Droits de l’homme

Deux semaines pour faire la lumière sur les présumés actes de violation des droits de l’homme.

par IRIN (Agence d'information de l'ONU) , le 15 juin 2005, publié sur ufctogo.com

Six enquêteurs ont été dépêchés au Togo par Louise Arbour, le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, pour vérifier le bien-fondé d’allégations portant sur les meurtres, la torture, les enlèvements et les persécutions politiques qui auraient suivi le scrutin controversé d’avril.

 

Six enquêteurs ont été dépêchés au Togo par Louise Arbour, le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, pour vérifier le bien-fondé d’allégations portant sur les meurtres, la torture, les enlèvements et les persécutions politiques qui auraient suivi le scrutin controversé d’avril.

La délégation, qui compte entre autres un expert médico-légal, a ouvert lundi dernier une enquête de deux semaines. Elle prévoit de rencontrer des représentants du gouvernement, des partis politiques, des réfugiés, des victimes présumées ainsi que « toute personne désirant lui parler », a déclaré un des membres à IRIN.

Plus de 36 000 personnes, craignant pour leur vie, ont fui le Togo depuis les élections présidentielles du 24 avril. Sept semaines plus tard, plus de 50 Togolais fuient quotidiennement vers le Bénin voisin, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Les réfugiés prétendent que les personnes suspectées de soutenir l’opposition sont encore aujourd’hui enlevées et torturées, a déclaré le HCR.

Une source diplomatique a indiqué à IRIN que la délégation de l’ONU avait été envoyée, à la demande de l’Union africaine (UA) et de la communauté internationale, pour enquêter et faire la lumière sur les violences politiques présumées, qui auraient fait des douzaines voire des centaines de morts, ainsi que d’autres violations des droits de l’homme.

La situation politique est extrêmement tendue dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest à l’issue d’un scrutin que l’opposition considère comme frauduleux et qui avait confirmé la passation des pouvoirs présidentiels de Gnassingbe Eyadema, décédé après 38 ans au pouvoir, à son fils Faure Gnassingbe.

Dans un communiqué, la délégation de l’ONU déclare vouloir « reconstituer les événements qui ont conduit aux violations présumées des droits de l’homme » entre le 5 février, jour du décès de Eyadema, et le 5 mai, date à laquelle son fils lui a officiellement succédé.

Gnassingbe, 39 ans, ex-homme d’affaires formé aux Etats-Unis et ex-membre du Conseil des ministres, subit les pressions constantes des chefs d’Etat de la région, qui souhaitent que le Togo comble ses lacunes démocratiques. Le nouveau président a aussi demandé une enquête nationale sur les violences provoquées par le scrutin qui lui a permis d’accéder au pouvoir.

La commission d’enquête togolaise, qui doit remettre ses conclusions dans un délai de trois mois, est dirigée par Joseph Kokou Koffigoh, un ex-Premier ministre, avocat et défenseur des droits de l’homme. La commission doit déterminer les circonstances des violences, évaluer les pertes et poursuivre en justice les responsables.

Cette commission comprend dix membres, parmi lesquels les représentants de deux associations togolaises des droits de l’homme ; l’une évaluant le nombre de décès causés par les violences post-électorales à 58, et l’autre à 790.

La délégation de l’ONU devrait rencontrer les membres de la commission togolaise, a déclaré, de Genève, un porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

Les enquêteurs de l’ONU voyageront à travers le pays, ainsi qu’au Bénin et au Ghana voisins pour rencontrer des réfugiés. Ils s’entretiendront sous peu avec Edem Kodjo, le Premier ministre récemment nommé, un modéré qui avait assumé brièvement ces fonctions au milieu des années 90, sous Eyadema.

Une des premières tâches de Kodjo sera de superviser le Haut commissariat national aux réfugiés et à l’action humanitaire, une instance créée récemment et destinée à rapatrier les exilés.

Le gouvernement de Faure Gnassingbe a exhorté les réfugiés à revenir, promettant aux militants de l’opposition « d’être graciés et, à terme, dédommagés ».

Alors qu’un petit pays comme le Bénin se débat pour contenir le flot des réfugiés, la communauté internationale a fait la sourde oreille aux appels lancés pour aider les 21 640 togolais qui ont fuit dans les camps ou chez des proches.

Plus de quatre semaines après avoir demandé 5,95 millions de dollars américains, le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a déclaré mardi de ses bureaux de New York qu’« une fois encore, l’appel des Nations unies pour résoudre une crise africaine n’a pas suscité un intérêt substantiel de la part des bailleurs internationaux ».

 

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