ce projet.

La Banque mondiale a accordé un don de 16,6 millions de dollars pour le financement initial du projet, en laissant entendre qu’elle pourrait voter des rallonges.

La priorité sera donnée aux services d’information et de prévention ainsi qu’aux traitements des personnes atteintes dans les villes et régions le long de ce passage.

Selon la Banque mondiale, on peut estimer à 10% le taux de prévalence des cas d’infections au virus HIV/sida parmi les personnes empruntant ce corridor, ce qui fait potentiellement environ 300.000 personnes par an présentant des hauts risques substantiels de transmission.

Le projet vise en priorité à réduire la propagation de l’épidémie parmi les routiers, les migrants, les professionnelles du sexe et les personnes vivant le long de ce corridor, a souligné M. Hansen.

Il a pour objectif également d’instaurer une approche commune entre les cinq pays de la région face à la pandémie et à promouvoir la mise au point d’un système de surveillance de son évolution permettant d’obtenir des statistiques plus fiables.

Le projet, d’une durée de quatre ans, ambitionne notamment d’obtenir qu’à la fin de 2006, au moins 90% des routiers empruntant le corridor, 90% de ses riverains et 90% des prostituées oeuvrant sur ce passage soient capables de citer au moins deux moyens de prévention contre le sida.

Ses auteurs espèrent aussi que fin 2006, au moins 80% des prostituées concernées indiqueront qu’elles utilisent des préservatifs avec leurs clients.

Etant donné le caractère multisectoriel du projet, le financement servira également, selon M. Hansen, à moderniser les transports le long de cette voie de circulation de façon à réduire considérablement les délais aux frontières et éviter ainsi la propagation de la pandémie.

Un organe de gestion - regroupant des membres des cinq pays spécialistes de la lutte anti-sida et des transports avec un président nigérian et un vice-président ghanéen - et un secrétariat - installé au Bénin et dirigé par un Ivoirien - se chargeront de la répartition des fonds entre ONG et groupes issus de la société civile notamment.

"Ceux qui seront capables de présenter le plus rapidement de bons projets seront financés", a indiqué M. Hansen. "Sans pression, certaines organisations, qui pensent être habilitées à recevoir des fonds, ont tendance à rester assises dessus pendant des années", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la modestie de la somme consacrée par la Banque mondiale à ce projet, M. Hansen a reconnu que cela faisait dans l’absolu environ 5 dollars par personne empruntant ce corridor. "C’est en fait ce que beaucoup de pays africains dépensent pour leur système de santé par an", a-t-il précisé.

Il a toutefois reconnu que "c’est toujours nettement en-dessous de ce qu’il faudrait pour s’attaquer au problème globalement, et il y a des centaines de corridors semblables en Afrique".

© 2003 AFP

 

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