Georges Béké

Il faut « sortir le Togo de 40 ans de dictature »

par Le Confidentiel Africain , le 15 octobre 2009, publié sur ufctogo.com

Confidences de Georges Béké, président de l’UFC France

 

A trois mois de la présidentielle, quelle est la situation politique au Togo ? Où en êtes-vous avec les réformes institutionnelles et constitutionnelles ? Votre probable candidat, Gilchrist Olympio a-t-il eu la garantie que la présidentielle se déroulera correctement ?

En cherchant à gagner du temps, le pouvoir en place a fait que nous n’avons plus beaucoup de temps pour faire des reformes institutionnelles et constitutionnelles. C’est pourquoi, nous procédons par la signature d’accords politiques, sous l’égide du facilitateur Blaise Compaoré, afin atténuer les zones discriminatoires et permettre à tout Togolais de se présenter à ces élections dans la transparence et sans violence. Nous ne pouvons pas attendre des
garanties si nous même, nous ne nous y préparons pas, (aide-toi,
le Ciel d’aidera).
Le président de l’UFC rencontre beaucoup de responsables politiques étrangers. Ces jours-ci, il a surtout sollicité l’intervention du facilitateur pour demander la démission du président
de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) désigné nuitamment en catimini, ceci en violation du règlement intérieur de ladite CENI par le groupe RPT (au pouvoir). Cette
démission est aujourd’hui acquise, nous avons eu raison de manifester notre mécontentement.
Il reste beaucoup de divergences à aplanir, comme le scrutin uninominal à deux tours par exemple. Si nous prenons les problèmes un à un et trouvons des accords consensuels, je crois que nous pourrons progresser rapidement vers les élections, ce n’est pas encore le cas. Le pouvoir en place a toutes les institutions du pays entre ses mains, il a toujours géré la CENI et cela s’est terminé par des massacres, nous voulons pour une fois dans l’histoire de notre pays qu’ont confie la présidence de cette institution à une personnalité neutre comme l’a proposé
notre parti.

La configuration politique au Togo est surtout marquée par une ethnicisation de l’armée, pensez-vous que cette dernière sera neutre ou avez-vous de fortes raisons de penser qu’elle soutiendra le pouvoir RPT comme naguère ?

L’armée dans sa grande majorité a toujours voté pour l’opposition, parce qu’elle est une émanation du peuple. Elle subit aussi les effets de la mauvaise gouvernance comme le reste de la population.
Faure Gnassingbé promet d’organiser des élections propres et sans violence ; nous attendons de voir. Si jamais pendant ces élections présidentielles, nous subissons encore des violences,
la responsabilité incombera aux plus hauts responsables de l’Etat togolais. La violence vient d’une minorité de militaires dont les noms sont cités dans tous les rapports sur les violations massives des droits de l’Homme au Togo depuis 1990. Malgré cela, ils jouissent d’une totale impunité et circulent librement sur toute l’étendue du territoire au vu et au su de tous.

Vous semblez être une alternative politique, mais au niveau de l’UFC, qu’entendez-vous faire pour la victoire de votre parti ? Donnez trois raisons qui motivent votre engagement et qui indiquent que les Togolais attendent l’alternance incarnée par M. Olympio ?

Nous sommes des démocrates et la seule façon d’y parvenir, c’est de tout faire pour que la présidentielle soit la plus crédible possible. A l’UFC, nous avons un programme politique adapté à l’état actuel du Togo. Un programme pour commencer à sortir le Togo de 40 ans de dictature. Nous sommes bien implantés dans toutes les régions du Togo et pour finir nous appelons au rassemblement de toutes les forces vives du Togo, pour faire barrage à l’intolérance et permettre une alternance voulue par la grande majorité du peuple togolais. Toutes les élections du temps de Gnassingbé père jusqu’aujourd’hui ont été remportées par l’UFC incarnée par
Gilchrist Olympio, malheureusement émaillées de massacres pour permettre aux systèmes de conserver le pouvoir parce que les Togolais ne se résignent pas à ces hold-up électoraux.
L’UFC est une réincarnation du parti de l’Ablodé, ce qui veut dire indépendance. L’Ablodé est le slogan du CUT (Comité de l’unité togolaise), parti de feu Sylvanus Olympio, porté par tout un peuple jusqu’à l’indépendance ; et ensuite jusqu’à l’odieux assassinat de ce dernier. Tout l’investissement personnel que Gilchrist Olympio a mis dans cette bataille politique, en sacrifiant sa vie, en y mettant ses propres moyens matériels et physique, il a faillit y perdre la vie à Soudou ; ça le peuple togolais le sait. Vous l’aimez, vous ne l’aimez pas, Gilchrist Olympio ne vous laisse pas indifférent.

 

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