Droits de l’homme

Joachim Agbobli Atsutsè a été torturé et assassiné

par Tultogo.com , le 25 août 2008, publié sur ufctogo.com

Rebondissement dans l’affaire AKA : de nouveaux éléments qui confortent la thèse de l’assassinat ; le frère cadet du défunt Maurille membre du régime précipite son enterrement.

 

La tragique disparition du leader du MODENA Joachim Agbobli Atsutsè n’a pas fini de révéler tous ses secrets. Après les résultats farfelus de l’autopsie du professeur Napo-Koura et les conclusions tordues du procureur de la République Robert Bakaï le 18 aôut dernier ; de nouveaux éléments viennent d’apparaître dans le dossier et confortent désormais, la thèse d’un assassinat déguisé en suicide. Ces informations, nous les devons à plusieurs amis du politologue (universitaires, hommes politiques, médecins, journalistes) qui se sont mobilisés pour faire triompher la vérité.

Le corps du défunt porte des traces d’électrocution

La première information qui ressort de ces investigations est liée à des lésions observées autour du coup et des parties génitales de la victime. Les spécialistes en conclurent à une torture par des objets électriques. Pour ces spécialistes, il est incroyable que le médecin légiste ait pu conclure en une mort par suicide en passant sous silence ces différentes lésions que nous venons de signaler. En réalité, AKA a été enlevé depuis la clinique, conduit à un endroit secret et torturé à mort avant que le corps ne soit jeté à la plage 24 h plus tard. C’est d’ailleurs ce scénario qui explique la disparition des vêtements de la victime de même que l’abandon de son portefeuille, et ses verres médicaux. La version du rendez-vous en plus du parcours effectué attribué au chauffeur n’est qu’une pure invention sortie des laboratoires lugubres pour faire diversion. AKA ne s’est jamais rendu à un quelconque rendez-vous, il ne s’est jamais arrêté à l’Hôtel Palm Beach et il ne s’est jamais rendu à l’Hôtel Sarakawa. D’ailleurs le docteur Fiadjoe responsable de la clinique Biasa serait sous d’énormes pressions afin qu’il ne s’adresse à aucun média. A la clinique Biasa les visites aux malades sont désormais réglementées.

Maurille Agbobli dans le mauvais rôle

Il n’est un secret pour personne que la famille Agbobli est partagée entre l’opposition et le pouvoir. Parmi ceux qui sont actuellement dans le cercle du pouvoir, nous pouvons citer Robert Dusseh, universitaire, conseiller diplomatique de Faure et neveu de AKA et ensuite Maurille Edoh Agbobli ancien ministre, membre du bureau politique du RPT. C’est donc ce dernier qui est accusé aujourd’hui de dissuader la famille d’aller plus loin et précipite par la même occasion l’enterrement de son frère. Alors que certains évoquent encore une contre autopsie avec l’assistance des experts venus de l’extérieur, les obsèques de AKA sont annoncées dans la foulée pour les 29 et 30 août prochain.

Faure tapis dans l’ombre manœuvre et joue au chrono

La mystérieuse mort de AKA ramène au devant de l’actualité la récurrente question de l’impunité qui caractérise depuis 40 ans le régime du RPT. Faure qui espérait noyer cette question de l’impunité dans une mascarade de réconciliation après les fameuses consultations nationales se retrouve du coup dans une situation embarrassante. Depuis le palais de la Marina, il tire sur les ficelles. Comme par hasard le « leader nouveau » qui n’a jamais accordé le moindre crédit à la presse togolaise invite subitement par une méthode peu orthodoxe des journalistes des médias publics et privés à une discussion à battons rompus à la présidence de la République. Certains journalistes ( médias d’Etat, radios et presses privées) se sont rendus donc ce jeudi à la présidence de la République pour en ressortir plus tard avec des billets de banque évalués en 200 000fcfa et 300 000fcfa par tête. Tout ceci, après une longue discussion ennuyeuse arrosée de champagne. D’autres journalistes qui ont pu déceler là, le piège de la corruption ont décliné l’invitation présidentielle. Lorsqu’on situe cette discussion avec les journalistes qui ces derniers temps sont très critiques vis à vis du pouvoir de Faure dans le contexte de la disparition tragique de AKA on comprend aisément la manœuvre du pouvoir qui consiste à clouer le bec aux médias en prenant habilement soin de se donner le visage d’un président ouvert et préoccupé.

Une opposition réduite à de simples communiqués

Après la phase des communiqués de compassion certains responsables politiques et associations de la société civile ont exhorté l’ensemble de l’opposition à envisager des manifestions de rue dans le but d’exiger la fin de l’impunité au Togo. Ces organisations ont été confrontées au refus catégorique d’autres partis de l’opposition qui de par leur popularité devraient servir de locomotive à cette initiative. Alors la question qui se pose est de savoir si ceux qui pondent à longueur de journée des communiqués sont sincères dans leurs propos ? Visiblement le leader du MODENA comme celui du PSP qu’était Tavio Amorin ne dérangeait pas seulement le parti au pouvoir par son engagement et ses débats mais aussi ses amis de l’opposition qu’il croyait naïvement être ses frères. Aucune raison ne justifie aujourd’hui l’inertie de cette opposition et de cette société civile qui jadis étaient à l’avant garde de toute violation des droits de l’homme. La réalité est que la société togolaise baigne désormais dans une corruption sans précédent où des responsables insoupçonnés de certains partis actuels de l’opposition émargent régulièrement dans le registre de Faure. Faure en parvenant au pouvoir en 2005 au prix des milliers de morts a réussi un seul coup celui, d’avoir mis l’opposition en lambeaux en enrôlant certains dans son aventure gouvernementale et en renflouant les comptes en banque des autres qui ne se contentent désormais que des communiqués. Voilà donc le drame qui se joue devant nos yeux avec des acteurs qui font semblant d’être encore opposants mais qui dans la réalité ont changé depuis leurs vestes. AKA n’est pas seulement la victime du pouvoir RPT mais aussi d’une société togolaise en manque de repères, de principes, où les hommes de valeurs qui devraient servir de guide, de modèle sont crétinisés par un système pervers et vicieux autrement, monsieur Djondo, le docteur Fiadjoe et le chauffeur devraient déjà prendre la parole pour libérer leurs consciences et situer les togolais sur les réelles conditions de la mort mystérieuse et tragique de AKA. Tant que nous ne prendrons pas conscience de cette réalité, les Gnassingbé et leurs suppôts de meurtriers auront encore de beaux jours devant eux.

Simon de Fanti, tultogo.com

 

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