Ablodé

Discours de M. Gilchrist Olympio au 1er Conseil national de l’UFC

par UFC , le 25 août 1998, publié sur ufctogo.com

 

Excellences, Mmes et Mrs les Représentants de la communauté Internationale, Mmes et Mrs les Représentants des Partis politiques, Chers Invités, Mmes et Mrs les Délégués, Mesdames et Messieurs.

C’est un honneur et un plaisir pour moi que de m’adresser à vous à l’occasion de ce Premier Conseil national de l’UFC. Ce conseil devait se tenir depuis plus de deux ans afin d’examiner la situation politique dans le Pays au lendemain des élections législatives et de déterminer la position et l’action du Parti dans le nouveau contexte politique.

Toutefois, l’état d’insécurité qui règne dans le Pays ne nous a pas permis de l’organiser plus tôt. Je voudrais donc saisir cette occasion pour remercier les Responsables du Parti sur place de leur courage et de leur détermination à baver les difficultés.

Je remercie également les Représentants de la Communauté Internationale d’être constamment à l’écoute des problèmes de notre pays, ce qui explique leur présence à nos côtés aujourd’hui. Mes remerciements vont aussi aux représentants des autres Partis de l’opposition avec lesquels nous partageons les mêmes causes et sommes engagés dans la même lutte pour le changement dans notre Pays. J’aurais tant voulu être des votres pour participer aux travaux de ce Premier Conseil National. Les circonstances ne le permettent pas. Mais je vous promets de rentrer en temps utile au Pays pour conduire notre Parti à la victoire.

Mesdames et Messieurs, la tenue de ces Assises et les résultats qui en découleront devront contribuer à la consolidation de notre parti et à sa préparation pour les grands enjeux de notre vie politique nationale. Nous avons retenu les leçons de la période dite de transition qui, comme vous le savez, ont été particulièrement dures. Il faut maintenant dégager des objectifs clairs et mettre en œuvre les stratégies adéquates pour les atteindre.

Comme Parti de masse, l’UFC doit se donner les moyens de toucher toutes les couches sociales et professionnelles et d’intégrer leurs aspirations à la liberté, au bien-être et à la participation au développement. Il se doit de créer les conditions d’un changement véritable et de susciter l’espoir. Aujourd’hui, quatre millions de Togolaises et de Togolais sont pris en otage par un parti gouvernemental, le RPT fortement soutenu par une armée exclusivement au service du Chef de l’Etat. Notre Peuple continue de vivre dans un état d’insécurité et de répression où les droits de l’homme sont constamment violés par voie d’arrestations arbitraires, de tortures, d’emprisonnements sans jugement et d’assassinats. Le Gouvernement et le parti au pouvoir ont confisqué les masses-média, pourchassent la presse privée et multiplient les entraves à la liberté d’expression et de circulation des partis d’opposition et des Associations sur toute l’étendue du territoire national.

Le problème de nos compatriotes réfugiés au Bénin, au Ghana et ailleurs n’a pas été résolu comme on veut nous le faire croire. En effet, le gouvernement refuse d’appliquer la loi d’amnistie générale votée en Décembre 1994. Ainsi, des milliers de réfugiés croupissent encore dans des camps sans assistance et exposés à des mesures d’intimidation les empêchant d’exercer leur droit à un retour volontaire. Cet état de chose ainsi que l’incompétence et les carences du pouvoir en place plongent le Pays dans une situation économique et sociale catastrophique où les problèmes de chômage, de l’inneficience du système d’éducation, du déficit des soins médicaux et de l’habitat sont devenus extrêmement graves. Les fonctionnaires ne sont pas payés régulièrement et les pensions des retraités accusent plusieurs années de retard. Tout ceci accentue la pauvreté dans le Pays.

Après avoir frauduleusement gagné les élections présidentielles et conquis une majorité douteuse à l’Assemblée nationale, le régime de dictature que nous avons de nouveau s’est enfin décidé à mettre en place les autres institutions prévues par la Constitution. La récente installation de la Cour Constitutionnelle laisse présager de ce que seront les autres organes institutionnels, tant dans leur composition que dans leur fonctionnement. A l’UFC, nous avons toujours soutenu que ces institutions ne pouvaient fonctionner efficacement du moment qu’elles ont été mises en place, en violation de la Constitution, dans une atmosphère de suspicion entre les Partis politiques, et qu’elles procèdent d’un mauvais calcul de cohabitation avec la dictature.

Mesdames et Messieurs. Au vu de cette situation, l’UFC devra définir son action en tant que Parti visant à prendre des responsabilités dans la vie politique, économique et sociale de notre Pays. Les prochaines échéances électorales exigent que le Parti renforce sa présence dans toutes les circonscriptions électorales du Pays. A cet égard, il importe que le Bureau National consolide sa structure en se donnant une équipe de combat animée d’un esprit militant. Il devra recenser les ressources humaines du Parti et les positionner afin de les mettre en situation de succès aux élections. La coordination de toutes ces tâches devra s’effectuer avec le concours des Bureaux Fédéraux qui, pour ce faire, doivent être également renforcés. Dans cet esprit, la Commission administrative et des textes siégeant à ces Assises devra procéder au réaménagement de tous nos textes fondamentaux. La sécurité, le retour des réfugiés et la transparence sont pour l’UFC les conditions nécessaires et indispensables à sa participation aux prochaines élections.

