Editorial

Gesticulations !

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 14 octobre 2002, publié sur ufctogo.com

 

L’histoire, dit-on, se répète deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois, comme farce. La mascarade électorale qui se prépare actuellement au Togo confirme malheureusement cette affirmation.

En effet, la future assemblée ne sera guère nationale, puisque la plus grande partie du peuple togolais ne s’associera pas à ce nouveau diktat de Gnassingbé EYADEMA. De plus, elle ne sera point légitime, et le régime EYADEMA doit s’attendre à une nouvelle réprobation de la communauté internationale. Car, le 25 mars 1999, l’Union européenne estimait à propos des élections législatives de mars 1999, " qu’il ressort de la non-participation de tous les partis d’opposition au processus électoral et du taux de participation au vote que l’Assemblée nationale issue de telles élections ne pourra pas refléter correctement la volonté politique du peuple togolais." Cette déclaration intervenait dans un contexte de crise politique marquée par la violence, la terreur, la fraude, la manipulation et un hold-up électoral(élections présidentielles de juin 1998).

L’une des solutions à cette crise était l’organisation de nouvelles élections législatives, véritablement libres, transparentes et démocratiques, ainsi que le respect par Gnassingbé EYADEMA de l’article 59 de la Constitution, qui n’autorise que deux mandats. Cette solution constituait pour nous, à l’UFC, un pis-aller ! Cependant, nous avons signé cet accord, dans l’espoir que la souveraineté de notre peuple serait rétablie, dès lors que l’organisation du futur scrutin législatif n’était pas laissée à la seule discrétion du RPT et de son chef, mais gérée par un organisme indépendant, disposant de réelles prérogatives.

Du reste, nos partenaires européens, garants des engagements pris par toutes les parties au dialogue, ont invariablement et publiquement affirmé que seule la tenue d’élections libres, transparentes et contradictoires, auxquelles donc participe l’ensemble de la classe politique togolaise, permettra une reprise des relations normales et complètes avec le Togo. Ce fut le message très explicite et sans fioritures que Romano PRODI, Président de la Commission européenne transmit au dictateur togolais au cours de leur entretien que lui-même jugea " difficile ".

Nous sommes donc fondés à boycotter les élections du 27 octobre 2002, véritable mascarade, puisque le cadre juridique qui devait les encadrer a été modifié unilatéralement par Gnassingbé EYADEMA, que les conditions de son organisation ont été fixées par lui seul , et que les garanties de transparence telles que prévues par l’Accord-cadre de Lomé n’existent plus.

C’est avec raison que nous refusons de nous associer à cette farce. Les raisons sont multiples : listes électorales manipulées, inaccessibilité aux médias d’Etat, mobilisation de l’administration, notamment des préfets et des forces de l’ordre en faveur du pouvoir, impossibilité de tenir meetings et réunions publics, impossibilité d’accéder aux autres partis du territoire, hold-up électoral de juin 1998.

Toutes tentatives pour organiser un scrutin tronqué ne trompent personne : ce ne sont que vaines et dispendieuses gesticulations. Voilà pourquoi, nous appelons, avec l’ensemble des autres partis de l’opposition, la population à ne pas retirer les cartes d’électeurs et à boycotter les élections législatives du 27 octobre 2002.

La rédaction ufctogo.com

 

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