Droits de l’homme

Harcèlement et menaces à l’encontre des membres de l’ACAT-Togo

par ACAT France , le 14 mars 2003, publié sur ufctogo.com

 

En 1999, certains membres de l’ACAT-Togo qui dénonçaient les exactions commises au moment des élections législatives, ont dû fuir le pays pour des raisons de sécurité. Aujourd’hui, l’association est de nouveau menacée : les personnes oeuvrant au sein de cette ACAT vivent dans la peur et l’insécurité depuis que les autorités togolaises ont eu connaissance de leur dernier rapport sur les droits de l’Homme au Togo. Ce document, demandé par le Parlement européen, est très critique en ce qui concerne l’exercice de la liberté d’expression, les arrestations illégales, l’impunité, le recours à la torture, etc. Le Président de l’ACAT-Togo ainsi que deux autres responsables ont donc été obligés de quitter le pays et certains membres se sont réfugiés dans des villages loin de la capitale. La semaine dernière, nous avons appris que la radio sur laquelle l’ACAT-Togo faisait des émissions consacrées aux droits de l’Homme, avait été contrainte de fermer et que toutes les bandes relatives à l’émission ont été confisquées. La Fi-ACAT a d’ores et déjà alerté les autorités françaises et européennes mais n’a pas réussi à obtenir de l’ambassadeur du Togo en France des garanties de sécurité pour les membres de l’ACAT-Togo.

ACAT France

Extrait du rapport ACAT

Le Togo, un des plus petits Etats d’Afrique francophone, s’étire du nord au sud sur 600 Km, s’ouvre sur l’océan Atlantique et compte 4,7 millions d’habitants. Le pays devient République en 1958 et proclame son indépendance en 1960 ; Sylvanus Olympio est élu Président. La situation économique est néanmoins très fragile par suite de la chute des cours du cacao, du café, des phosphates et la crise du secteur textile.

Le 13 janvier 1967, le Général Gnassingbé Eyadéma s’empare du pouvoir grâce à un coup d’Etat au cours duquel Sylvanus Olympio est assassiné ; le Togo devient une République de régime présidentiel à parti unique de plus en plus mal supporté en raison de ses pratiques dictatoriales. Sous la pression du peuple et particulièrement des étudiants et des avocats, une tentative de transition vers une démocratie multipartiste est engagée en mars 1991. Une "Conférence Nationale" est alors autorisée par le Président. Des massacres, des émeutes, l’action brutale de l’armée togolaise recrutée en majorité au sein des ethnies du nord et en particulier de l’ethnie présidentielle compromettent cependant rapidement le processus de démocratisation.

Aujourd’hui, des informations font régulièrement état de violations des droits fondamentaux. Des exécutions extrajudiciaires et des "disparitions" ont lieu en toute impunité dans le pays. Des arrestations arbitraires suivies de tortures et de mauvais traitements se soldent parfois par des morts en détention. Ces violations sont imputables, pour la plupart, aux forces de sécurité, qui n’ont pas été tenues depuis des années de répondre de leurs actes devant la justice. En 1999, le rapport d’Amnesty International sur "l’état de terreur" au Togo a d’ailleurs provoqué une vive réaction de la part du gouvernement qui y a répondu par une nouvelle répression à l’égard des organisations de défense des droits de l’Homme et des médias. Récemment, la liberté de la presse privée, déjà très limitée, a de nouveau été restreinte par l’Assemblée Nationale acquise au Président : de lourdes peines sont prévues pour ceux qui "offensent le Président et les corps constitués". Pour exemple, le responsable du "Parti des travailleurs", Claude Ameganvi, a récemment été lourdement condamné pour "atteinte à l’honneur du chef de l’Etat", ce qu’il nie.

Actuellement, le Togo est exclu de la répartition des ressources mises par l’Union européenne à la disposition de ses partenaires africains, pour cause de violation grave des principes démocratiques.

Les prochaines élections présidentielles sont prévues en juin 2003 ; théoriquement, elles devaient mettre fin au dernier mandat du président Eyadéma. Cependant, la Constitution a récemment été modifiée et autorise désormais le chef de l’Etat à se représenter autant de fois qu’il le souhaite.

 

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