Dynastie

Eyadéma : de père en fils ?

par Le Quotidien Mutations (Cameroun) , le 15 mars 2004, publié sur ufctogo.com

Depuis 2002, le président est rééligible autant de fois qu’il le souhaite. Un pas en avant, deux pas en arrière. Un rythme de danse que la République du Togo semble avoir définitivement adopté dans le domaine de la démocratie.

 

La modification constitutionnelle de décembre 2002, dernier ingrédient en date dans cette musique, a fait beaucoup de bruits au sein de la communauté internationale, mais n’a pas semblé émouvoir outre mesure l’homme qui, avec 36 années passées au pouvoir, est actuellement le chef d’Etat le plus ancien du continent africain. Lorsque le parlement togolais, constitué en majorité de membres du Rassemblement du peuple togolais (Rpt), le parti au pouvoir, a voté la révision de l’article 59 de la constitution, il devenait désormais évident que le règne de Etienne Gnassingbé Eyadéma avait encore de beaux jours devant lui. Une fois encore, on a pu se dire que le ridicule ne tue pas, encore moins lorsqu’il s’agit de se maintenir au pouvoir. La possibilité pour Eyadéma de briguer un nouveau mandat revenait ainsi, après qu’il ait quelque temps auparavant exprimé sa volonté de se retirer.

Le 23 juillet 1999, le président Eyadéma s’engageait en effet à quitter le pouvoir en 2003 à la fin de son mandat et à organiser des législatives anticipées en mars 2000. Des promesses, qui finalement n’ont pas été autre chose que des déclarations de politicien. Le fameux article 59, interdisait au président de solliciter plus de deux mandats. Eyadéma, qui en vertu de cet article était inéligible pourra désormais se représenter et conforter son record de 36 années de pouvoir. L’article 59 nouveau stipule : "Le président de la République est élu au suffrage universel direct et secret pour un mandat de cinq (05) ans. Il est rééligible. Le Président de la République reste en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de son successeur élu."

A la tête d’une armée qui l’a toujours soutenu, le lieutenant colonel Gnassingbé Eyadéma a pris le pouvoir le 13 janvier 1967, quatre ans après le coup d’Etat qui a coûté la vie au président Sylvanus Olympio.

Ce n’est que le 27 septembre 1992 qu’il accepte la rédaction d’une constitution par une assemblée non inféodée, puis son acceptation après référendum. Mais les élections qui depuis l’ont porté au pouvoir ont toujours été contestées. A tel point que le déroulement du scrutin présidentiel du 21 juin 1998 a conduit l’Union européenne à suspendre son aide au Togo. Celle-ci étant conditionnée à une reprise du dialogue avec l’opposition. Cependant, des rumeurs fréquentes font état de la santé déclinante du chef de l’Etat togolais, mais lui n’en a cure, à moins qu’il ne songe simplement à instituer une dynastie dans son pays, en passant le temoin à l’un de ses nombreux fils. Car la nouvelle constitution comporte un autre article polémique et diversement interprété par les acteurs de la scène politique togolaise. D’après la constitution de 1992, l’âge minimal pour briguer la présidence de la République, qui était de 45 ans, a été ramené à 35 ans. Faure Eyadéma, le fils que les Togolais soupçonnent de vouloir succéder au père, est âgé de 36 ans.

Jules Romuald Nkonlak

 

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