Togo

L’ouverture n’est pas au rendez-vous

par L'Humanité (France) , le 23 juin 2005, publié sur ufctogo.com

Après des élections entachées de fraudes et de violences, le nouveau gouvernement devait redorer l’image du régime. Peine perdue.

 

Le premier ministre togolais avait promis « un gouvernement d’union nationale le plus large possible ». L’équipe gouvernementale présentée lundi dans la soirée ne semble pas répondre à cet impératif. Mais un nettoyage formel a bien eu lieu. Huit seulement des trente ministres choisis par Edem Kodjo étaient membres du précédent gouvernement. Parmi les remerciés, figurent certaines des personnalités les plus visibles et les plus controversées du régime Eyadéma. C’est le cas de Pitang Tchalla, ministre de la Communication, dont les sorties virulentes contre les journalistes avaient paru maladroites, même à certains membres du clan au pouvoir. Autre pilier du long règne de Gnassingbé Eyadéma à quitter son poste, le général Tidjani, remplacé au ministère de la Défense, poste stratégique pour le maintien en place du système, par Kpatcaha Gnassingbé, frère du président et ancien directeur de la zone franche.

L’institution militaire continuera cependant d’être représentée, le général Pitalouna-Ani Laokpessi, ancien chef d’état-major adjoint de l’armée, se voyant confier la tête du nouveau ministère de la Sécurité. La liste des sortants contient aussi le général Gnofame. Anciennement en charge de l’environnement et des ressources forestières, ce dernier pourrait avoir pâti des accusations de dégradation de l’environnement et d’exploitation effrénée des ressources naturelles. Tankpadja Lalle a aussi payé pour avoir dirigé le ministère de l’Industrie, desTransports et du Développement de la zone franche, une administration soupçonnée de corruption et de détournement de fonds.

En quête de légitimité après les élections entachées de fraudes et de violences du 24 avril dernier, le pouvoir togolais a aussi cherché à redorer son blason en intégrant des personnalités de l’opposition. Mais après le refus du président d’accepter les conditions posées par cette dernière, Faure s’est tourné vers l’opposition dite « modérée », une constellation de petits partis dont la fonction essentielle a toujours été de servir de caution au régime. Outre le premier ministre, le nouveau ministre des Affaires étrangères, Zarifou Ayéva, appartient à cette catégorie. L’un et l’autre ont de plus l’avantage d’avoir joué un rôle dans les négociations que mène le Togo pour lever les sanctions prises en 1993 par l’Union européenne. Le pouvoir aura tout de même réussi à débaucher deux membres de l’opposition radicale, Tchessa Abi, qui va occuper le portefeuille de la Justice, et surtout Gilbert Atsu, à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports. Une promotion qui surprend de la part du président de la Nouvelle Dynamique populaire, un mouvement de jeunes proches de l’opposition qui, quelques jours avant les élections, affirmait encore être prêt à se battre dans la rue contre le pouvoir.

Camille Bauer

 

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