Interview

Elliott Ohin : "S’il y a une analogie entre l’ANC et l’UFC, c’est celle de la promotion de l’unité nationale"

par Togoforum , le 26 mars 2006, publié sur ufctogo.com

Causerie avec Monsieur Elliot Ohin, Représentant de l’Union des Forces de Changement (UFC) en Amérique du Nord.

 

Monsieur Ohin, Bonjour ! Il y a quelques jours, la presse internationale relayée par la presse privée togolaise avait annoncé l’imminence d’une rencontre entre Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio à Rome sous l’égide de la Communauté Sant’Egidio. Et depuis lors, plus rien et les Togolais sont dans l’expectative. Dites-nous ce qui bloque cette rencontre entre les deux fils des deux anciens présidents. S’agit-il, comme disent certains, d’un effet d’annonce destiné à faire la publicité à Gilchrist Olympio qu’on n’a plus entendu depuis quelque temps ?

Bonjour Monsieur Takeli. Il aurait peut être fallu poser la question à la communauté Sant’Egidio qui est plus habilitée à y répondre comme tenu de son rôle dans ces rencontres. Les deux dernières rencontres sont restées lettre morte. A l’UFC tout en restant ouvert à toutes les initiatives pouvant sortir notre pays de l’ornière, nous nous sommes interrogés sur le fait que le RPT n’a montré aucun signe tangible de rupture avec la dictature du passé, et nous pensons que les préparatifs de ces rencontres doivent être mieux peaufinés.
Personne ne choisit son père et en démocratie le peuple ne se détermine pas selon qu’on est le fils d’un ancien président ou pas. Il se détermine uniquement en tenant compte des valeurs intrinsèques des dirigeants et de leur capacité à prendre en charge honnêtement et efficacement les affaires du pays. Que Faure Gnassingbé ait des ambitions présidentielles, c’est son droit le plus absolu en tant que togolais mais alors il doit se soumettre au verdict populaire d’une façon loyale. Nous admettons que nous ne pouvons rien contre l’inégalité héréditaire qui n’est ni juste ni injuste mais, le plus important est que chacun occupe la place qu’il mérite selon les règles de notre société. C’est aussi ça la démocratie.
Monsieur Gilchrist Olympio n’a besoin d’aucune publicité.

Cette rencontre devrait être la 3e entre le RPT et l’UFC à l’extérieur au grand dam des autres partis politiques qui ruminent une exclusion. Pourquoi ces rencontres en solo ? Le dialogue inter togolais se limite-t-il aux rencontres entre Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé en terre étrangère ? Est-ce à dire que les autres n’ont pas leur mot à dire ? Bien plus, pourquoi cette préférence de l’extérieur plutôt qu’au Togo ?

Qui exclut qui ? Et où se trouve l’exclusion ? Vous avez à mon sens une vue très étriquée d’une lutte de libération. Ce n’est pas un travail à la chaîne une lutte de libération, un maillon de la chaîne manque et toute la chaîne s’arrête et la production finale en pâtisse. Je veux dire par la que nous n’avons pas besoin d’avoir au même moment, au même endroit tous ceux qui luttent pour la même cause. Ceci, si et seulement si la finalité que nous voulons atteindre est partagée par tous. Pour nous à l’UFC, notre finalité est la libération de notre peuple par la voie des urnes. Et, si tous les partis qui ruminent une exclusion comme vous dites ont la même finalité que nous alors, qu’ils se rassurent. En ce qui concerne le choix des lieux des rencontres, ce n’est pas l’UFC qui en décide.

Au fait, Monsieur Ohin, M. Olympio peut-il régler la crise togolaise en recourant à des tête-à-tête en solo avec le RPT, plutôt que de s’appuyer sur « sa vraie force », c’est-à-dire le peuple, qu’il a d’ailleurs démobilisé avec sa rencontre d’Abuja avec Faure Gnassingbé, en pleine élection présidentielle ?

