Scolarisation

Education pour tous : l’Afrique subsaharienne encore loin du compte

par Le Soleil (Sénégal) , le 18 février 2004, publié sur ufctogo.com

Il y a encore du chemin à faire par rapport aux objectifs de l’Education pour tous (EPT) en Afrique, notamment subsaharienne, si l’on se fie à l’analyse comparative que le BREDA vient de présenter sur la situation de l’éducation en zones CEDEAO, CEMAC et PALOPs.

 

Le document note que « la CEDEAO est caractérisée par un faible niveau d’accès à l’école primaire par rapport à la moyenne de l’Afrique ». Celle-ci est de 91%. En 2000-2001, seuls 87% des enfants en âge d’entrer à l’école primaire (entre 6 et 7 ans) y ont accèdé effectivement, dans l’espace économique ouest-africain, contre 80% pour la CEMAC. Mais beaucoup en deçà des performances des pays africains de langue portugaise qui en sont à 109%. On précise toutefois, que le taux d’accès ainsi supérieur à 100% indique que « des enfants d’autres cohortes, en avance ou plus vraisemblablement en retard, sont entrés en première année d’études cette année-là ».

Concernant, le taux brut de scolarisation (TBS) [1]) dont la moyenne en Afrique est de 93%, la CEDEAO est en dessous de la donne continentale, avec 86%. La CEMAC et les PALOPs ont, quant à eux, dépassé la barre significative de 100%, soit respectivement 101% et 108%. A cette réserve près que ces Tbs, plutôt flatteurs, proviennent « beaucoup plus du fait du niveau très élevé des redoublements qui (les) gonflent artificiellement, que d’une fréquentation scolaire importante », préviennent les experts de l’Unesco.

Le travail du BREDA est allé plus loin en donnant à savoir combien d’entre ceux qui entrent, à l’âge légal, avant ou après, atteignent 6 années de scolarisation et, pourquoi pas tous. Indice de l’avancée ou non vers la scolarisation universelle, le taux d’accès en 6e année d’études est jugé « très faible » aussi bien dans les espaces CEDEAO et CEMAC, mais « assez faible » dans la zone PALOP.

En moyenne, seuls 49% et 48% des enfants accèdent à la dernière année du primaire, respectivement dans les deux premières Communautés. Soit, « plus d’un enfant sur deux n’atteint pas la fin du cycle primaire, seule garante de chance d’alphabétisation durable », commente-t-on. Le niveau d’achèvement primaire pour les pays de langue officielle portugaise est, quant à lui, estimé à 52 %. Là, c’est un enfant sur deux de l’Union qui n’atteint pas la fin de cycle primaire. Le meilleur résultat, en l’espèce, est le fait du Cap-Vert, avec une porportion de survie de 94%.

Dans tous les trois cas, le retard observé dans l’achèvement du niveau primaire est, en partie et surtout, lié aux difficultés qu’éprouvent les systèmes éducatifs à retenir en leur sein les élèves qui y accèdent.

C’est ainsi qu’au regard des objectifs EPT liés à l’alphabétisation, la zone CEDEAO, avec seulement 46% d’adultes alphabétisés (15 ans et plus) en 2001, fait partie des sous-régions les moins alphabétisées. Là où la CEMAC est à 68% et les PALOP à 61%. L’indicateur de cette dernière communauté égale la moyenne continentale. On note, cependant, que des progrès de plus de 10 % ont été accomplis à compter de 1990.

De même, l’objectif de parité suivant le genre, dans l’enseignement primaire, est loin d’être atteint dans les trois sous-régions, avec 79 filles scolarisées pour 100 garçons dans la CEDEAO, 84% pour la zone CEMAC et 86% dans les PALOP. Ces différentes données générales cachent, cependant, des disparités criantes entre pays des zones concernées, analyse le document.

Le BREDA fait, par ailleurs, le point, d’une part, sur les ressources financières allouées au secteur éducatif et leur utilisation et d’autre part, les besoins futurs pour atteindre la scolarisation primaire universelle en 2015. Et l’analyse comparative macro vise à chercher en Afrique et ensemble, les réponses au problèmes de l’éducation africaine qui se posent en définitive au niveau micro-étatique.

D. M. et M. L. B - Le Soleil (Dakar)

 

© Copyright Le Soleil (Sénégal)

Notes

[1] *Ce taux est calculé sur la base du rapport entre le nombre d’élèves inscrits dans un niveau d’étude (primaire, secondaire) et la population scolarisable de ce niveau, pour une année scolaire donnée. A ne pas confondre avec le taux net de scolarisation (TNS) qui tient compte de l’âge légal de scolarisation dans un niveau d’étude donnée. Cet âge légal varie d’un pays à un autre, de 6 à 7 ans, voire 5 ans pour le primaire.

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