Congo-Brazzaville

"Disparus du beach" de Brazzaville : les accusés continuent de nier

par AFP , le 29 juillet 2005, publié sur ufctogo.com

Trois accusés, dont l’ex-directeur général de la sécurité publique congolaise, le général Jean-François Ndenguet, ont, comme leurs co-accusés la veille nié vendredi devant la Cour criminelle de Brazzaville toute implication dans la disparition en 1999 de réfugiés congolais au port fluvial de la capitale.

 

"Nous n’avons pas déployé d’éléments dans le site du port où arrivaient les réfugiés de Kinshasa, parce qu’au nom du cloisonnement opérationnel des services, c’est la direction générale de l’immigration et de l’émigration qui avait la charge de l’arrivée des réfugiés au port", a déclaré le général Ndenguet, dont l’interrogatoire a ouvert l’audience vendredi.

"Je ne me suis pas transporté au port", a précisé l’officier, troisième accusé à être interrogé depuis jeudi. "Je confirme que je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés", a-t-il ajouté.

A ses côtés comparaissent douze autres hauts gradés de la police et de l’armée congolaises et deux civils, tous jugés pour la disparition en 1999 au "beach", le débarcadère fluvial de la capitale congolaise, de réfugiés congolais de retour de République démocratique du Congo (RDC) voisine où ils avaient fui la guerre civile ayant repris l’année précédente au Congo.

Le général Ndenguet, actuel directeur général de la police nationale, a affirmé avoir "pris connaissance des faits en août 2000 après que le colonel à la retraite Marcel Touanga" l’eut saisi de la disparition au "beach" en mai 1999 de son fils, un gendarme.

"Aussitôt j’ai instruit la direction départementale des Renseignements généraux d’ouvrir une enquête judiciaire. C’est ce qui a été fait et le dossier a été transmis au Procureur de la république", a-t-il expliqué.

Le colonel Touanga est le premier proche de disparu à avoir déposé, en septembre 2000, une plainte contre X au Tribunal de grande instance de Brazzaville. Exilé en France, il a, selon ses proches, refusé de prendre part au procès en cours en raison de doutes sur l’indépendance de la justice congolaise.

Le général Ndenguet avait été mis en examen en France pour "crime contre l’humanité" puis brièvement incarcéré lors d’un passage en avril 2004, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en banlieue parisienne dans cette affaire, avant d’être libéré en pleine nuit au terme d’une procédure exceptionnelle en raison de son immunité diplomatique.

La totalité de la procédure française a été annulée en novembre suivant par la Cour d’appel de Paris et reste suspendue à un pourvoi en cours.

Deux autres accusés, interrogés ensuite, ont nié toute responsabilité dans ces disparitions.

"Je ne sais pas pourquoi je suis ici, je n’ai pas d’explication à donner. J’ai appris qu’il y avait des disparus un an plus tard dans la presse", a déclaré à la barre, visiblement très nerveux, le général Guy-Pierre Garcia, à l’époque chef des opérations militaires dans le département du Pool (sud) et à Brazzaville aujourd’hui chef des opérations à l’état-major général de l’armée.

Vital Bakana, sergent de police alors en poste au commissariat de Brazzaville et mis en cause par plusieurs parties civiles, a lui aussi déclaré tout ignorer de l’affaire, et n’avoir été qu’"une fois" au beach.

Selon certains proches de disparus, le sergent Bakana est un ex-membre des milices ninjas opposées au pouvoir, qui a fait défection et était chargé de désigner aux forces de sécurité les réfugiés présumés membres de ces milices à leur arrivée au beach.

Un des 15 accusés, le commandant Edouard Ndinga Oba, commissaire de police en 1999, était absent vendredi, en raison d’une intervention chirurgicale, a annoncé la télévision congolaise qui retransmet le procès en direct.

 

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