Déclaration

Gilchrist Olympio : "Quelle armée pour le Togo ?"

par UFC , le 19 juillet 2002, publié sur ufctogo.com

 

Déclaration de Gilchrist OLYMPIO, Président de l’UFC

Quelle armée pour le Togo ?

Il nous a été souvent demandé ce que nous comptions faire de l’armée si les forces démocratiques parviennent au pouvoir. Cette question est en effet cruciale car le Togo notre pays avec 4 millions d’habitants possède une armée de 14 mille hommes comparée aux armées des pays voisins plus vastes et plus peuplés.

Cette pléthore, c’est le caractère ethnique des forces armées togolaises qui interpelle nos compatriotes et tous les observateurs avertis. La tache principale de l’armée est la protection des citoyens les forces armées togolaises n’ont jamais joué ce rôle. Pourtant l’article 49 de la constitution précise les forces de sécurité et de polices sous l’autorité du gouvernement ont pour mission de protéger le libre exercice des droits et des libertés et de garantir la sécurité des citoyens et des biens. La triste réalité c’est que l’armée togolaise a été utilisée pour assurer le maintien du président Gnassingbé Eyadema au pouvoir et la pérennité de son système répressif.

Les rapports que l’armée a entretenus avec nos populations ces douze dernières années n’ont pas été de nature à favoriser les liens entre la nation et les FAT. Cela découle des bases mêmes de la constitution de cette armée. S’il est indéniable que notre pays a besoin des hommes formés et équipés pour la défense de son intégrité et du territoire, il va sans dire que cette noble tâche devrait être soutenue par une conviction réelle : l’amour de la patrie. Il s’agit d’une ambition. Plus qu’un citoyen ordinaire, le militaire se donne entièrement à son pays ; il s’engage au péril de sa vie. C’est ce qui explique la rigueur et le courage dont il doit faire preuve dans toutes ses actions.

Chez nous au Togo, l’armée tout comme les autres composantes de la nation a été victime du mauvais agencement des affaires du pays, des amalgames et des improvisations qui ont fait et qui continuent de faire qu’un seul individu se croit dépositaire et titulaire de tous les droits. Le cas de l’armée a été encore plus grave. Pace qu’il est soldat, le chef de l’Etat a fait une armée à son image, selon ses besoins personnels. J’ai eu la chance, ces dernières années, de discuter avec plusieurs militaires et gendarmes du Togo. Ce sont des hommes courageux et dignes de respect. Ils sont tous soucieux de redorer l’image de FAT qui doivent devenir une armée réellement nationale et républicaine. Nous avons le devoir de leur donner cette chance.

La question de la pléthore de l’armée.

Il est hors de question de vouloir résoudre le problème de l’effectif de l’armée en la coupant de moitié. Notre pays a opté pour une armée de métier. Nous devons assumer ce choix. A mon avis, la réorganisation de l’armée doit intervenir dans le cadre d’un plan de développement global du Togo. En ce sens, plusieurs jeunes gens aujourd’hui engagés sous les drapeaux pourront se reconvertir dans des métiers manuels et techniques en suivant des formations appropriées. L’Etat et le gouvernement devront y veiller.

Par ailleurs en fixant à 45 ou 50 ans l’âge de la re traite dans l’armée, nous permettrons à de nombreux militaires qui le désirent de se réorienter dans des activités de développement. Vous comprenez que, pendant quelques années, en suspendant les nouveaux recrutements nous réduiront l’effectif des casernes tout en rendant nos frères d’armes plus utiles au développement du pays.

Promouvoir le génie militaire.

L’un des plus grands péchés du régime du RPT, c’est d’avoir consigné des années durant des milliers d’hommes valides dans des camps, tout en professant une politique vaseuse de paix et de progrès. Nous devrons mieux faire. L’armée sera aux côtés du peuple pour son développement économique et socio-culturel. Le secteur agricole sera déterminant dans la mise en œuvre de notre politique de développement. Il est prometteur non seulement pour la production des cultures vivrières indispensables pour l’alimentation de nos populations mais également pour assurer l’augmentation des capacités d’exportation. Le café, le cacao et le coton notamment sont à considérer à cet titre. A peine 12% des terres cultivables sont aujourd’hui exploités au Togo. Il revient aux corps constitués, grâce aux moyens conséquents que le gouvernement mettra à leur disposition d’exploiter au mieux ces potentialités dans l’intérêt de notre pays.

Aujourd’hui notre pays a de lourds déficits en matière de routes, de pistes rurales, d’équipements sociaux tels que les écoles et les dispensaires. Le génie militaire devra être utile dans ce domaine.
Par rapport à ces interventions socio-économiques des forces armées, je voudrais apporter une précision. Ce n’est pas parce qu’une armée intervient dans le secteur du développement qu’elle peut ou doit négliger sa mission primordiale, celle de la protection des citoyens. Tout est question d’organisation et de priorité. Dans le contexte de la construction africains, il appartient à chaque Etat de se déterminer en tenant compte de ses potentialités.

L’armée et le changement
Aucun militaire, aucun gendarme, aucun policier ne doit croire ou penser que la démocratie se fait contre lui. Dans l’état où se trouve notre pays, nous ne pouvons nous en sortir qu’en donnant la chance à chaque compatriote de s’exprimer librement, de jouir des avantages qu’offre un Etat de droit. Et parce que la démocratie n’est pas contre l’armée, celle-i doit contribuer à son avènement. Notre peuple a trop souffert. Il souffre encore. Cette situation n’épargne aucune famille, aucune ethnie. Ce qui est indéniable, c’est que le changement améliorera les conditions de tous les Togolais.

Ceux qui sèment la division et la discorde entre nos compatriotes, ceux qui opposent l’armée au reste du peuple le font parce " qu’ils n’ont aucune légitimité. Ils n’ont pas le soutien du peuple. Dans la vie comme à la guerre, c’est à l’issue d’une épreuve qu’on connaît le plus fort. En démocratie, ce sont les élections transparentes qui départager les protagonistes. Ces exclusions ne doivent exclure personne. Depuis toujours, nous sommes disposés à ce genre de consultation ; ce qui est le contraire de nos adversaires.

Je voudrait compter sur la compréhension de l’ensemble de notre peuple et particulièrement celle des hommes en arme, devant la situation que traverse notre pays. "Le moment est grave", ont écrit nos Evêques. Il nous appartient tous de sortir la Nation du gouffre : militaire comme civil.

Gilchrist Olympio,
Président de l’Union des Forces de Changement

 

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