Monsieur Takeli et son site Internet représentent-ils maintenant le peuple ? Sur quoi vous vous basez pour affirmer ce que vous venez de dire ? Nous devons arrêter des supputations et des allégations peut être oniriques pour certains et revenir à des réalités qui sont beaucoup plus alarmantes pour notre peuple. La résolution de la crise togolaise est très simple. Que les usurpateurs actuels du pouvoir laissent notre peuple choisir librement ses dirigeants. C’est aussi simple que cela. Puisque vous liez la rencontre d’Abuja à votre ‘démobilisation du peuple’ parlons en d’Abuja. Monsieur Olympio en quittant Accra pour Abuja sur l’invitation du Président Obasanjo, n’était nullement au courant de la présence de Faure Gnassingbe dans la capitale politique nigériane. Il ne savait pas qu’il allait rencontrer Faure Gnassingbe, c’est seulement lorsqu’il a rencontré le Président nigérian que ce dernier lui a fait comprendre que Faure Gnassingbe se trouvait dans une autre salle. Et la suite n’est qu’un montage grotesque.

Ce n’est pas la première fois que M. Olympio préfère un face-à-face avec le patron du RPT. En 1998, il a demandé carrément à discuter seul avec Eyadéma en personne en dehors de tout cadre consensuel ou de tout autre parti politique. Comment à l’UFC vous expliquez ce comportement ou cette stratégie ?

Vous me donnez l’impression de faire une fixation sur les rencontres du Président National de l’UFC avec le RPT. Est il anormal qu’un responsable politique du rang du Président National de l’UFC rencontre le responsable du RPT ? Personnellement je vois dans cette requête de rencontre en tête-à-tête une hauteur d’esprit exceptionnel d’un homme d’Etat guidé uniquement par l’amour pour son peuple, d’un homme qui a su transcender le passé. Combien d’hommes peuvent demander à rencontrer en tête à tête l’assassin de leur père et celui qui a essayé de les tuer ? (Rappelez vous de Soudou). Cette hauteur d’esprit annihile d’ailleurs l’argument de certains selon lequel M. Olympio n’est politiquement engagé que pour venger son père. Son seul but est de libérer son peuple d’une dictature atroce et il le prouve dans ses actions de tous les jours et notre peuple en est conscient et lui démontre son attachement. Monsieur Olympio a reçu le mandat des membres du parti qui lui font confiance. A l’UFC, nous n’expliquons pas le comportement du Président, nous l’approuvons puisqu’il suit la ligne de notre parti.

Par ailleurs, cette rencontre intervient au lendemain de l’échec du dialogue inter togolais de Ouagadougou pour, avait-on dit, faute d’entente entre les protagonistes de la crise. Et l’UFC par la voix de son secrétaire général, M Jean-Pierre Fabre avait laissé entendre qu’elle n’a pas donné son accord pour que ce dialogue se tienne à Ouaga plutôt qu’à Lomé, parce que n’ayant pas été consultée. Pourtant, selon certaines sources bien informées, Blaise Compaoré, le président du Faso, sollicité pour abriter et présider ces pourparlers inter togolais, aurait pris attache avec Gilchrist Olympio qui n’aurait pas trouvé d’objection à aller à Ouaga. Cela voudrait-il dire qu’il y a problème ou divergence entre Gilchrist Olympio (loin du Togo et peut-être déconnecté des réalités) et les responsables locaux ou s’agit-il simplement d’un déficit de communication ?

De quelles sources bien informées, parlez-vous ? Sur ce sujet précis mon parti a sorti un communiqué bien explicite , referez vous à ce communiqué s’il vous plait. Il n’y a aucune divergence de vue dans le parti, nous sommes tous au même diapason sur ce qui concerne le type de changement que nous voulons pour notre pays.

C’est curieux quand même, Monsieur Ohin, le temps n’est-il pas venu pour Gilchrist Olympio de revenir s’installer définitivement au Togo ? Peut-on vraiment diriger son pays de l’extérieur ?

Comme dirait l’autre, ‘le premier devoir d’un révolutionnaire est de ne pas se faire tuer ‘ car, un mort n’a jamais lutté pour un changement dans son pays. Rassurez-vous Monsieur Olympio serait le premier à s’installer au Togo lorsque les conditions minimales de sécurité seront réunies. Mais pour le moment, même à l’extérieur du Togo, il est très utile pour notre peuple. Je prends comme une boutade de votre part la question de savoir si Monsieur Olympio peut diriger le Togo de l’extérieur. Mais par contre, j’ai envie de vous renvoyer la question sans pour autant renverser les rôles, puisque vous êtes vous-même un réfugié politique, Monsieur Takeli ?

