Communiqué

Inquiétude de l’UFC pour les réjouissances officilelles le 13 janvier prochain

par UFC , le 10 décembre 1999, publié sur ufctogo.com

 

Lomé, le 10 décembre 1999

Aux Facilitateurs du Dialogue Intertogolais Excellences,

Nous avons l’honneur de vous écrire pour vous faire part d’une très vive inquiétude, suite à des informations de sources concordantes, faisant état de préparatifs engagés par les autorités togolaises en vue d’organiser des festivités et réjouissances officielles le 13 janvier prochain.

Vous n’êtes pas sans savoir que c’est le 13 janvier 1963 que le Premier Président de la République Togolaise, Sylvanus Olympio, démocratiquement élu a été brutalement et odieusement assassiné. Jusqu’à ce jour, rien n’a été entrepris par les autorités togolaises en vue de traduire en justice les auteurs et autres responsables de cet assassinat et accessoirement de prévoir la réhabilitation de cet homme d’Etat, le père de l’Indépendance togolaise.

Au contraire, pendant près de trente (30) ans, et ce jusqu’en 1991, la date du 13 janvier a été autoritairement imposée au peuple togolais comme une fête nationale et une journée de réjouissances.

Lors des assises de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) de juillet à août 1991, le sujet a été soulevé par de nombreuses délégations et personnalités. Après des échanges et débats approfondis, il a été décidé de faire du 13 janvier une journée de deuil et de souvenir. Cette date a donc été inscrite en tant que telle dans la Loi Fondamentale adoptée par ladite Conférence pour régir la période de transition de 1991 à 1993. Il faut signaler que cette disposition n’a jamais été abrogée.

Depuis plus de cinq (5) ans, le Régime en place a décidé d’ignorer ladite disposition et a recommencé à faire du 13 janvier une journée de réjouissances et de célébrations officielles provoquant ainsi une grande frustration auprès de la très grande majorité des Togolaises et des Togolais.

De plus, nous tenons à vous préciser que, l’esprit et la lettre de l’Accord-Cadre de Lomé (ACL), les échanges lors du Dialogue intertogolais ayant abouti audit Accord, les négociations préalables du mois de juin précédent à Paris recommandent implicitement de ne pas continuer à faire du 13 janvier, un anniversaire de festivités et de réjouissances.

Peut-on en cette période de crise profonde se permettre de fragiliser un peu plus le tissu social ?

En ces temps où l’on invite les fils de ce pays à se pardonner et à s’engager dans la voie de la réconciliation nationale, peut-on encore se permettre de provoquer nos populations et d’avilir leur mémoire ?

Si ces festivités sont maintenues, seuls le pouvoir, le RPT et son chef en assumeront les conséquences qui pourraient en découler.

Enfin, c’est l’occasion pour l’UFC de rappeler que c’est la philosophie politique du Président assassiné le 13 janvier 1963 qui constitue le fondement de ses idéaux et de ses actions. A ce titre, l’UFC en tant que principale force politique dans ce pays, n’accepte pas qu’on bafoue la mémoire du Président défunt.

Chacun sera comptable de ses actes, un jour devant l’histoire et devant le peuple.

Vous en souhaitant bonne réception, nous vous prions d’agréer, Messieurs les facilitateurs, l’assurance de notre considération distinguée.

Pour le Bureau National
Le Premier Vice-Président
AKITANI BOB Emmanuel

CC : Excellences Mme et MM les Ambassadeurs des USA, de France, De la R.F.A., du Ghana, du Nigeria

U. F. C. UNION DES FORCES DE CHANGEMENT
59, Rue Koudzaze Lom-Nava BP 62168
Tél./Fax : 21.33.32 Lomé
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