Le conseil National devra, fort de l’expérience du passé, charger le Bureau National d’examiner avec les Partis frères de l’opposition et le concours de la Communauté Internationale les moyens d’assurer la réalisation de ces conditions que sont des revendications communes à toute l’opposition démocratique. Dans cette démarche l’UFC devra défendre les positions suivantes :
- Les organes chargés de l’organisation des élections devront être gérés de façon consensuelle afin d’avoir le maximum d’équité et de transparence. En particulier, l’UFC et les autres Partis de l’opposition démocratique doivent être représentés à la Commission électorale nationale indépendante.
- La liste électorale devra être révisée, de préférence avec l’assistance de la Communauté Internationale.
- La loi électorale devra également être révisée pour qu’elle soit compatible avec les dispositions constitutionnelles, Et ce, afin d’assurer que certains candidats ne soient rejetés par des subterfuges technico-judiciaires.
- Des observateurs internationaux devront être invités avec la mission précise de vérifier la loi électorale et son application, de participer à la préparation de scrutin, de suivre les élections et le dépouillement, et d’analyser les résultats. Nous devons obtenir que ces observateurs soient sur place au moins six mois avant les élections et qu’il soit mis fin à la présence des observateurs de complaisance comme ce fut le cas au cours des dernière consultation électorales.
- La cour Suprême, dans sa composition actuelle exclusivement RPT n’est pas représentative. Un autre organe géré de façon consensuelle devra être l’arbitre final des litiges. A moins que le régime en place n’accepte une recomposition de la Cour en tenant compte des forces politiques réelles dans le Pays.

Chers Délégués, Mesdames et messieurs, ce conseil National, je le répète, est crucial pour l’avenir de notre Parti.

Outre les tâches que je viens d’indiquer, il devra apprécier les valeurs qui fondent les objectifs du Parti et orientent son action pour le changement. Oui, notre ambition est de mobiliser les forces vives de notre pays pour impulser un changement de tout-politique, touchant à la fois les hommes et les institutions. Depuis ces trois dernières décennies le régime en place a mené une politique d’abrutissement et de déresponsabilisation des population. En effet, les options sont dictées et leurs exécutions sont imposées par des mesures de répression ou la corruption. Nous devons arracher nos compatriotes à cette situation que nous combattons de toutes nos forces à l’intérieur comme à l’extérieur. Nous devons donner à chaque citoyen la chance d’affirmer une identité qui lui est refusée. Car au seuil du vingt-et-unième siècle où tout le monde s’épanouit, nous demandons que notre peuple aussi participe à cette grande marche pour la liberté.

Nous devons faire renaître dans notre Peuple l’esprit de civisme et de solidarité que trente ans de dictature leur a enlevé. C’est ce même sens du devoir qui les a poussé à consentir des sacrifices énormes pour accéder à l’indépendance en 1960 et à supporter la répression et les assassinats au cours de la période de transition démocratique, bien que nos aspirations d’alors aient été perverties. Nous devons également prendre les dispositions pour les conditions de retour de la vraie démocratie ; celle qui fera de nous des citoyens à part entière ; celle qui nous reconnaîtra le droit à la participation sous toutes ses formes et nous permettre de mettre en œuvre les voies et moyens des innovations institutionnelles pour le développement.

Ici, je pense tout particulièrement à la politique de décentralisation. Il s’agit de définir les principes de l’organisation de la cité, des collectivités, et pour même dire, des communautés locales constitutives de la Nation. L’objectif général est de favoriser les efforts que chacune et chacun, quelle que soit son appartenance, peut accomplir pour participer au développement économique, social et culturel en fonction de ses propres besoins. C’est sur cette base que doit reposer notre politique de développement économique, principalement l’agriculture, l’agro-industrie et l’artisanat. Ce développement permettra le libre mouvement des hommes, des capitaux, des marchandises et des idées.

Dans ce contexte, des relations privilégiées avec nos voisins, le Bénin, le Burkina Faso et le Ghana constituent une priorité pour l’UFC. Enfin, pour l’UFC prendre des responsabilités dans la vie politique, économique et sociale de notre Pays, c’est organiser nos ressources tant physiques qu’humaines au profit de notre peuple car le bien-être de l’homme reste le point central de notre philosophie. C’est l’espoir que notre programme suscite.
Mais nos devons faire vite pour nous mettre en position de préserver ces valeurs démocratiques.

Mesdames et Messieurs, Changer les hommes et les institutions à partir des valeurs qui fondent notre Parti, nous le pouvons aujourd’hui car après toutes ces années de souffrances et d’errements, le Peuple Togolais est prêt à adhérer à nos propositions. La lutte paraît longue et difficile. Mais les causes justes finissent toujours par triompher lorsqu’elles sont rigoureusement défendues dans la persévérance et la confiance en soi.

Mettons donc le cap sur la victoire.

ABLODE

 

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