Communiqué

Halte aux tentatives d’intoxication et de manipulation de l’opinion !

par UFC , le 6 mars 2007, publié sur ufctogo.com

Le samedi 3 mars 2007, le ministre de la Coopération, Gilbert Bawara, était l’invité de l’émission « Le rendez-vous de la rédaction » sur radio Nostalgie.

Faute de pouvoir apporter des réponses claires aux inquiétudes des populations togolaises quant aux incessantes interventions du gouvernement dans les attributions de la CENI et les risques de fraudes de plus en plus grandissants, Gilbert Bawara s’est répandu en mensonges éhontés, ainsi qu’en propos irresponsables et haineux à l’endroit de l’immense majorité de Togolaises et Togolais qui aspirent à un véritable changement dans ce pays, en traitant l’UFC « de parti extrémiste et de danger pour l’unité nationale ».

 

L’UFC s’indigne contre cette dérive sectaire et surtout, contre l’appel à peine voilé, à la violence et à la haine lancé sur les ondes par Gilbert Bawara, ministre du gouvernement issu de l’APG dont le but est de « restaurer la paix, la sérénité et la confiance mutuelle et d’organiser des élections législatives, justes, transparentes et acceptables par tous ».

L’UFC informe Gilbert Bawara qu’elle est signataire de l’APG tout comme le RPT, et qu’à ce titre, elle rappelle que les parties prenantes à cet accord s’étaient engagées, dans le code de bonne conduite (annexe III), à « bannir de leurs discours et programmes politiques, le mensonge, la diffamation, les incitations à la fraude électorale ainsi que tout comportement tendant à abuser de l’électorat.. ».

Quant au tissu de mensonges déversé par Gilbert Bawara, l’UFC apporte les précisions qui suivent.

Le vendredi 09 Février 2007, le conseil des ministres a décidé d’emprunter auprès de la République Démocratique du Congo (RDC) les kits devant servir au recensement électoral et à la délivrance des cartes d’électeurs pour les prochaines élections législatives.

Cette décision, prise unilatéralement par le gouvernement sans aucun avis ni recommandation de la CENI dans ce sens, manque de transparence et de responsabilité quand on sait que l’analyse des avantages et inconvénients des deux options, à savoir l’achat et l’emprunt, a conduit la CENI et les experts de la mission conjointe UE-PNUD à privilégier l’option d’achat qui, à coût sensiblement égal, offre plus de flexibilité quant à la définition des spécifications techniques du matériel informatique et du logiciel, et plus de perspectives quant aux utilisations futures des kits.

Face aux nombreux inconvénients liés à l’option d’emprunt, il est donc clairement apparu que notre pays a tout intérêt à acheter des kits neufs qui serviront non seulement pour les élections législatives de 2007, mais aussi pour les autres élections à venir, notamment les élections locales de 2008, ainsi que pour la mise à jour annuelle du fichier électoral, l’établissement des cartes nationales d’identité, et le recensement général de la population.
Il y a lieu de s’inquiéter sur les raisons qui poussent le gouvernement à se substituer à la CENI et à persister dans une voie sinueuse, compliquée et hasardeuse. Contrairement à ce qu’il a déclaré sur radio Nostalgie, Gilbert BAWARA s’était bien rendu à Kinshasa pour négocier l’emprunt d’un nombre précis de kits. L’UFC s’interroge sur le bien-fondé des contrats de gré à gré que Gilbert Bawara et le ministre de l’Administration Territoriale sont allés préparer à Kinshasa (RDC) pour l’attribution des marchés de transport des kits, de développement des logiciels et de réinitialisation des kits au mépris de toute règle de transparence.

L’UFC tient à rappeler que, conformément à l’Accord Politique Global, c’est la CENI - et non le gouvernement - qui est chargée d’organiser et de superviser les élections. La décision d’achat ou d’emprunt relève donc de la seule compétence de la CENI.

L’UFC constate avec inquiétude que se confirment ses craintes concernant le statut du président de la CENI qui, en tant que représentant du gouvernement sans voix délibérative, se soumet aux ordres de Gilbert BAWARA et du ministre de l’Administration Territoriale. L’UFC demande à tous les membres de la CENI de se ressaisir et de prendre leurs responsabilités afin d’accomplir leur mission en toute indépendance, dans la rigueur et la transparence, conformément au serment qu’ils ont prêté.

L’UFC dénonce les intrusions du gouvernement dans les activités de la CENI et appelle l’ensemble de la classe politique et des forces de changement à davantage de vigilance pour empêcher le pouvoir RPT de conduire à la dérive comme par le passé, le processus électoral actuellement en cours.

L’UFC en appelle au Facilitateur et au Comité de Suivi pour qu’ils veillent à ce que le gouvernement respecte scrupuleusement l’autonomie et l’indépendance de la CENI et mette à sa disposition, les moyens institutionnels, financiers, matériels, techniques, etc., nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

Fait à Lomé, le 06 Mars 2007
Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général

Jean-Pierre FABRE

 

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