Il y a plus de quinze ans que les Togolais dialoguent après l’échec de la conférence nationale souveraine sans jamais parvenir à trouver des solutions aux problèmes qui les divisent. Toutes les initiatives entreprises par les bonnes volontés pour tenter de rapprocher les positions des uns et des autres ont lamentablement échoué et les différents dialogues engagés se sont terminés en queue de poisson. Pourquoi alors perdre son temps aujourd’hui à s’engager dans un énième dialogue dont les résultats sont connus d’avance. N’est-il temps pour l’opposition de faire le bilan de ces échecs répétés et envisager d’autres stratégies plus payantes, par exemple entrer dans le jeu et négocier un partage du pouvoir avec le RPT, ce qui lui permettra peut-être d’arracher des modifications unilatérales introduites dans la constitution et le code électoral ?

Les résultats sont connus d’avance, c’est vous qui le dites. J’en sais rien mais, je sais par contre que les usurpateurs du pouvoir ne veulent pas lâcher prise. Nous devons les contraindre. Vous parlez de partager le pouvoir. Mais, sur quelle base et avec qui ? Des gens qui tuent nos compatriotes pour s’accaparer du pouvoir ? C’est avec ces gens la que nous devons partager le pouvoir ? La démocratie et l’autocratie ne peuvent jamais cohabiter ensemble. L’éclosion de la démocratie se fait sur les cendres de l’autocratie. Nous, à l’UFC, nous refusons d’accepter que l’opposition Togolaise n’ait le choix qu’entre une collaboration ‘alimentaire’ et la lutte armée. Raison pour laquelle nous privilégions ces rencontres en insistant sur le fait qu’elles doivent être franches et sans aucun sujet tabou pour une solution solide et durable pour notre pays.

Ne pensez-vous pas que parler aujourd’hui de dialogue (puisque vous en avez fait un credo) c’est donner une occasion en or au RPT pour se ressouder, lui qui a compris depuis l’échec de la conférence nationale que le dialogue, loin de servir ses intérêts, ne fait que les détruire ?

J’avoue ne pas comprendre le sens exact de votre question. Devons nous éviter le dialogue avec le RPT pour ne pas détruire ses intérêts ? Nous devons donc faire ce que le RPT veut que nous fassions et non ce qui va dans le sens des intérêts de notre peuple ? Si nous arrivons à ressouder notre peuple, nous serons plus forts que le RPT ressoudé.

Dans cette situation, l’UFC est indexée du doigt pour ses exigences jugées trop ambitieuses et impossibles. Que répondez-vous alors à ceux qui disent que par cette position intransigeante l’UFC ne veut pas de la résolution de la crise qui profiterait à certains de ses responsables ?

Qui sont ceux qui jugent ce que vous appelez exigences de l’UFC trop ambitieuses et impossibles ? Notre peuple ou vous ? La liberté est une exigence ambitieuse et impossible ? Monsieur Takeli ? Le peuple souverain jugera. Cela me semble aberrant et dépourvu de toute logique dans le contexte actuel de notre pays. Je ne vois pas en quoi la résolution de la crise profiterait à certains de mon parti. L’UFC est un et indivisible et nous luttons ensemble pour libérer notre patrie, libération qui profitera à tout le peuple y compris nos frères de l’armée.

L’un des préalables à votre participation à un quelconque dialogue, c’est la présence d’un médiateur pour veiller au respect des engagements qui seront pris. Ce préalable ne semble pas faire l’unanimité au sein de la classe politique et à juste titre si l’on se rappelle le rôle négatif joué par les facilitateurs dans les différents dialogues inter togolais. La CDPA estime que la présence d’un médiateur lors du prochain dialogue intertogolais est "accessoire’’. Pour le Prof Gnininvi, ‘’cette bataille de médiateur est une question mineure qui ne mérite pas de retarder les choses’’ tandis que pour le CAR de Me Yawovi Agboyibo, ‘’les togolais doivent d’abord essayer entre eux de s’entendre quitte à faire appel à un facilitateur si cela s’avérait impossible’’. Dites-nous pourquoi l’UFC en fait un préalable. Quelle assurance avez-vous aujourd’hui que le prochain médiateur ne sera pas comme ses prédécesseurs ? N’est-ce pas que le respect des engagements dépend de la sincère volonté de chaque acteur politique engagé dans le dialogue ?

