Post-Apartheid

L’Afrique du Sud fête dix ans de démocratie multiraciale

par Le Monde (France) , le 8 février 2004, publié sur ufctogo.com

L’ambiance était festive, vendredi 6 février, autour du Parlement sud-africain, au Cap, pour le traditionnel discours à la nation du chef de l’Etat.

 

Fanfare militaire, coups de canon, voltige aérienne... L’ambiance était festive, vendredi 6 février, autour du Parlement sud-africain, au Cap, pour le traditionnel discours à la nation du chef de l’Etat. Cette année, une garde d’honneur était symboliquement formée d’enfants nés en 1994, date des premières élections multiraciales.

Le président Thabo Mbeki, qui remettra son mandat en jeu en avril, a prononcé un discours en forme de profession de foi électorale. Il devrait annoncer, lundi, la date des troisièmes élections générales de la "nouvelle Afrique du Sud".

Comme pour marquer les dix ans de démocratie, le chef de l’Etat a rythmé son discours en citant une douzaine de fois le nom de Nelson Mandela qui, en mai 1994, prononçait le premier discours à la nation de la "nouvelle Afrique du Sud". Thabo Mbeki, qui n’a ni le charisme ni la popularité de son prédécesseur, tient à souligner que son action s’inscrit dans la continuité.

"Il y a dix ans, les choses ont changé radicalement et définitivement. Pour les Noirs en particulier, une nouvelle aube s’est levée. Mais après qu’ils eurent déposé leur bulletin dans l’urne, ils avaient toujours l’estomac vide", a rappelé le chef de l’Etat.

Dix ans après, reconnaît M. Mbeki, "beaucoup de nos concitoyens sont au chômage, beaucoup continuent à vivre dans la pauvreté, la violence sous toutes ses formes frappe les plus démunis." "On ne peut effacer en dix ans les cicatrices que nous ont laissées le colonialisme et l’apartheid", a-t-il ajouté, avant de dresser la liste des progrès accomplis.

SILENCE SUR LE SIDA

En 1994, 60 % de la population n’avait pas l’électricité, contre 30 % aujourd’hui, 16 millions de personnes n’avaient pas l’eau potable, contre 5 millions en 2003. Le gouvernement a construit 1,6 million de logements sociaux, amélioré l’accès à l’éducation et le soutien aux enfants les plus pauvres.

Côté finances, la situation s’est aussi améliorée. La dette publique a été réduite de 64 % à moins de 50 % du PIB, les réserves de la banque centrale sont passées de - 25 milliards de dollars à + 4,7 milliards. Le chef de l’Etat préconise donc de ne pas changer de politique.

Dès la fin de son intervention, sur les marches du Parlement, l’opposition dénonçait cet "immobilisme". "On ne nous propose aucun changement. On attend pourtant des réponses sur l’insécurité, le chômage et le sida", estimait Tony Leon, de l’Alliance démocratique (DA). "Thabo Mbeki n’a aucune vision pour le futur", renchérissait Patricia De Lille, une autre députée de l’opposition. "Tout ça n’est pas vraiment excitant. Ça manque de créativité", ajoutait un parlementaire du Freedom Front, parti afrikaner.

Mais peu importe le programme. Encore auréolé de sa victorieuse lutte contre l’apartheid, le Congrès national africain (ANC), le parti du président, est assuré d’une nouvelle victoire et M. Mbeki d’un nouveau mandat. L’opposition est morcelée en groupuscules dont aucun ne dépasse la barre des 10 %.

Le défi pour l’ANC sera donc de conquérir les neuf provinces que compte le pays. Deux d’entre elles lui ont échappé lors du dernier scrutin. L’attention se portera en particulier sur le Kwazoulu-Natal, dominé par l’Inkatha. Ce parti à dominante zouloue a été impliqué dans des affrontements avec l’ANC qui ont fait environ 12 000 morts à la fin des années 1990. Comme à chaque échéance électorale, dans cette région, la tension est montée d’un cran. De récents accrochages entre militants de l’Inkatha et l’ANC ont déjà fait trois blessés.

Fabienne Pompey - Le Monde

 

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