CPDC

Jean-Pierre Fabre : « La bonne volonté ne signifie pas qu’il faut accepter tout et laisser le parti au pouvoir faire ce qu’il veut ! »

par Savoir News (Togo) , le 22 février 2009, publié sur ufctogo.com

Les discussions sont suspendues depuis mardi dernier au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) à la demande de l’Union des Forces de Changement (UFC, opposition). Cette formation politique exige le recours à la facilitation en cas de blocage des débats. Selon ce parti, ce point doit figurer dans le règlement intérieur du Cadre. L’Agence Savoir News a rencontré Jean Pierre Fabre, le secrétaire général de l’UFC.

 

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Jean-Pierre Fabre
Secrétaire général de l’Union des Forces de Changement (UFC) et Député à l’Assemblée Nationale

Savoir News : Les Togolais ne peuvent pas se retrouver autour d’une même table et chercher ensemble des solutions à leurs problèmes ?

Jean Pierre Fabre : C’est ce qu’on a l’habitude de nous dire. Les discussions qui ont abouti à l’accord cadre de Lomé ont été dirigées par un collège de facilitateurs. Celles ayant conduit à l’Accord Politique Global (APG) en août 2006 se sont également déroulées sous l’égide d’un facilitateur, le président Burkinabé Blaise Compaoré. Je crois qu’il n’y a rien de surprenant que nous demandions aujourd’hui que les débats au sein du CPDC se déroulent sous l’égide d’un facilitateur et qu’on fasse appel à ce dernier en cas de blocage des discussions.

C’est un peu risible pour ne pas dire ridicule que l’on nous chante chaque fois ce refrain. La crise de confiance au plan national est telle qu’on ne peut pas mener une discussion sincère sans la présence d’un facilitateur. Maintenant, ma réponse est claire.

Savoir News : Vous évoquez une "crise de confiance au plan national". A quoi faites-vous allusion ?

Jean Pierre Fabre : Il s’est passé beaucoup de choses dans ce pays : coup de force militaire après le décès du général Gnassingbé Eyadéma, coup de force constitutionnelle etc... Et vous voulez qu’on discute aujourd’hui sans la présence d’un facilitateur. Je vous dis non. La crise de confiance que nous évoquons vient de tous ces éléments.

Savoir News : Des partis politiques ont été reçus jeudi par le chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Vous étiez sûrement dans le groupe. Etes-vous rassurés après les discussions ?

Jean Pierre Fabre : La présidence de la république a publié un communiqué selon lequel il y a eu des discussions entre responsables de partis politiques et le Chef de l’Etat. Je vous précise que l’UFC n’a pas été reçue. Elle n’a pas été consultée non plus. Le CAR également n’a été consulté, selon des informations recueillies auprès de ce parti.

Savoir News : Et si le CPDC ne parvenait pas à accéder à votre demande. Qu’allez-vous faire ?

Jean Pierre Fabre : La réponse est très simple. Nous ne pouvons pas poursuivre les discussions sans l’introduction dans le règlement intérieur, du point concernant le recours à la facilitation. J’espère que c’est clair maintenant.

Savoir News : Outre la facilitation, quels sont aujourd’hui, les points qui préoccupent l’UFC ?

Jean Pierre Fabre : Le cadre électoral doit être amélioré. Plusieurs dispositions ont été introduites unilatéralement dans le code électoral et la constitution pour exclure des compétitions électorales, des candidats jugés dangereux par le parti au pouvoir. Ces textes ont été modifiés à plusieurs reprises, notamment à l’approche des élections. Il faudrait qu’on arrive par consensus à avoir des textes acceptables par tous.

Savoir News : Certains observateurs de la vie politique estiment que vous aviez faussé la démarche préconisée par l’APG en boycottant le gouvernement d’union nationale, cadre réservé pour les discussions sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Qu’en dites-vous ?

Jean Pierre Fabre : Ce sont de mauvais observateurs de la vie politique nationale. Il n’est écrit nulle part que la participation au gouvernement de l’Union Nationale est une obligation. Au lendemain des législatives d’octobre 2007, nous avons plusieurs fois demandé la reprise des discussions pour les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Le président de notre parti Gilchrist Olympio est allé même rencontrer le président de la république. C’est en novembre dernier qu’on a accédé à notre demande et nous avons discuté pendant sept semaines avec le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT, le parti au pouvoir) sans succès. Après, le gouvernement a introduit à l’Assemblée nationale, un projet de loi modifiant le code électoral. Et nous avons réagi.

Savoir News : Avez-vous espoir quant à l’issue des discussions ?

Jean Pierre Fabre : A l’allure où vont les choses, nous sommes sceptiques. Certains estiment que nous ne sommes pas animés d’une bonne volonté. Mais c’est faux. La bonne volonté ne signifie pas qu’il faut accepter tout et laisser le parti au pouvoir faire ce qu’il veut. C’est dangereux.

Savoir News : L’UFC et le CAR ont décidé de s‘unir pour la présidentielle de 2010, une initiative qui a suscité assez de commentaires. Est-ce un autre "marché de dupe" comme le pensent certains ?

Jean Pierre Fabre : Il s’agit pour l’UFC d’aboutir à un vaste rassemblement de toutes les forces démocratiques. Nous avons commencé avec le CAR, car c’est la deuxième force politique de l’opposition. Mais nous n’allons pas nous arrêter là. Aucun parti ne sera négligé. Notre objectif est d’aboutir à un rassemblement le plus large que possible.

Savoir News : Est-ce à dire qu’on aboutira à l’ancienne coalition ?

Jean Pierre Fabre : Non, n’utilisez pas des mots qui sont impropres au rassemblement des forces démocratiques. Vous savez, ce regroupement avait suscité beaucoup d’espoirs mais, vous connaissez la suite. Elle a aussi créé beaucoup de problèmes.

Propos Recueillis par Lambert ATISSO

 

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