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Eyadéma, dictateur à vie, Chirac complice !

par Survie (France) , le 10 juin 2003, publié sur ufctogo.com

 

COMMUNIQUÉ - Paris, le 10 juin 2003

Togo : Touche pas à mon despote ! (suite)

Eyadéma, dictateur à vie, Chirac complice !


Ayant conquis le Togo par l’assassinat du président élu, Sylvanus Olympio, et la faveur de Jacques Foccart, l’homme des basses œuvres du gaullisme, Étienne Gnassingbé Eyadéma vient d’étrenner une forme de présidence à vie - par l’éviction de l’élu des Togolais, Gilchrist Olympio, fils de Sylvanus, et la faveur de Jacques Chirac, “ fils spirituel ” de Foccart. Quatre décennies ont passé entre les deux épisodes. Quatre décennies de déchéance politique et économique pour le Togo, surnommé autrefois “ la Suisse de l’Afrique ”.

Au terme d’une énième élection truquée, marquée par le trafic des listes et des cartes d’électeurs, par le bourrage et la confiscation des urnes, le dictateur ubuesque est “réélu” pour un nouveau mandat. Le président Chirac, qui lui a ménagé un chœur d’observateurs complices, a chaleureusement félicité son confrère et ami. Il a salué “ la volonté que vous avez exprimée de tendre la main à toutes les forces politiques de votre pays ” - c’est-à-dire de convier les inévitables adeptes de la “ politique du ventre ” à partager les miettes du pillage national. Une technique éculée. Jacques Chirac a aussi exprimé son “ espoir de voir le Togo renforcer ses échanges avec la communauté internationale et renouer une relation de confiance avec l’Union européenne ”. Ce sera un peu plus difficile, car l’Union n’a même pas daigné envoyer des observateurs à cette parodie d’élection.

On nous annonçait du changement dans la politique franco-africaine : là, elle recule de 40 ans, aux sources de la néocolonisation. Il ne faudra pas s’étonner si, après la Côte d’Ivoire, le Togo s’engage dans un processus d’implosion.

Parmi les observateurs courtisans pilotés par l’Élysée, le cas de Fodé Sylla, président international de SOS-Racisme, ne s’arrange pas. Certes, il dément l’extrait de lettre publié par Le Monde, où le Monsieur Afrique de l’Élysée, Michel de Bonnecorse, le “ remercie ” d’avoir accepté cette observation-caution opportune. Mais si son honneur est atteint, Fodé Sylla peut porter plainte en diffamation : cela obligerait le quotidien à produire la missive. Il avait une autre façon de sauver l’honneur : dénoncer le truquage et la fraude. Au lieu de quoi, il s’est rendu à Brazzaville chez un autre dinosaure chiracophile, le dictateur congolais Denis Sassou Nguesso. Selon Le Monde (07/06/03), Fodé Sylla y aurait assuré que le Togo s’était engagé vers la démocratie - soutenu en cela par un autre parlementaire européen, Michel-Ange Scarbonchi. Les deux hommes appartiennent au groupe de la Gauche unitaire européenne (communistes et apparentés), qui a financé le voyage de Fodé Sylla !

Ce dernier a aussi mis en doute la crédibilité de Yannick Bigah, président de l’Action des chrétiens contre la torture (ACAT-Togo), qui a eu le courage de rédiger un rapport sur les exactions des forces de sécurité. Selon Le Monde, le député européen s’est demandé si Bigah n’était pas un imposteur, “ à la recherche d’un visa ”... Fodé Sylla serait-il à la recherche d’une ambassade, voire du portefeuille de la Coopération ? Quant au groupe GUE, c’est sa propre crédibilité qui est en cause. Du moins cet épisode a-t-il contribué à rompre la discrétion avec laquelle, une fois de plus, est étouffé le peuple togolais.

PS (si l’on ose écrire) :

Pour Djibouti également, la discrétion est de mise. La base militaire va bien, mais pas les Djiboutiens. Ils manquent de tout, notamment de la liberté de protester. Leur “Président”, le policier Ismaïl Omar Guelleh (IOG), y veille. Daher Ahmed Farah (DAF), un journaliste et militant politique d’opposition, a été envoyé dans la sinistre prison de Gabode pour avoir dénoncé quelques fauteurs de corruption et de gabegie. Jugé le 28 mai, il a vu sa condamnation assortie du sursis grâce à l’assistance d’un avocat français (d’Avocats sans Frontières). Le juge d’ins­truction a fini par le libérer. Puis le procureur l’a réembastillé à Gabode, préventivement, pour une autre “offense” aux autorités djiboutiennes. Paris ne trouve rien à en dire. L’Élysée s’emploie au contraire à protéger IOG des remontrances qui pourraient être lancées à son encontre, notamment dans les instances internationales. Sans doute en raison de l’intérêt stratégique de Djibouti - que lorgnent aussi les Etats-Unis, autre fan de ce minuscule pays. Si DAF s’en sort (Inch Allah !), il le racontera.

Survie “Donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants”
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