Droits de l’homme

Hommage à Sémira Adamu, victime des hommes en tenue

par Marc Satchivi , le 22 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

Sémira Adamu, pour ceux qui ne la connaissent pas, est cette jeune nigériane fuyant un mariage forcé dans son pays natal et qui s’est retrouvée en Belgique via le Togo. Mais les autorités de son pays d’acceuil n’ont pas voulu lui accorder le statut de réfugiée (comme le recommande la Convention de Genève) mais ont plutôt préféré lui coller l’étiquette de prostituée (suivant leur politique d’immigration...) Pour mettre à exécution les consignes de leurs supérieurs, des gendarmes zélés, se sont servis d’un coussin pour l’étouffer au cours d’une nième tentative d’expusion qui doit la ramener au pays du dictateur Eyadema.

 

Malheureusement, après une résistance héroïque avec des mains ligotées face à la détermination certaine de ses ravisseurs à en découdre avec elle, Sémira rendra l’âme le 22 septembre 1998 dans l’avion de la défunte compagnie Sabena à bord duquel elle devait effectuer le "voyage retour". Ceci, après des chansons qu’elle entonnait et fredonnait, à intervalles répétés. En ce jour (de triste) anniversaire, le 5è, un vibrant hommage lui est ici rendu par ce poème qui lui est dédié.

La commémoration de cet anniversaire doit insuffler un nouveau souffle à la lutte que mènent vaillamment tous les réfugiés du monde (qui, malgré eux, ont quitté leurs familles -parents, époux (ses) et enfants- , leurs occupations, leurs pays) pour se retrouver dans des pays où ils sont confrontés à de graves difficultés...

Alors, ce poème pour dire que Sémira Adamu n’est pas morte pour rien du tout ; qu’elle se repose en paix et que la terre lui soit légère.

Sémira, il y a cinq ans, tu nous as quittés.
Dans des conditions à ne plus relater.
Là-bas, dans l’au-delà, tu as retrouvée toute ta Dignité.
Que des hommes égoïstes, sur cette terre, t’ont refusée.

Dans ton Nigeria natal, on a voulu, de force, te marier.
A un homme plus vieux que toi ; de quarante-cinq ans ton aîné.
A cet état de choses, tu t’es farouchement opposée.
C’était un mariage qu’on voulait rendre possible, contre ton gré.

Par cela, tu t’es retrouvée en Belgique comme réfugiée.
Mais à l’OE et au CGRA, ta demande a été rejetée.
Avant ton assassinat, tu portais l’étiquette de requérante déboutée.
La protection, les autorités du pays d’accueil te l’ont refusée.

Dans un premier temps, tu as été mise derrière des barbelés.
Comme cela n’a pas suffi, on a voulu, de force, t’expulser.
A ton égard, toutes sortes de pratiques inhumaines ont été exécutées.
Toi qui demandais seulement à vivre, rien que pour t’humilier.

Injustement aussi, tu as été accusée d’être venue te prostituer.
Et finalement, le sort a voulu que tu meures, en exil, asphyxiée.
Contre toi, la technique du coussin a été utilisée pour t’étouffer.
Toi, native d’un grand pays qui, chaque jour, voit ses richesses pillées.

Les sociétés de ce « géant » de l’Afrique de l’Ouest sont constamment bradées.
Les marionnettes mises à sa tête font tout pour bien réprimer.
Les populations qui revendiquent les libertés qui leur sont confisquées.
Pour les cinq ans de ta disparition brutale, tes bourreaux doivent être jugés.

Tout le Droit doit être dit pour qu’ils soient condamnés.
Ils méritent, sans coup férir, d’être sévèrement châtiés.
Il n’est pas normal qu’ils se pavanent allégrement, en toute impunité.
Et seulement, ainsi, il sera dit que ta mémoire est honorée.

Marc Satchivi
Bruxelles, le 22 septembre 2003

 

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