Réactions

Il faut traduire les auteurs devant la Cour pénale internationale(CPI)

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 29 septembre 2005, publié sur ufctogo.com

Le président de l’Union des forces du changement (UFC, opposition) a demandé lundi à Paris que les auteurs des atteintes aux droits de l’Homme commises au Togo après la présidentielle de février 2005 soient traduits devant la Cour pénale internationale (CPI).

 

« Le rapport sur les violations de droits de l’Homme rendu public par l’Onu ne nous apprend rien de totalement nouveau. Nous l’avons dit en son temps déjà. Aujourd’hui, il s’agit pour nous de ne pas laisser les choses en rester là. Les auteurs de ces actes doivent être jugés par la Cpi », a-t-il affirmé lors d’un entretien accordé à la Pana.

L’opposant togolais a estimé que les enquêteurs des Nations-Unies qui parlent dans leur rapport de 400 à 500 morts ont sous-estimé l’ampleur des tueries commises par l’Armée et les Forces de sécurité togolaise.
« J’ai eu l’occasion de dire à Faure Gnassingbé, face-à-face, qu’on ne gère pas des manifestations de protestation des citoyens avec des unités et des hélicoptères de combat. Il était du reste tout à fait normal que les citoyens défendent leurs votes au lendemain de la présidentielle », a-t-il fait remarquer.
« Si on devait dépouiller les suffrages exprimés honnêtement, Faure a eu moins de 10% des voix. Son régime s’est lancé dans une répression implacable pour faire admettre son hold-up électoral. Des dizaines de Togolais en sont morts. Nous ferons tout pour que ces crimes ne restent pas impunis », a insisté Gilchrist Olympio.
Un rapport des Nations-Unies rendu public lundi estime qu’entre 400 et 500 Togolais ont été tués dans des violences politiques qui ont suivi la victoire controversée de Faure Gnassingbé à la présidentielle togolaise.
Les enquêteurs onusiens attribuent la responsabilité des massacres aux Forces de défense et de sécurité togolaises, précisant que des centaines d’opposants ont été maltraités.

Selon le Secrétaire général de l’UFC,Jean-Pierre FABRE, il est prioritaire de régler le contentieux de la Présidentielle du 24 avril avant de proposer d’autres élections aux Togolais.

S’exprimant su RFI, il a affirmé :

"Le rapport des Nations Unis confirme le bilan que nous avions établi après les faits. Ce rapport dit entre 400 et 500 morts. Vous imaginez ce que c’est ? Un régime qui a été installé par la répression, par la violence et par l’assassinat de 500 personnes.

Je crois que la communauté internationale devrait réfléchir un peu plus profondément au cas du Togo et ne pas nous balancer des solutions toutes faites qui ne marchent jamais notamment celle de régler le contentieux née de la présidentielle frauduleuse par des élections législatives.

Je demande à l’Union Européenne qui nous propose toujours cette solution de faire preuve d’un peu plus d’imagination d’exercer des pressions pour la reprise de l’élection présidentielle.

Lorsque le régime fraude lors de la présidentielle c’est pour détenir les leviers de l’Etat en vue de frauder pour les législatives. Vous imaginez bien que ce régime ne va pas accepter d’être en cohabitation difficile avec un gouvernement issu des forces populaires."

Interrogé par un confrère, il a ajouté :

" C’est avec satisfaction que nous accueillons la publication du rapport des Nations Unies sur les violences qui ont agité le Togo au cours de la période 5 février- 5 mai 2005, surtout si l’on tient compte des pressions exercées par certains pays pour empêcher la publication de ce document.

Ce rapport confirme le bilan que nous avons nous-mêmes établi après les faits : environ 500 morts, des milliers de blessés graves, des milliers de départs en exil, des milliers de déplacés à l’intérieur du pays. Les faits sont très graves. Ainsi la communauté internationale reconnaît formellement aujourd’hui qu’après le coup d’Etat militaire du 5 février 2005, qu’elle a condamné avec force, le régime togolais ne s’est maintenu au pouvoir qu’en planifiant et en exécutant le massacre de populations togolaises. Un violent coup d’Etat électoral a succédé aux coups d’Etat militaire et constitutionnel. L’heure de vérité a donc sonné. L’impunité étant à l’origine des maux qui minent le Togo, il faut commencer à situer les responsabilités afin que les coupables soient punis.

Des poursuites doivent être engagées, dans les meilleurs délais, contre les auteurs de ces massacres et leurs commanditaires. Plusieurs dignitaires du régime sont impliqués et devraient répondre de leurs actes devant le Tribunal Pénal International.

La CEDEAO devrait également être poursuivie devant ce tribunal pour avoir orchestré la conspiration qui a abouti à ce massacre. Surtout le chef d’Etat nigérien Mamadou Tandja qui a préféré laisser le massacre s’accomplir afin que Faure Gnassingbé soit maintenu au pouvoir, plutôt que de l’empêcher en accédant à la demande de report de l’élection présidentielle formulée par le Ministre de l’Intérieur de l’époque François Esso Boko. Celui-ci avait en effet, prédit ces massacres sur la base d’informations en sa possession. Quant au président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, il devrait cesser son lobbying forcené en faveur du Togo auprès de la communauté internationale. Cela devient pathétique, surtout après ce rapport.

La communauté internationale devrait également tirer les leçons qui s’imposent du rapport des Nations Unies sur le Togo. Elle devrait prendre la juste mesure de la situation togolaise plutôt que de prendre acte d’une prétendue élection de M. Faure Gnassingbé et de proposer pour la énième fois, des solutions toutes faites notamment des élections législatives pour résoudre le contentieux électoral de la présidentielle frauduleuse. La seule solution qui puisse empêcher la répétition des violences, c’est la reprise de la présidentielle frauduleuse après une réforme profonde des Forces Armées Togolaises qui se comportent comme la branche armée d’un parti politique.

Pour nous ce régime issu d’un coup d’Etat électoral plus condamnable que le coup d’Etat militaire qui a suscité la condamnation unanime de la communauté internationale, ne peut jouir d’aucune légitimité et devrait être combattu avec la détermination adéquate. Nous invitons le Peuple togolais à prendre son destin en main. Nous ne devons jamais oublier que dans la lutte de libération que nous menons, la contribution de la communauté internationale ne peut être qu’un appoint. Elle ne peut constituer l’essentiel.

 

© Copyright La rédaction UFCTOGO.COM

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
jeudi
25 mai 2017
Lomé 23°C (à 14h)