Le choix basé sur la partialité d’un médiateur est primordial pour la bonne marche du dialogue. La présence d’une tierce personne neutre peut aider à aplanir certaines incompréhensions pouvant surgir de part et d’autre. En plus ce médiateur peut être le garant des accords éventuels qui sortiront de ce dialogue. L’inacceptation du médiateur est un signe avant coureur de la mauvaise foi chronique du RPT. Le niveau atteint par la crise politique togolaise après les massacres de populations pendant la dernière période électorale et l’importance de la crise de confiance qui existe entre les acteurs politiques, imposent la présence d’un médiateur crédible pour la conduite du dialogue. C’est dans ce sens que nous avons accepté la nomination par le Secrétaire Général de l’ONU, M. Lakhdar Brahimi comme médiateur. Le dialogue, pour être utile, doit aborder les vrais problèmes qui minent la vie politique togolaise. Il est incontestable que le problème fondamental du Togo est l’immixtion permanente de l’armée dans le débat politique. En conséquence, les discussions devraient prioritairement viser à régler ce problème. Il est vain d’organiser des élections législatives en laissant à l’armée la capacité de nuisance dont elle dispose aujourd’hui et qui enlève tout son sens à nos scrutins. Il est évident que ce point n’est pas posé comme préalable à notre participation au dialogue. Il est évoqué pour attirer l’attention sur la confection d’un ordre du jour sérieux, en rapport avec l’ampleur de la crise.

La réforme de l’armée. Un sujet qui préoccupe tant la classe politique togolaise que la communauté internationale impliquée dans la crise togolaise et l’UFC en a fait son cheval de bataille. A chaque occasion, l’UFC remet sur le tapis cette question. Mais pour nombre d’observateurs de la politique togolaise, cette question de la réforme de l’armée est une question très sensible et qui, comme tel, mérite d’être abordée avec délicatesse et tact. Et plusieurs voix autorisées vous en avaient avisé. Dites-nous ce que vous entendez sous le vocable ‘’réformer’’ l’armée ? N’est-ce pas qu’en voulant s’aventurer sur ce terrain que vous ne maîtrisez d’ailleurs pas les contours, vous mettez la charrue avant les bœufs et compromettez toute chance de résolution pacifique de la crise ? L’armée togolaise étant un pilier du régime RPT.

Qu’est ce que vous voulez insinuer ? De quelles voix autorisées parlez-vous ? Qui connaissent mieux le problème togolais que les togolais qui subissent depuis 40 ans une dictature appuyée sur une armée prétorienne. Est il normal qu’une armée qui doit être nationale, une émanation du peuple soit un pilier d’un parti politique ? Nous ne mettons nullement en cause l’institution militaire en tant que telle mais, leur propension à s’ingérer continuellement dans les affaires politiques. Dans combien de pays au monde l’armée fait allégeance au fils du président défunt en l’intronisant Président à la place du père ? Sommes-nous dans une République ou pas ? La reforme de l’armée que nous appelons de tous nos vœux passe obligatoirement par une concertation avec tous ses échelons hiérarchiques, dans le but d’en faire une force véritablement républicaine, de qualité et consciente de ses responsabilités citoyennes spécifiques en matière de sécurité extérieure du territoire national. Trois points succincts mais non exhaustifs de cette reforme :
- Equilibre national dans le système de recrutement de l’armée.
- Revalorisation de l’armée
- Meilleure formation.
Il est évident que c’est une reforme à long terme. Mais, nous pensons à l’UFC que le principe de cette reforme doit être accepté par tous.

Il n’est un secret pour personne aujourd’hui que les relations entre les partis de politiques de l’opposition traditionnelle (CAR CDPA UFC) se sont fortement détériorées au grand dam de la grande majorité de la population. Et cela s’est confirmé il n’y a pas longtemps avec cette guéguerre par médias interposés entre le CAR et l’UFC à propos de la rencontre de Rome. Dites-nous les causes de climat de méfiance qui règne entre les partis politiques. Dans ces conditions, comment comptez-vous aborder les pourparlers intertogolais ?

Sur ce point précis, je veux parler des rencontres de Rome, permettez-moi d’être un peu plus prolixe. A l’UFC nous nous battons pour l’instauration de la démocratie qui passe obligatoirement par des élections libres, transparentes et ouvertes à tous les partis. Nous ne rencontrons pas le RPT pour négocier une passation ou un transfert du pouvoir d’Etat du RPT à notre parti. Nous ne rencontrons pas le RPT pour négocier un poste de Premier ministre ou une participation à ce gouvernement de fait. Que cela soit clair une fois de bon pour tout le monde. Les rencontres de Rome ne sont pour nous que des préliminaires pour une résolution globale de la crise, résolution qui ne peut aboutir qu’avec l’implication de toutes les composantes de notre échiquier politique. Nous n’avons jamais fait un procès d’intention à qui que ce soit pour avoir rencontré un membre du RPT car pour nous, ces rencontres sont nécessaires pour une résolution pacifique de la crise que je répète doit passer obligatoirement par des élections libres. Et, ceci est le leitmotiv qui nous guide dans toutes nos démarches pour sortir notre pays de l’ornière.

