Droits de l’homme

Idi Amin Dada, le bourreau de l’Afrique

par L’Express (Maurice) , le 18 août 2003, publié sur ufctogo.com

Décédé samedi dans un hôpital de Djeddah après un exil de près de 25 ans en Arabie saoudite, Idi Amin Dada avait symbolisé dans l’Ouganda des années 1970 la dictature africaine sous son aspect le plus grotesque et le plus sanglant. Grand admirateur d’Adolf Hitler, l’ancien champion de boxe de l’armée britannique est tenu pour responsable en neuf ans de pouvoir du massacre de dizaines de milliers d’opposants, certaines estimations allant jusqu’à 100 000 victimes.

 

Chassé du pouvoir en 1979 par des opposants armés soutenus par la Tanzanie voisine, il avait trouvé refuge au nom de la charité musulmane à Djeddah.

Personnage au physique imposant, en quête permanente de publicité, Idi Amin Dada a pendant un temps fait la joie des chroniqueurs occidentaux par ses frasques, qui masquaient toutefois mal la réalité effroyable du pays.

Avide d’autocélébration, il se livra ainsi à la caméra du cinéaste suisse Barbet Schroeder, dont le documentaire Général Idi Amin Dada (1974) montre le tyran dans toute sa cruauté et son ego surdimensionné.

Bouffon quelquefois génial, il revendiqua un jour le contrôle de l’Ecosse auprès de la Grande-Bretagne, l’ancienne puissance coloniale, et apparut ainsi en kilt lors des obsèques d’un membre de la famille royale saoudienne en 1975. Idi Amin s’empare du pouvoir en 1971 à la faveur d’un coup d’Etat qui renverse le président Milton Obote, en voyage à l’étranger.

"Le pays de l’homme noir"

L’une de ses premières mesures est d’expulser quelque 40 000 citoyens britanniques d’origine indienne, en arguant que Dieu lui a assigné pour mission de faire de l’Ouganda "le pays de l’homme noir".

En 1972, il adressse le télégramme suivant au secrétaire général de l’Onu, Kurt Waldheim : "C’est en Allemagne qu’il fallait vivre quand Hitler était Premier ministre (chancelier) et commandant suprême. Il a brûlé six millions de juifs."

En 1976, Israël l’accuse de soutenir les pirates de l’air palestiniens responsables à l’aéroport d’Entebbe, dans le centre du pays, du détournement d’un Airbus d’Air France avec à bord plus de 100 passagers, juifs pour la plupart.

Un commando israélien, dans une opération pleine d’audace, libère les prisonniers, infligeant au dictateur ougandais une humiliation majeure.

Plusieurs années plus tard, un ministre ougandais a raconté que, quelques jours après le raid israélien, Idi Amin ordonna qu’on arrête dans son lit d’hôpital une juive britannique blessée, Dora Bloch. Cette dernière fut assassinée par deux officiers ougandais.

Provocateur

Adi Amin est né le 1er janvier 1928 dans une famille de paysans appartenant à l’ethnie musulmane Kakwa, installée dans la région d’Arua, une zone excentrée de l’Ouganda.

Adolescent, il s’engage dans une unité africaine de l’armée de Sa Majesté et participe à l’écrasement de la révolte des Mau Mau au Kenya.

Champion de boxe militaire poids lourds pendant neuf années consécutives, il est caporal lorsque son pays accède à l’indépendance en 1962.

Après sa prise de pouvoir, le 25 janvier 1971, il s’autoproclame maréchal en chef et s’octroie un nombre incalculable de médailles datant de la Seconde Guerre mondiale.

Il nationalise plus de 40 entreprises étrangères avant de faire passer toutes les compagnies britanniques sous le contrôle de l’Etat ougandais.

Ses provocations entraînent un boycottage partiel en 1975 d’un sommet à Kampala de l’Organisation de l’unité africaine (OUA).

Peu après, l’archevêque anglican d’Ouganda, opposant avoué au régime, meurt en garde à vue. Le Conseil des églises anglicanes accuse Idi Amin de l’avoir fait exécuter et enterrer en secret. Sa culpabilité fut démontrée huit ans plus tard et l’un de ses ministres fut condamné.

Marié cinq fois, Idi Amin se targuait d’avoir plus d’une vingtaine d’enfants. Quatre de ses épouses et une grande partie de sa progéniture l’accompagnèrent dans son exil doré près de Djeddah.

On pouvait souvent l’apercevoir dans les magasins chics de la ville et les clubs de remise en forme haut de gamme. "Aujourd’hui, je suis très heureux, bien plus que lorsque j’étais président de l’Ouganda", confiait-il.

L’Express (Maurice)

 

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