Journée international du souvenir

Gorée accueille la statue de l’abolition de l’esclavage

par Le Soleil (Sénégal) , le 25 août 2003, publié sur ufctogo.com

Samedi matin, Gorée l’île mémoire a accueilli une foule d’invités et de visiteurs sous une fine pluie et un temps d’hivernage maussade. Ce qui n’a nullement empêché le Maire Augustin Senghor et ses hôtes de dérouler tout le programme soutenu par l’Unesco/Breda pour commémorer la " Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition ".

 

Après le démarrage à la maison des esclaves, de la cérémonie de la journée internationale du Souvenir, un panel s’est tenu à l’école Mariama Bâ, après une étape riche en émotions pour dévoiler une statue symbolisant " la libération de l’esclavage ", qui a été offerte par des cousins de la diaspora gadeloupéenne.

Ce fut d’abord en face de l’escalier en fer à cheval d’où les esclaves partaient par cargaisons entières, que le conservateur Joseph Ndiaye a retracé les affres de cet ignoble trafic qui a laissé l’Afrique exsangue.

Ce rappel nécessaire a été ponctué par un chant de la Chorale Saint Charles de Boromé suivi d’un air de jazz du saxophoniste Goréen Christian D’Erneville. On passait ensuite au dévoilement de la statue représentant un homme et une femme libérés de leurs chaînes. En présence de cousins gadeloupéens venus d’aussi loin pour l’occasion. L’émotion était à son paroxysme parmi les natifs de l’île et leurs invités, alors que les discours ramenaient l’assistance au réalisme. Le Maire Augustin Senghor n’a pas manqué de souligner le triple objectif de cette commémoration : " rappeller au monde l’odieuse traite des Noirs, la lutte héroïque des esclaves ( ), impliquer davantage l’opinion aux enjeux de cette commémoration ( ) et favoriser la sauvegarde de l’île de Gorée ( ) " Il a conclu en exhortant à la promotion des valeurs de tolérance, du respecct pour la dignité humaine et du dialogue interculturel .

"Nous ne pouvons pas continuer dans la contemplation de ce passé. Il faut certainement le dépasser, mais ne pas l’oublier ", a dit ensuite Amady Bocoum. Le Directeur du patrimoine, représentant le ministre de la Culture, a appelé à la prise en charge du souvenir qui devra à son avis être inscrit dans l’éducation de la jeune génération. Tout en suggérant que cela soit partie intégrante du combat pour la promotion de la diversité culturelle, Amady Bocoum est convaincu qu’il faudrait, dans le cadre de l’aménagement culturel du Sénégal, mettre en place un format national qui intègre une grande manifestation centrée sur Gorée. En marge du panel dont il a été le modérateur, le Directeur du patrimoine a d’ailleurs avancé d’importantes idées quant à l’amélioration et au renforcement des activités des différents musées qu’abrite l’île mémoire. Auparavant, au nom du Breda, Madame Nilda Angranil avait avancé l’idée de " faire de Gorée le point central de la commémoration de 2004 " que l’Unesco a proclamée " Année internationale de commémoration de la lutte contre l’esclavage et de son abolition ".

Quant au Conservateur de la maison des esclaves, le Doyen Joseph Ndiaye, il a estimé que " Gorée a été pendant 3 siècles, le centre de transit le plus important en Afrique de l’Ouest où l’on comptait également le Fort d’Elmina au Ghana et Ouida au Bénin ". Très ému devant la statue d’une tonne qui se détache dorénavant face à l’océan, il n’a pas caché sa satisfaction. " Je sens que pendant 30 ans, avec la confiance de mon pays et de l’Afrique, je n’ai pas travaillé en vain. Je crois que je suis parvenu à convaincre le monde entier que la traite des Noirs fut l’un des plus grands génocides que l’humanité ait jamais connus ", a dit le conservateur à quelques mètres de la Maison des esclaves et du Musée de la Femme Henriette Bathily. " Mais ma mission continue. J’en ai fait un sacerdoce ", a-t-il lâché en retournant à ses murs décrépis. La journée s’est poursuivie avec un panel animé par les professeurs Ibrahima Thiaw et Boubacar Barry. Le premier qui est chercheur à l’Ifan est revenu sur des pans entiers de l’histoire de Gorée, qui feraient l’objet selon lui " d’un oubli volontaire ". Quant au second qui est membre de la communauté universitaire de l’Ucad, il préconise que l’Afrique et ses fils de la diaspora se " ré approprient " la séparation pour en faire une richesse. L’après-midi a été consacrée à des activités culturelles diversifiées et hautes en couleurs.

Par Fara Sambe

 

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