Sylvanus Olympio

Il y a 41 ans, un grand Togolais nous quittait , paix à son âme

par Séna Alipui (Canada) , le 13 janvier 2004, publié sur ufctogo.com

Il y a quarante et un an (41) , dans la nuit du 12 au 13 Janvier, le président Sylvanus Olympio
est mort assassiné lors d’un coup d’état qui visait à renverser son régime démocratiquement élu. Cette nuit là, le Togo basculait dans une sombre aventure.

 

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Les présidents J.F Kennedy et S. Olympio,
quelques mois avant leur assassinat (mars 1962)

Quarante et un an plus tard, la traversée du désert se poursuit pour le Togo et les Togolais.
Le refus de mettre en pratique de belles réflexions nationalistes et de faire usage du « common sense » (bons sens) ruinent ce pays.
Pendant qu’un peu partout dans la sous region ouest Africaine les pays se battent pour améliorer leur sort, le pouvoir en place à Lomé n’a toujours pas réussi tirer quelques leçons de ses erreurs passées et continue de déployer son génie pour ruiner le Togo.

Nous avons tous dit que nous souhaitions qu’il y ait une alternance au Togo.
Après le hold up électoral du 1 er juin 2003, la situation s’est de plus en plus éclaircie,
Et nous a permis de voir un peu plus la différence entre ceux qui disent vouloir le changement
Et ceux qui veulent vraiment le changement.Finalement, certains ont préféré qu’Eyadema gouverne plutôt que de laisser une chance à M. Akitani qui a pourtant gagné.

L’UFC a gagné haut les mains les présidentielles de 1998 et 2003, la question du leadership dans l’opposition ne devait pas vraiment se poser au vu de l’enjeu que constituait cette élection et surtout si on veut vraiment le changement mais comme nous sommes au Togo et que beaucoup d’apprentis politiciens ont les yeux plus gros que la panse, on a assisté à une lutte de leadership qui ne devait pas avoir lieu et c’est le scénario catastrophe qui s’est produit
En bout de ligne.

À la suite du coup du 1 er Juin 2003, ça et là on a commencé à pointer du doigt M Akitani,
M. Olympio et de façon plus générale l’opposition pour ne pas avoir réussi à apporter le changement. Ces derniers temps on a commencé à pousser le bouchon un peu plus loin en
S’attaquant au mot « Ablodé » en nous invitant à aller aux locales ou en s attaquant à Sylvanus Olympio.

Dans le cas du mot « Ablodé », il y a ceux qui véhiculent un message à travers ce mot et il y
A hélas ceux qui l’utilisent parce qu’ils ont entendu d’autres l’utiliser. C’est des choses qui arrivent, les opportunistes s’en servent comme mot de passe ( peut être qu’ils le confondent avec d’autres mots qui sont à la mode) mais ceux qui adhèrent et comprennent les valeurs véhiculés par le mot Ablodé l’utilisent à bon escient et ne s’en séparent pas parce que le ciel est sombre ou que les temps ont changé.

Quant aux élections locales, malgré le zèle déployé par quelques citoyens pour nous y inviter
C’est peine perdue, même le général sait que dans les conditions actuelles ce serait une perte de temps et d’argent.

Quant à notre héros national, père de notre indépendance, ceux qui veulent le critiquer n’ont
Qu’à le faire, si cela peut calmer leur jalousie, c’est tant mieux. Cela me fait vraiment mal quand je lis les « torchons » qui sont publiés à son égard ses derniers temps.
Une chose est sûre, c’était un homme d’état exceptionnel qui nous a conduit à l’indépendance, qui avait une vision pour ce pays et les compétences pour mettre en œuvre cette vision.
Il aimait le Togo, Il a travaillé pour le Togo, Il a fait la prison pour le Togo et il est mort pour le Togo. Il a relevé le défi de l’indépendance et travaillait à gagner la bataille du développement lorsqu’on l’a assassiné.
Si les Togolais n’arrivent pas à reconnaître tout ce bien qu’il a fait et à dire merci ou à le faire enterrer au moins chez lui au Togo, nous risquons de souffrir encore longtemps.

Pour en revenir à des problèmes plus proches, je pense que le problème n’est pas un problème
de leader ou d’ablodé ou d’élections.
Hormis l’opportunisme et la félonie qui gangrènent notre pays, le problème aujourd’hui c’est que les Togolais sont fatigués, après treize années de lutte et une facture particulièrement salée , les Togolais sont épuisés. Le grand défi des mois à venir reste donc la remobilisation.

J’entends par remobilisation, que chaque Togolais prenne une part active à la lutte.
Tout le monde souhaite que ça change mais souhaiter ne suffit plus dans le cas du Togo,
Il faut que tout le monde y mette du sien pour que ça change. Il faut cesser d’attendre des miracles de nos leaders et plutôt les aider car si c’est bien la démocratie que nous voulons
Nous devons nous impliquer et rester mobilisés derrière nos leaders surtout dans ces temps difficiles pour que l’isolement de leur base ne les pousse pas à accepter de mauvais compromis.
Si nous voulons sincèrement le changement, nous devons commencer par changer notre attitude vis-à-vis de la question du Togo.

Pour les 41 ans de la disparition de Sylvanus Olympio, je continue à souhaiter qu’il rentre au pays et qu’il soit réhabilité.
J’invite les Togolais à changer leur attitude vis à vis d’eux même et vis à vis du Togo ,
À prendre patience, garder espoir , à se remobiliser et à se rapprocher de l’union des forces de changement (UFC) pour que la coalition ainsi formée puisse mettre suffisamment de pression sur le pouvoir en place de façon à provoquer le changement dans un proche avenir.

Séna Alipui
« Détia Kpoé Lé yi, Eblia Kotokou mé bé nona »

 

© Copyright Séna Alipui (Canada)

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