L’un des reproches que l’on vous fait, c’est votre suffisance et votre arrogance. Vous n’hésitez même pas à demander que les autres partis s’alignent derrière vos desiderata en comparant votre parti à l’ANC derrière lequel les autres partis sud africains se sont alignés pour venir à bout de l’apartheid. Pensez-vous que l’UFC prise individuellement et fort de sa popularité peut seul venir à bout du RPT ?

Pour nous venir à bout du RPT comme vous dites passe par des élections démocratiques qui donnent la possibilité à notre peuple de choisir librement ses dirigeants. Vous savez tout parti politique a comme finalité la prise du pouvoir d’état, cette prise du pouvoir passe en démocratie par le choix du peuple du programme de société qui lui parait le plus approprié. Laissons et respectons donc le libre choix de notre peuple et la crise togolaise sera résolue. La réponse à la dernière partie de votre question se trouve dans votre question elle-même. Si la démocratie est l’expression populaire et si l’UFC est populaire comme vous l’affirmez alors l’UFC en tant que parti populaire peut gagner les élections démocratiques. Voila d’ailleurs pourquoi le RPT n’a jamais voulu organiser des élections démocratiques au Togo parce que le RPT n’est pas un parti populaire. S’il y a une analogie entre l’ANC et l’UFC, c’est celle de la promotion de l’unité nationale et de réconciliation fondée sur le besoin de compréhension et non pas de vengeance, le besoin de réparation et non pas de représailles. L’UFC reste ouvert à tous les partis qui veulent se joindre à nous pour la même cause sans aucune aliénation.

Un journal de la place vient de publier une information selon laquelle le leader de l’UFC aurait reçu par l’intermédiaire du président Obasanjo plus de deux milliards de francs CFA de la part du président Faure Gnassingbé. Pouvez-vous nous dire davantage sur cette affaire qui, dit-on, aurait failli faire éclater votre parti ?

Décidément, vous voyez partout l’éclatement de mon parti. Vous savez à l’UFC, les futilités ne nous s’intéressent pas et nous avons comme habitude de laisser les vils propos calomnieux et mensongers mourir de leur propre mort. ‘ Calomnier, calomnier, il en restera toujours quelque chose’. Ceci a toujours été la stratégie au RPT depuis 40 ans et ceci n’a jamais marché car notre peuple est responsable et sait faire la part des choses. Nous balayons d’un revers de main ces affabulations grotesques pour s’occuper de choses beaucoup plus sérieuses.

Un membre de la Commission Dossey-Anyron a contesté par voie de presse la paternité du père de l’indépendance attribuée à Sylvanus Olympio. Quelle est votre réaction faite à ce sujet et quel regard portez-vous sur les travaux de cette commission ?

Nous voulons instaurer une vraie démocratie dans notre pays et ceci inclus la liberté d’expression ce qui en clair veut dire que tout togolais a le droit de contester, encore faut il que ces contestations soient fondées et dépourvues de soubassements d’ordre mercantile.
Pour nous, l’idée de vérité historique récuse toute autorité officielle. On ne peut réécrire l’histoire du Togo par une quelconque commission, ceci à mon sens est une ineptie. Au peuple est assignée la tache incontournable d’évaluer l’action de ses dirigeants et de jeter son dévolu sur celui qui peut être le père de la nation. Le père de la nation ne peut en aucun cas être celui qui a privé le peuple de son bien le plus cher, sa liberté. Le peuple seul gardien du temple de nos mémoires rétablira la vérité

La crise perdure et les populations désemparées sont gagnées par la démobilisation et ne croient plus en leurs leaders. Quel message avez-vous à l’endroit de la vaillante population togolaise ?

A l’UFC, nous avons fait le choix intransigeant de la démocratie et rien ne peut contrarier ou affadir cette exigence. Nous devons défier dignement le fatalisme, la résignation, le désenchantement ou la désespérance. Continuons à réclamer avec insistance notre du, la liberté et agissons. Agir, Agir.

Je vous remercie pour m’avoir ouvert votre colonne.

 

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