Panafrique

Journée de l’Afrique : entre culture et politique

par RFI (France) , le 25 mai 2003, publié sur ufctogo.com

Chaque année, le 25 mai, à l’initiative de l’Onu, on célèbre la Journée de l’Afrique : une date choisie en référence à la naissance de l’Organisation de l’Unité africaine, qui aurait eu quarante ans en 2003. L’OUA n’est plus, mais sa remplaçante, l’Union africaine, aiguise tout autant les ambitions. A Paris, au siège de l’Unesco, le Groupe africain propose, du 24 au 30 mai, un panorama des cultures du continent.

 

Dans son livre Africa must unite (L’Afrique doit s’unir), auquel il met un point final le 1er mai 1963, Kwame Nkrumah précise sa vision de l’unité africaine : le leader ghanéen préconise la création d’un parlement et d’un gouvernement continentaux, d’une monnaie, d’une défense et d’un plan économique communs. Quinze jours plus tard s’ouvre à Addis-Abeba, en Ethiopie, une grande conférence qui réunit 32 chefs d’Etat et de gouvernement africains. Il s’agit de doter la toute jeune Afrique d’une organisation continentale. A la thèse supranationale défendue par Nkrumah -des exemplaires de L’Afrique doit s’unir sont distribués à la conférence, ce que certains délégués trouvent présomptueux- s’oppose la proposition, présentée par la délégation éthiopienne, d’une organisation avec une charte précise, un secrétariat général permanent au service des chefs d’Etats, bref un organe de consultation respectueux de la souveraineté de chaque pays membre.

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Le discours enflammé prononcé le 24 mai par le leader ghanéen n’y changera rien. Comme l’écrit le professeur Maurice Glélé-Ahanhanzo, au mieux chacun pense à la survie de son peuple, sinon à la consolidation de son propre pouvoir et à la pérennité de l’Etat souverain. Les thèses éthiopiennes l’emportent, ce sera l’union des présidents. L’Organisation de l’Unité africaine (OUA) se verra longtemps reprocher ce côté « syndicats des chefs d’Etats » ; elle se retrouvera également souvent dans l’incapacité d’agir faute de moyens, en raison des arriérés impayés de ses membres.

« Construire une Afrique libre »
On peut penser ce qu’on veut de l’OUA, qui a vécu puisque sa remplaçante, l’Union africaine, a été lancée le 9 juillet 2002 au sommet de Durban (Afrique du Sud), c’est « grâce à elle que toute l’Afrique a été libérée politiquement », a pourtant tenu à rappeler l’ambassadeur congolais Antoine Ndinga Oba, délégué permanent auprès de l’Unesco. Le diplomate présentait à Paris les activités de la Semaine africaine 2003, organisée autour de la Journée de l’Afrique célébrée chaque 25 mai pour rappeler ce qu’ont été « le panafricanisme, les luttes des peuples contre le colonialisme et le souhait des pères fondateurs de construire une Afrique libre ».

On parlera certainement beaucoup, dans les coulisses de la Semaine africaine, de la véritable campagne électorale en cours. L’Ivoirien Amara Essy et le Malien Alpha Oumar Konaré font actuellement le compte de leurs soutiens respectifs en vue de l’élection du futur président de la Commission de l’Union africaine (son instance exécutive), qui aura lieu en juillet prochain lors du sommet de l’UA à Maputo, au Mozambique. Le premier, diplomate de carrière, est président par intérim de cette instance depuis le sommet de Durban l’année dernière, après avoir mené la transition entre l’OUA et l’UA. Le second, intellectuel et homme de culture, a été pendant dix ans le président du Mali (1992-2002).

L’Unesco organise, à partir du 24 mai, la Semaine africaine

Ariane Poissonnier

 

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