Prix Nobel

Jimmy Carter : un humaniste en politique

par UFCTOGO.COM , le 16 décembre 2002, publié sur ufctogo.com

 

Fama volat ( Virgile, Enéide, III,121)

L’ancien Président américain vient de recevoir une distinction méritée à Oslo. Ce n’est que justice rendue à cet humaniste entré en politique et dont le credo rejoint celui du poète latin Térence qui affirmait : « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».
En effet, celui qui fut le trente neuvième président des États-Unis d’Amérique (1977-1981), se distingua par sa volonté d’apporter un supplément d’âme en politique étrangère et intérieure.

Animé par ces solides convictions, Jimmy Carter tenta de mener une politique sociale à l’intérieur, et de promouvoir les droits de l’homme et la paix à l’extérieur. C’est ainsi qu’il réussit à faire signer en 1977, un accord de paix à Camp David entre Anouar El Sadate ( Egypte ) et Menahem Begin (Israël).

« Nul n’est prophète en son pays » : au cours de sa présidence, Jimmy Carter demeura incompris de ses compatriotes. Et ce fut ultérieurement que sa renommée se répandit...
Ainsi, après la présidence, Jimmy Carter prit part à de nombreux projets communautaires. Avec son épouse, Rosalynn, ils fondèrent le Centre Carter en 1982. Ce centre, qui est une organisation à but non-lucratif se bat pour l’égalité raciale, la démocratisation, la santé mondiale, le développement humain...

Jimmy Carter reste très actif pour promouvoir les droits de l’Homme et la démocratie. Pour ce faire, le Centre Carter participe à l’observation des élections dans divers pays.
C’est dans ce cadre que l’ancien Président Carter s’était rendu au Togo, en août 1993, comme observateur de l’élection présidentielle du 25 août 1993.
Ce scrutin présidentiel boycotté par l’opposition était une mascarade électorale comme l’avaient estimé les observateurs allemands et américains, bien avant le début du scrutin.
Car, l’accord du 11 juillet 1993 signé à Ouagadougou, prévoyait la tenue d’élections présidentielles pour le 25 août 1993. Les parties avaient aussi convenu que les Etats-Unis, l’Allemagne, la France et le Burkina Faso devaient aider à l’organisation de ces élections par l’envoi d’observateurs et s’assurer du déroulement régulier et transparent de ces élections.
Or, deux ou trois jours avant la date fixée pour les élections, les allemands et la délégation américaine conduite par Jimmy Carter interrompirent leur mission après avoir critiquer l’organisation du scrutin qui ne permettaient en aucune manière la tenue d’élections démocratiques.
Car, quelques jours auparavant, ces observateurs avaient manifesté leur inquiétude en raison de toute une série d’insuffisances ( liste électorale tronquée, distribution des cartes d’électeurs, accès des candidats aux médias, déroulement des campagnes, climat de terreur et d’insécurité ) et ils demandaient un report de quelques jours seulement de ces élections. En sollicitant ce report, l’ancien Président avait haussé le ton face aux autorités togolaises et menacé d’engager des mesures de rétorsion touchant la politique de développement si le scrutin n’était pas repoussé de quelques jours.
Sans autre considération que celle de la probité, la délégation américaine conduite par Jimmy Carter choisit, la première, d’interrompre sa mission afin de ne pas cautionner une mascarade électorale. Par ailleurs, Jimmy Carter prit le parti de médiatiser l’arrêt de sa mission d’observation. Face aux journalistes, Jimmy Carter affirma avec vigueur que les conditions d’un scrutin libre, démocratique, transparent et multipartite n’étaient pas du tout remplies.

L’enseignement majeur de la déclaration du Président Carter est que l’observation électorale ne se limite pas au jour du scrutin, mais inclut toute la période de préparation des élections. En conséquence, on ne doit pas poursuivre une mission d’observation si les préparatifs du scrutin ne laissent pas espérer des élections réellement démocratiques : Il s’agit de ne pas légitimer un pouvoir despotique.
Déjà, dès 1993, Jimmy Carter alertait l’opinion publique internationale sur les pratiques électorales frauduleuses et anti-démocratiques du régime de Gnassingbé Eyadéma.

Le Centre Carter est également engagé dans des actions sanitaires et agricoles. On note en effet depuis 1986, un vaste programme destiné à éradiquer le ver de Guinée, ainsi que des actions auprès des paysans togolais pour leur enseigner des techniques visant à accroître la production vivrière. Ainsi, plus d’un million de paysans ont reçu l’assistance financière et technique ( engrais, méthode de culture ) du Centre Carter pour améliorer leurs performances.

Voir www.cartercenter.org ( rubrique activité par pays ).

 

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